‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 65 sur 161 · DU JASPE · texte numérisé non relu

DU JASPE

Le jaspe n'est qu'un quartz plus ou moins pénétré de parties miétalliques ; elles lu»

donnent les couleurs et ifendent sa cassure moins nette que celle du quartz; il est aussi plus opaque : mais comme, à fa coutetir près, le jaspe u'est composé que d'ime seule sui>staiiee, nous croyons qu'on peut le regarder cuniuie une sorte de quartz , danç lequel ïi n'est entré d'autres mélanges que des vapeurs métalliques; car du reste le jaspe,, comme le (piarlz, résiste à l'action du feu el à celle des acides ; il étincelle dé même avec l'acier; et s'il est un pou moins dur que le quartz, ou peut encore attribuer cette différence à la grande quantité de ces mêmes parties métalli(|ues dont il est imprégné. Le quartz, le jas|>e, le mica, le feïc|spath , el le schort , doivent être regardés comme les seuls verres primitifs; toutes \eé autres matières vitreuses en grandes masses, telles que les porphyres, les granités, et les grès, ne sont que des mélanges oti des débi'is de ces mêmes verres, qui ont pu, en se combinant deux à deux , rurmer dî^ matières différentes *, et» combinées trois à trois, out de même pu former encore di^ ^utrçs matières '.et enfin combinées quatre îf quatre , ou mêlées toutes cinq euseml)le, qui encore pu former çiiiq matières diffe^

rentes 5. ^

I. i® Qaartz.et iaspe ; a* qujirtz ^t iniùrS* qaartx et iFelè^pail^i 4< MAHfe.'^tsiiel^rli; :{l? njàSpé et mie« ^6" jaspe ttt fald-ipiuhSTT?: j«apQ'«| A*vi\ 8° mica et fetd-spatli; 9** mica et schorl; icr fèldsfMdh «t ackork -'w.'. ».: • - /-

a. i** Quart* , jasp* , et miw i l'î 9<l»^^ ,, ja^p<; , et Celd'Spath ; 3** i|afltfU. jaafiie, ot fich^r|)4^ quarts» mica » et feld-spath ; &** quttft»! mioi » et sckarl | &* quartz , r<>ld tfpath , et «eborl ; 7" ja»pe , mica , «f feld^ft^Nitli ; 8** jaspe, mica « H sclwrl.} 9** jaspe , feld-»nath . et achorl ;. 10^ miiià , r«)d-«patii , «t schorl. «

. -3.1* Qnarts, jupe, aàe^ ^ fiBld-apaili ; »• quvtsE,

Quoique tous les jaspes aient la cassure moins brillante que celle du quartz, ils le* çoi%eni néanmoins également le poli dans tous les sens : leur iiss^ trcs-serré a retenu les atomes méialliqiuts doni ils sont coloré?, et K>â métaux ne^ se trouvant en grande quantité qu'en quelques endi'oits du globe, }} n'est pas $urpt*euant qu'U y ait dans la Rature beaucoup moins dé jaspe» que de quartz ; car il falloit, poin* former les jaspes celte circonstance de' plus, c'est-à-dire im grand nombre d'exharlaisons métalliques, qui ne po4i voient être sublimées que dans les lieux: abondàns en mêlât. L'on peut donc présumer que c'est par celte rdson qu'il y a beaticbup moins de jiispes que de quartz, et qu'ils sont en masses moins étendues.

Mais de la même manière que nous avons distingué deiix états dans le quartz , l'un , h'ès' ancien, produrf par le feu primitif, et l'autre, plus nouveau, ôceasiotié par la itr liai ton des eâtix, de même nous distinguerons deux états dans îe jaspe : le premier, où, comme le quartz, il a été formé eu granées masses 4 dans le tenips de la vitrifica-

Jaspe, mica, et schorl ; 3** qnartz, jaspe, feld-spath, f^ schorl ; 4° jaspe , itiiica , fplil'Spath , et sclmrt ; fit** eiiKii quarU, jai^pe, mtca« feld-spath, oi schorl : pn tout viiigt-cûiq combinaisons ou matières différentes.

, 4. M* Ferber a vu' (à Florence , dans le cabinet de M* Targioni Tozzettl^ du jaspe ronge sanguin , veiné de blanc, provenant de Barga, dans lei* A|)en- AiDS,de la Toscane, où des couches considë.'ables > et même des montagnes entières , sont , dit-il , forjmées de jaspe.

Les murs de la capeffa di Santo-I/ireMo à Florence Hont revêtus de très-belles et grandes plaques de ce jaspe, qui prend très-bien le poli.

Un peu au dessous du chàleau de Montiêri ^ dans le payf <le Sienne , est la moulagna di Montieri ^ formt^e de schiste micacé t on y trouve d'anciennes minière» d'^icgcnl, de cuiyre et de plomb , et one grande coache, an moins de trois toises d'épais-

MINÉRAUX

tion générale; et le seM>nd, où la stillation des eaux a produit de nouveaux jas{)es aux dépens des premiers; et ces noilveaux ja5{>e8 étant des extraits du jaspe primitif, comme le cristal de rorhe est un extrait du fpjariz , ils sont, pour la plupart, encore plus purs et d'un grain plus fm que celui dont ils tirent leur origine. Mais nous d«vuns renvoyer à des articles particuliers Pexanien de^ cristaux de roche el des antres pierres vitreuses, opaques, ou transparentes, que nous ne regardons que conmie des stalactites du quartz , du jaspe , et des antres matières primitives * ; ces substances secondaires, quoique de même nature que les premières , n'ayant été produites que par l'intermède de leau , ne doivent être considérées qu'après avoir examiné les matières dont elles tirent leur origine, et qui ont été formées par le feu primitif. Je ne vois donc dans toute la nature que le quartz, le jaspe, le mica, le feld-spaih, et le schori, quon puisse regarder comme des matières simples , et auxquelles on peut ajouter encore le grès pur , qui n'est qu'une agrégation de grains quartzeux, et le talc, qui de même n'est composé que de paillettes micacées.

Nous séparons donc de ces veires primitifs tous leurs produits secondaires, tels que les cailloux, agates, cornalines, sardoine^, jaspes-agatés , et autres pierres opaqurs ou demi transparentes , ainsi que les cristaux de roche et les pierres précieuses, pavce qu'elles doivent êtres mises dans la classe des substances de dernière forinalicm.

Le ja>ipe primitif a été produit par le feu

f)resque en même temps tpie le quartz, et a nature montre elle-même en qnel(|iies endroits comment elle a formé Iejas|)e dans le quartz. « On voit dans les Vosges lorraines, dit un de nos plus habiles naltn^alisies', une montagne où le jaspe traverse et serpente entre les niasses de quartz par larges veines sinueuses, qui représentent les soupiraux par lesquels s'exhaloient les sublimations métalliques : car toutes ces veines

seur, d'un gros jaspe rouge , qui s'étend jaflqn'aa castello di (îerfulco : mais, en lit étant composé do plusieurs petites coucties minces qui iint beaucoup de fentes , on ne peut s'en servir. {^Lettres sur ta minéralogie , etc. , page 109.)

T. Le jaspe rouge dans lequel M. Ferber dit avoir vu des coquilles pétrifiées est certainement un de ces jaspes de seconde formaiion. II s'explique lui* même de manière à n'en laisser aucun doute. Ce juspe produit dans des couches calcaires est une stillation vitreuse , coinme le silex avec lequel il se trouve.

a. M. l'abbé Bexon , grand-chantre de la Sainte- Chapelle de Paris.

sont diversement colorées; et partout où elles commencent à prendre des couleurs, la pâte quartzeuse s'aduucit et semble se fondre en jiispe, en sorte qu'on peut avoir dans le même échantillon, et lu matière quartzeuse, et le filon jnspé. Ces \eines de jaspe sont de différentes diuiension.s; les unes scmt larges de plusieurs |iie*ls , et lés autres setTlement de quelques j)Ou<'.es : et

1>artout où la veine n'est pas pleine, mais aisse quelqiies bouillons on interstices vides , on voit de belles cristallisations , dont plusieurs sont colorées. On peut contempler en grand ces effets de la nalure dans celte belle montagne : elle est coupée à pic par diiïérens groupes , sur trois el quatre cents pieds de hauteur ; et sur ses flancs, couverts d'énormes quartiers rompus et entassés comme de vastes ruines, s'élèvent enrore d'énormes pyramides de ce même rocher, tranché et mis à pic du côté du vallon.

Cette montagne, la dernière des Vosges lorraines, sin* les confins de la Frambe-Comté, à l'entrée du canton nommé le Val-d*j4jol^^ fermoit en effet un vallon très - profond , dont les eaux , par un effort terrible , ont rompu la barrière de roche , et se sont 0(1vert nu passage au milieu de la masse de la montagne, dont les hautes ruines sont suspendues de chaque côté. Âti fond roule un torrent , dont le bruit accroît l'éniotion qu'inspirent l'aspect menaçant el la sauvage beauté de cet antique temple de la nature, l'tnt des lieux du monde peut-être où Ion peut voir une des plus grandes coupes d'une montagne vilreuse, et contempler plus en griuid le travail de la nature dans ces masses primitives du globe. »

On trouve en Provence, comme en Lorraine, de grandes masses de jaspe, particulièrement dans la forêt de rEslerelle; il s'en trouve encore plus abondcunment en Allemagne, en Bohème, en Saxe, et notamment a Freyberg. J'en ai vu des tables de trois pieds de longueur, et Ton m'a assuré qu'où en avoit tiré des morceaux de \n\\\. à neuf pieds dans une carrière de l'archevêché de Saitzbotirg.

Il y a aussi des jaspes en Italie 4, en Pologne, aux environs de Varsovie el deGrod-

3. Les gens du pays nomment la montngjie Chanaroux, et sa vallrà /es yargottes : elle est située à deux lieues, au midi, de la viJle de Remireinont, et une lieue , à l'orient , du bourg de Plombières , fameux par sps Ciinx minérales chaudes.

4. On trouve dans les égtises , dans les palais , et les'rabinets d'antiquités de Rome et d'antres Tilles d'Italie :

t^ Le diaspfo sanguigno ou eUotropio » qui est

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