‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 66 sur 161 · DU JASPE · texte numérisé non relu

DU JASPE

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no, et dans plusieurs antre» contrées de TEiirope. On en lelrouve en Sibérie; il y a même près d'Ai*g(ni une montagne entière de jaspe vert : enfin on a reconnn dt'S jaspes jns(pren Groenland. Quelques voyageurs nront dit quM y en a des montagnes entières dans la iiauie Egypte, à qneUpies lieues de diàtance de la rive orientale du Nil. Il %*en trouve dans plusieurs endroitN des Grandes-Indes, ainsi qu'à la Chine et dans d^autres provinces de l'Asie; on en a vu de même en assez gi-ande quantité et de plusieurs couleurs difTérentes dans les hautes moa- . tagnes de l'Amérique.

Plusieurs jaspes sont d*une seule couleur, ▼erle, rouge, jaune, grise, brune, noire, et même blanche, et d'autres sont mélangés de ces diverses couleurs ; on les nomme jaspes tachés , jaspes veinés , jaspes fleuris , elc. Les jaspes \erts et les rouges sont les plus communs; le pins rare est le jaspe sangniu, qui est d'un heaii vert foncé, avec de petites taches d'un rouge vif et semblables à des gouttes de sang, et c'est de tous les jaspes celui qui reçoit le plus beau poli. Le jaspe d'un beau rouge est aussi fort rare ; et il y

oriental ( il est Tert, avec de petites taches conlear de saii(; ;

2** Diaspro rosso ; on tire la majeure partie de ce jaspr d« lu Sicile et fte Rarga eu Toscane ; il y en a très-lieu qui soit aMtii|UP ;

3" Diuspro giullo ; il est lirnn-jaunAtre , avec de petites veines ondulées vertes et blunclies ;

4" D'oxpro Jiorito relicellato t il eft très beau ; le fond est blanc • transparent , agntisé , avec des taches brunes foncées , plus ou moins grandes . irrégutières , et des raies ou rubans de la même couleur : les taches sont entourées d'une ligne blanche opaque, couleur de lait, et quelquefois jaune. On Toit.daus la belle maison de campagne de Mou- Jragone et autre part , de très-belles tables composées de plusieurs petits morceaux réunis de cette eS|N-ce de pierre ; elle est autique et très-rare. Ou a aussi du diaspro fiar.to de Sicile, d'Espagne, et de Coustantinople , qui ressemble au diuxpro Jiorito reticellato. {^Lettres sur la minéralogie , par M. Ferber, jiriges 335 et 336.)

en a de secondé formation , puisqiiMii morceati dece j;is|)e n)iige, riié par M. Ferber, contenoit des impn>ssions de cmpiilles. Tous les jas|>es qtii ne sont fias purs et simples, et qui sont mélangés de matières étrangères, sont aussi de seconde formation, et Ton ne doit pas les confoudrc avec cetix qui ont été produits par le feu primitif, lesquels sont d'une sid)stance uniforme, et ne sont ordinairement que d'une seule couleur dans toute l'épaisseur de leur masse.

Le jade, que plusieurs naturalistes ont regardé comme un jaspe , me pnroît approcher beaucoup plus de la nature du quartz ' ; il est atissi dtir, il étincelle de même par le ehoc de l'acier; il résiste également aux acides, à la lime, et à l'action du feu; il a aussi un peu de transparence; il est doux au toucher, et ne prend jamais qu'tin pob gras ». Tons ces caractères conviennent mieux au quartz qu'au jaspe , d'autant |;lus que tous les jades des Grandes-Indes et de la Ghine sont blancs ou blanchâtres comme le quartz , et que de ces jades blancs au jade vert on trouve totites les nuances du blanc ati verdâire et au vert. On a donné à ce jade vert le nom de pierre des Amazones^ parce (pi'on le trouve en gi'ande quantité dans ce fleuve, qui descend des hatites montagnes du Pérou , et entraîne ces morceaux de jade avec les débris du quartz et des graiiiies qui forment la masse de ces montagnes primitives.

1. M. de Saussure dit avoir remarqué, dans cer« tains granités , que « le quartz y semble changer de nature, devenir plus deuse et plus compacte, et prendre, par gradation, les caractères du jade. » {F'ojage dans les Alpes, tome 1 , page io4.)

2. L'igiada des miKéralogistes italieus paroit étrç une espèce de jade: mais, si cela esf, M. Ferber a tort de regai-der Vigiada comme un produit de la pierre ollaire verte : il y auroit bien plus de raison de regarder la pierre oilaire comme une décomposition de la substance du îade en pâte argileuse.

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