‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 77 sur 161 · DU GRES · texte numérisé non relu

DU GRES

'' Le grès, lorsqu'il est pur, est d'une grande dureté, quoiqu'il ne soit composé que des débris du quartz réduits en petits grains qui se sont agglutinés par Tintermède de l'eau ; ce grès, comme le quartz, étincelle sous le choc de Tacier : il est également réfractaire à Faction du feu le plus violent. Les détrimens du quartz ne formoient d'abord que des sables qui ont pris corps en se réunissant par leur affinité , et ont ensuite formé les masses solides des grès, dans lesquels on ne voit en effet que ces petits grains quartzenx plus ou moins rapprochés, et quelquefois liés par un ciment cle même nature qui en remplit les interstices *. Ce ciment a pu être porté dans le grès de deux manières différentes : la première , par les vapeurs qui s'élèvent de l'intérieur de la terre; et la seconde, par la stillation des eaux. Ces deux causes produisent des effets si semblables , qu'il est assez difficile de les distinguer. Nous allons rapporter, à ce sujet, les observations faites récemment par un de nos plus savans académiciens, M. de Lassone, qui a examiné avec attention la plu-

X. Par ces mots de ciment ou gluten, je n'entends pas, comme l'on fait ordinairement, nne matière qui a la propriété particulière de réunir des substances dissemblables, et pour ainsi dire d'une antre nature , en faisant un seul rolume de plu* sieurs corps isolés on séparés , comme la colle qui s'emploie pour le bois, le mortier pour la pierre, etc. L'hal>itude de cette acception du mot ciment pourroit en imposer ici : je dois donc avertir que je «prends ce mot dans un sens plus général , qui ne suppose ni une matière différente de celle de la masse, ni une force attractive particulière, ni même la séparation absolue des parties avant l'interposi» tion du ciment , mais qui consiste dans leur union encore plus intime, par l'accession de molécules de même nature , qui augmentent la densité de la masse , en sorte que la seule condition essentielle qui fera distinguer ce ciment des matières sera le pins souvent la différence des temps on ce ciment y sera survenu , et où elles auront acquis par là leur plus grande solidité.

part des grès de Fontainebleau, et qui s'exprime dans les termes suivans:

« Sur les parois extérieures et découvertes de plusieurs blocs de grès le plus compacte, et presque toujours sur les surfaces de ceux dont on a enlevé de grandes et larges pîèiDes en les exploitant, j'ai observé un enduit vitreux très-dur : c'est une lame de deux ou trois lignes d'épaisseur, comme une espèce de couverte, naturellement appliquée, intimement inhérente, faisant corps avec le reste de la masse , et formée par une matière atténuée et subtile qui , en se condensant , a pris le caractère pierreux le plus décidé , une consistance semblable À celle du siiex , et presque à celle de l'agate; cet enduit vitreux n'est pas bien long^temfM a se démontrer sur les endroits qu'il revêt. Je l'ai vu établi au bout d'un an sur les surfaces de certains blocs entamés l'année précédente.

On découvre et on distingue les nuances et la progression de cette nouvelle formati<Hi , et, ce qui est bieu remarquable, cette sid»stance vitrée ne paroit et ne se trouve que sur les faces entamées des blocs encore engagés par leur base dans la minière sableuse , qui doit être regardée comme leur matrice et le vrai lieu de leur génération. »

Cette observation établit, comme l'on voit, l'existence réelle d'un ciment pierreux , qui même forme, en s'accumulaut , un émail sili<-é d'une épaisseur considérable : mais je dois remarquer qite cet émail se produit non seulement sur les blocs encore attachés ou enfouis par leur base, comme le dit M. de Lapone , mais même sur ceux qui en sont séparés ; car on m'a fait voir nouvellement quelques morceaux de grès qui étoient revêtus de cet émail sur toutes leurs faces.

Voilà donc le ciment quartzeiix on silice clairemeni démontré , soit qu'il ait transsudé de l'intérieur delà pierre, soit que l'eau ou les vapeurs aient étendu cette couche à la

DU G&fiS.

■tiperficie de rM morcMux de gfrès. OA en a des exeuiplesf tnut aussi rrantiaiis sur le qiibilz , dàus lequel il se forme de même une mâfHéré sifirée f*ar la stî*arion des eaux et par la condensation des vapeurs *.

t. M. de G«vMnn«, aarant physiden et mlo^alofistr très-expriiineuté, que j'ai ru touvent occasioD de citrr avec rlogc , a r.iU des t»b<«rTatioaa que j'ai déjà indiquées et qui me paroisaent ne laisser aucun doute sur cette formation de la matière silicée eu quartzeuse par la seule cundetisalion des vapeurs de la terre. « Ktant descendu , dit-il, dans une galerie de mine (de plomb) d« Ponl-Pt'an , près de Rennes en Bretagne , dont les travaux étoirnt abandonnés * je vis au fond de cette galerie toutes les mègaliiés dà roc presque remplies d'une mattè.e trîs- blanche , semblable i de ta céruse délayée» que je reconnus être un véritable guhr ou sittter.... C'est une vapeur condensée qui , en se cristallisant , donne un véritable qnartx. » M. de Uetwanne voulut reominoJtre si cette matière prnvenoit de la circulation de l'air dans les travaux , ou si elle transpiroit an travers du roc sur lequel elle se fonnoit ; pour cela . il ctimmeuça par bien laver la surface du rocher avec une éponge po«r dtar le^eArqui s'y tnravoit. « Ensuite. dit>il, je pris fioalre écuelles neuve- de terre vernissée , que j'appliquai aux endroits du rocher oîi j'avois a|)erçu le plus de guAr^ et avec de la bonne glaise hiéd pétrie je les cimnitai bien tout aient<mr, de deux bons ponces d'épaissear* après quoi je plaçai de« uavera de bois vis-à-vis mes écuelles , qui for* moient presque les quatre angles d'un carré. »

Au bout de huit mois , M. de Gensaime leva une de ces écuelles, et il fut fort surpris de voir que le ^(lAr.qui s'étoit formé dessous avoit près d'un demi« pimce d'épaisseur, et formoit uo rond sur la surface do rocher de la grandeur de l'écuelle ; il éloit très-btauc et avoit à peu près la consistance du beurre frais ou de Is cire molle ; il en prit de la grosseur d'une uoix , et remit l'écuelle comme an* paravent, sans toucher les autres.... il laissa sécher cette matière à l'ombre : elle prit tme consistance grenue et friable , et resHembloit parfaitement è une matière semblable , mais ordinairement ta* .cbeiée, qu'on trouve dans les fiions de différent minéraux , surtout dans ceux de plomb, et è laquelle les mineurs allemands donnent le nom de ie<nt. Il j en a quantité dans celui de Pont'Pean , et le minéral y est répandu par grains , la pmpart cubiques, et souvent accomjiagnés de grains de pyrite. « Toute la différence que je trouvois , dit M. de GtMisanne, entre ma matière et celle du filon, c'est que la matière étoit très-blanche, et que celle du filon étoit parsemée de taches violettes et roussâtres; je pris de celle du filou» qui ue contenoit assurément aucun minrraU et la plus blanche que je uns trouver ; j'en pris é|ialement de U mienne , et fondis poids égal de ces deux matières daiu deux creusets séparés et au même feu ; elles me parurent également fusibles , et même donnèrent des scoriea entièrement semblables.... Je soupçonnai dès lors que ces matières étoieut absolument les mêmes.... Quatorze mois se passèrent depuis le jour que j'nvois visité la première écuelle, jusqu'au temps de mon départ de ces travaux i je fus voir alors mon petit t^uipage ; je trouvai que le ^'iiAr n'avoit pas sensibieuient auf^menté sur la partie du roc qui éloit a découvert ; et , ayant visité l'écuelle que j'avois visitée précédeuuneal * j'aperçus l'on-

BiTFPo^r. II.

Bfots, si nous considérons en général tes cimniA naturels, il s*fii faut bien on iU soient toujours ei (Mirtout les mêmes ; il {«ut d'abord en dl>tiiiguer de tteux sories : I un qui parofît homogène avt>c la matière dont il reîh^fit les interstices, comme dftns les nouveaux quartz et les grès , où il est plus ap» parent à la suiface qu a Tintérieur ; Tautre qiron peut dire hétérogène, parce qu'il est d'une subeitauce plus ou moins diftVrtînte do celle dont il remplit les iulersiii^es, comme . daiis^tjs poudinnues et les brecbfs : ce tiernier cim«Mt est oixliiiairemeiit moins dur que les grains qu'il rétinit. Nous connoissons d'ailleurs plusietirs es|)eces de cinwiis naturels, et nous en traiterons dans un ar> tide ^rticulier. Ces cimeiis se mêlent et se combinent quelquefois dans la même n?a* tière, et souvent semiileni faii« le fond des substances solides. Mais ces cimens, de quelque nature qu*ib soient, peuvent avoir, comme nous venons de le dire , une double origine : la première est due aux vapeurs ou exhalaisons qui s'élèvent du foud de la terre au moyen de la chaleur intérieure du globe ; la seconde, à Tinliltraiion des eaux qui dé^ tachent avec le temps les parties les plus ténues des masses qu'elles lavent ou pénètrent : elles entraînent donc ces p^irticules détachées, et les déposent dans les interstices des attires matières ; elles forment même des concrétions qui sont très-dures , telles que les cristaux de roche et autres stalactites du genre vitre, x ; et cette seconde sourie des extraits ou ciniens pierreux , quoique très-abondante, ne Test peut-être

droit ou j'avois enlevé le gukr recouvert de la Oiémetmatière, mais fort mince et très-blanche; au lieu que la |Nirtie que je n'avois pas touchée, ainsi que toute la matière qui étoit suds les écuelles que je n'avois pas remuées, étoit toute parsemée de taches roussàtres et violettes , et absolument sem« blables à celles qu'on trouve dans le filon de cette mine, avec cette différence que celte dernière renferme quantité de grains de mine de plomb di&pcrses dans les taches violettes , et qui n'avoieut pas eu le temps de se former dans la première.

M 11 résulte , de cette observation , que les gutut se forment par une es|>èce de transpiration au travers des rochers, même les plus compactes, et qu'ils proviennent de certaines exhalaisons ou vapeurs qui circulent dans l'intérieur de la terre» et qui se condensent et se fixent dans les endroits o& la température et les cavités leur permettent de •'accumuler....

« Cette matière est une vériloble vapeur condau' séc qui se trouve dans une infinité d'endroits, renfermée dans des roches inaccessibles à l'eau. Lorsque le guAr est dissous et chassé par l'eau , il se cristallise très* facilement et foruae un vrai quarts. » (/Iistoire natureii* du lAUigutdoc, tome II, pages s» •t sttiv.)

aaô

MmÉRAUX.

pu antant (rue la première, qni provient des Tapeurs de la terre, parce que eetle dernière caiiae agit à loat instant et dans toute Tétear due des couches extérieures du globe ; au lieu que Tautre, étant bornée par des cir* eoostances locales à des effets particuliers , Be peut agir que sur des niasses particulières de matière.

On doit se rappeler ici que, dans le temps de la consolidation du globe , toutes les ma> tièrcs s'éiant durcies et resserrées en se refroidissant, elles n'auront pu faire retraite sur elles>roémes sans se séparer et se diviser par des fentes perpendiculaires en plusieurs endroits. Ces fentes, dont quelques-unes descendent à plusieurs centaines de toises , sont les grands soupiraux par où s'échappent les vapeurs grossières chargées de parties denses et métalliques. Les émanations plus subtiles, telles que celles du ciment silice,. sont les seules qui s'échappent partout , et qui aient pu pénétrer les masses entières du grès pur : aussi n'entre-t-il que peu ou point de substances métalliques dans leur composition, tandis que les fentes perpendiculaires qui séparent les masses du quartz , des granités, et autres rochers vitreux, sont remplies de métaux et de minéraux produits par les exhalaisons les plus denses , c'est-àdire par les vapeurs chargées de parties métalliques. Ces émanations minérales , qui étoiént très-abondantes lors de la grande chaleur de la terre , ne laissent pas de s'élever, mais en moindre quantité, dans son état actuel d'attiédissement : il peut donc se former encore tous les jours des métaux ; et ce travail de la nature ne cessera que quand te chaleur intérieure du globe sera si diminuée qu'elle ne pourra plus efilever ces matières pesantes et métalliques. Ainsi le produit de ce travail, déjà petit aujourd'hui, sera peut-être nul dans quelques milliers d'années, tandis que les vapeurs plus subtiles et plus légères, qui n'ont Desoinr que d'une chaleur très-médiocre pour être sublimées , continueront à s'élever et à revêtir la surface ou même pénétrer l'intérieur des matières qui leur sont analogues.

Lorsque le grès est pur, il ne contient que du quartz réduit en grains plus ou moins menus , et souvent si petits qu'on ne peut les distinguer qu'à la loupe. Les grès impurs sont au contraire mélangés d'autres substances vitreuses ou métalliques ', et plus

X. Il 7 a des grt^s mêlés de mira , et d'autres en plus grand nomt»re conlieiinent de petites masses ierrnftiieuses trés-dann , que les ourriers appellent deac^MU.

souvent eticore de matières calcaires; et ccls grès impurs sont d'une formation postérieure à celle des grès purs. En général il y a plus de grès mékuges de substauce calcaire que de grès simples et purs, el ils sont rarement teints d'autres couleurs métalliques que de celles du fer. On im trouve par collines , par bancs en très - grandes masses , quelquefois séparés en très-gros blocs isolés, et seulement environnés du sable qui semble leur servir de matrice; et comme ces amas ou couches de sable sont, dans toute leur épaisseur, perméables à l'eau , les grès sont toujours humeciés par ces eaux filtrés : l'humidité pénètre et réside dans leurs pores ; car tous les grès sont humides au sortir de la carrière, et ce n'est qu'après avoir été exposés pendant quelques années à l'air, qu'ils perdent cette humidité dont ib éloient imbus.

Les grès les plus purs , c'est-à-dire ceux dont le sable qui les compose n'a été ni transporté ni mélangé , sont entassés en gros blocs isolés ; mais il y en a beaucoup d'autres qui sont étendus en bancs continus, et même en couches horizontales, à peu près disposées comme celles des pierres calcaires. Cette différence de position dans les grandes masses de grès paroit nous indiquer qu'elles ont été formées dans des temps différons , et que la formation des grès qui sont en bancs horizontaux est postérieure à la

Eroduction de ceux qui se présentent en locs isolés : car celle-ci ne suppose que la simple agi^égation du sable quartzeux dans le lieu même où il s'est trouvé après la vitrification générale, au lieu que la position des autres grès par couches horizontales suppose Iç transport de ces mêmes sables par le mouvement des eaux; et le mélange des matières étrangères qui se trouvent dans ces grès semble prouver aussi qu'ils sont d'une formation moins ancienne que celle des grès purs.

Si l'on vouloit douter que l'eau pût former le grès par la seule réunion des molécules du quartz , il seroit aisé de le démontrer par la formation du cristal de roche , qui est aussi dur que le grès le plus pur, et qui néanmoins n'est formé que des mêmes molécules par la stillation des eaux; et d'ailleurs on voit un commencement de cette réimion des particules quartzeuses dans la consistance que prend le sable lorsqu'il est mouillé : plus ce sable est sec, et plus il est pulvérulent ; et dans les lieux où les sables de grès couvrent la surface du terrain les diemins- ne sont jamais plus praticables que

BU GEÈS.

quand il a lMaii«oap p1ii< paroa que Têtu coniolide un peu ecs sables «a rapprochant leurs grains.

Les grès ne se trooYent communément qtie prés des contrées de quarts, de granité^ et d'autres matières vitreuses, et rarement au milieu des terres où il y a des marbres , des pierres calcaires, ou des craies : cepeur dant le grès, quoique voisin quelquefois du granité par sa situation , en diffère trop par sa composition pour qu'on pdfsse lem* appliquer quelque dénomination commune; et plusieurs observateurs sont tombés dans Vei>reuF en appelant granité du grès à gros grains. La composition de ces deux matièies est différente, en ce que, dans ces grès composés des détrimens du granité , jamais les molécules du feld-spath n'ont repris une cristallisation distincte, ni celles du quartz un empâtement commun avec elles, non plus qu'avec les particules du mica : ces dernières sont comme semées sur les autres , et toute la coucbe, par sa disposition comme par sa texture, ne montre qu'un amas de sables grossièrement agglutinés par une voie Iffisn dâferente de la fusion intime des grandes masses vitreuses ; et l'on peut encore remarquer que ces grès ccunposés de plusieun esiièoes de sables sont généralement plus grossiers, moins compactes, et d'un grain plus gros que le grès pur, qui toujours est plus solide et plus dur, et dont le grain plus lin porte évidemment tous les caraclère(s d'une poudre de quartz.

Le grès pur est donc le produit immédiat des détrimens du quartz ; et lorsqu'il se trouve réduit eu poudre impalpable , cette poudre quartzeuse est si subtile qu'elle pé* nètre les autres matières solides; et même Ton prétend s'être assuré qu'elle passe à trar vers le verre. MM. Leblanc et Cloziei avant placé une bouteille de verre vide et bien bouchée dans une carrière de grès des environs d'Étampes, ils s'aperçur^it , au bout de quelques mois , qu'il y avoit au dedans de cette bouteille une espèce de poussière qui étoit un sable très-fin de la même nature qtuK la poudre fie grès.

Il n'y a peut-être aucune matière vitreuse dont les qualités apparentes varient autant que celles du grès. « Oa en rencontre de si tendres, dit M. de Lassoue, que leurs grains, à peine liés, se séparent aisément par la simple compression, et deviennent pulvéruleas; d'autres dont la concrétion est plus ferme , et qui commencent à résister davantage aux coups redoublés des instrumens de fer ; d'autres enfin dont la masse , plus dure et

plua luM, ait eomiM ionon I at Dff i«i «flif que très-diflicilem«nt ; et eas yariétas ont plusieurs degrés intermédiairet*

Le grès que les ouvriers appellent grit0r est si dur et si dilticile à travailler, qu'iU U^ rebutent même pour n'en faire que de« uk" vés, tandis qu'il y a d'autres grès si teodr«( et si poreux, que l'eau cribk aisément 4*.

travers leurs masses ; ce sout ceui^ dont oi^ se sert pour faire les pierres à filtrer. Il j en a de si grossiers et de si terreu]^, qq*ai| lieu de se durcir à Tair ils l'y décomposent en assez peu de temps. En général les grèl les plus purs et les plus durables sont aussi ceux qui ont le grain le plus fin et la tiiMi le plus serré.

Les grès qu'emploient les paveura à Parif sont , après le grès grisar, lei plus durs é$ tous. Les grès dont on se sert pour aiguiser ou donner du tranchant au fer et à l'acier sont d'un grain fin , mais moins durs que \m

Sremiers, et néanmoins ils jettent de mèam es étincelles eo faisant tourner à «ec cil meules de grès contre 1^ fer et Taeier. I0 grès dé Turquie ' qu'on appelk» pUrre i| rasoir, à laquelle on donne sa quauté en la tenant pendant quelques mois dana rbuil*^ et qui sert à repasser et à affiler lies ras^n et autres instrumens très-tranchaos, n'ê qu'un certain degré de dureté, quoiqua h grain en soit très-fin et la substance tràtv nniforme , et sans mélange â'wem» matim étrangère.

Au reste , le grès pur n'étant conposé qut des détrimens du quartz, il an. a tdutei \ê§ firopriétés ; il est aussi rcéractiire au feu; â «ésisfee de même à l'action d« tous les acldîe% et quelquefois il acquiert le même degré dt dureté; enfin le quartz ou le grès ràiuits m sable servent également de base à toua ooa verres factices , et entrent en plus ou aunaa grande quantité dans leur compositioa.

Les grès sont assez raremmit colores, d eeux qui ont une nuance de jaune, de rougfl^ ou de brun, ne doivent cette teinfie qu^i l'infiltration de l'eau chargée de# raoléculaa ferrugineuses de la terre végétale qui cQun^ la superficie du terrain ou Toii tiYMtve m^ grès colorés ; la plupart des jaspes sont M contraire très-oolores , et sembkoi avoir reçti leurs couleurs par la sublimation , dcî matières métalliques dès le premier teiapf

X. M. Yalmont de Bcmare» dans aoa ow«rage Mir la ininéraiogie , nous asstira qa'H a tKWivé as quartier de ce {;r^ de Tar(|uie en Franae, prèa da MriHaix, dans la province de BreUigne» et je soif d'ailleurs très persuadé que celle esp^ de gréa n'ap|iarii<>nt pus exclusiveiueni àla Turquie, sou nom semble l'iikliquer.

^^8 MirfÉRAUX.

de leur formation. Il s»^ pHit ans» que quelques grès (les |)lusaiic>ens doi\efil leur couleur à ces ntéuies énianatious métalliques; l'une des causes n'exclul peu; laulr«», h uss effets de lou e> deux paioisseui («onsialés par robsfr\alion. « U n'y a presque point de ces blocs ^T-^rwu; de Fontainebleau, dit M. de l^ssoite, où l'on n'aperçoive quelques marques duu'priucipe ferruguieux. £ii général ci'ux dont les grains sableux sont les moiu.> liés sont aussi ceux où le priuci|ie ferrugineux est le plus apparent. Les |K>rlioiis les plus externes des blocs , celles pur conséquent tluut la formation ou la eoiiden^ation est moins ancienne, ont souvent une teinte jauiiàire de couleur d'ocre ou de rouille de fer, tandis que les couclies plus intérieures ne soui nuliemeut colon-es. Il semble donc que, dans certains gres« celle teinte disfiaroisse à mesure que leur densité ou que la concrétion de leurs grains augmente ; cependant on remarque des blo<*s Ires-durs dont la niasse entière est pénéti-ée uniformément de celte couleur ferrugineuse plus ou moins intense : il > en a |)armi ceux-ci quelquesuns uù le princi|>e ferrugineux est si apparent qu'ils ont une tenue rougeàtre ti'esfoncée. Le sable, même pulvérulent, et n*àyaut encore éprouvé aucune condensation, coloré en plusieurs endroits |)ar les mêmes teintes, semble «nssi partici|)er du fer, si Ton en juge .sinq)lement par la couleur: mais l'aimant n'en attire aucune parcelle de métal , non plus que du détritus des

grès rougeati'es. »

' Cette observation de M. de Lassone me semble prouver assez que les grès sont colorés par le fer , et plus souvent au moyen de lintillration des esiux que par la sub iniation des vapeurs souterraines. J'ai vu moi même dans plusieurs blocs d'un grès très- blanc de ce'^ petits nœuds ou clous ferirugineux dont j'ai parlé, et qui sont d'une si grande diireié qu'ils résisloient a la lime. On doit conclure de ces nniurques (|ue l'eau a beaucoup plus que le feu travaillé sur le grès. C)e dernier élément n a fourni que la

Î première matière, c'est-à-dire le (juartz; au ieu que l'eau a porté dans la plu{)art des grès , non seulement des pai ties ferrugineuses, mais enc^>re une très-grande quantité d'autres matières bétérogenes qui en altèrent la nature ou la forme, eu leur donnant une figuration qu'ils ne prendroienl pas d euxmêmes; ce qu'on ne doit attribuer qu'aux substances hétérogènes dont ils sout mélangés.

On trouve dans quelques sables de ^rès

des moireaux tfTondif , isolés, et de différentes fïossfurs , les uns entièrement solides et uia.tsn's, lesauM-es creux en dedans comme des géodes : mais ce ne sont que des concrétions , des Mihlons agglutiués {tar le ciment duut nous a\ons paré; ces concrétions se forment dans les petites cavités de la grandi- maiiSf de sable qui environne les auli^ blocs de grcs, et elles sont de la même nature que ces sable>. Mais les grès disposés |iar lianes ou par couches sont pn'S(|ue tous plus ou moins mêlés d'autres matières :

il y a des grès uiélangés de terre limoneuse, d'autres sont entremêlés d'argile, et plusieurs autres, qui ne |>aroisseul ps teiTeux, contiennent une grande quantité de matière calcaire, l'ous ces grès ont évidemment été formés dans les sables transfiortés et déposés par les eaux ; et c'est par cette raison qu'on les trouve en couches horizontales , au Ieu que les grès purs produits par la seule déconq>osiiion du quartz se présentent eu blocs ÛTéguliers et tels qu'ils se sout formés dans le lieu même , sans avoir subi ni lrans|M>rt ni mélange : aussi ces grès purs , ne contenant aucune matière calcaire , ne font point eifervescence avec les acides, et sont les seuls qu'on doi\e regarder comme de vrais grès. Cette distinction est j.lus importante qu'elle ne le paroit d'abord ,-ei peut nous couduire à l'explication d'un fait reconnu depuis peu. Quelques observateurs ont trouvé plusieurs morceaux de grès à Bourbouneles-l

lains, à Nemours *, à Fontainebleau, et ailleurs . qui affectoient une figure quadrangulaire , et qui étuient pour ainsi dire cristallisés eu rhumbes. Or celte esiiece de cristallisation ou de figuration n'est |ias une des propriéiés du grès pur : c*est un elfet accidentel qui n'esi du qu'au mélange de la matière calcaire avec celle du grès; car, a)ant fait dissoudre ):ar un acide ces morceaux ligiués en rhombes , il s'est trouvé qu'ils coutenuient au moins un tiers de substance calcaire sur deux tieis de vrai gres , et (|u'aucun des giès qui n'i toieut que peu ou point mélangés de cette matière calcaire n'a pris cette ligure rhomboîdale.

Api'Cs avoir considéré les principales matières solides et dures qui se présentent en grandes masses dans le sein ou à la surface de la terre, et qui, comme nous venons de l'exposer, sout ou des verres primitifs ou des agirgats de leurs ]>arlies divii»ées et réduites en grains, nous devons examiner de

I. M. Bi-zout • sa Tant gënmèlre de l'Académie des Sciences, a recaiiiiu le pretnier ces grès figurés daufl le& carrières de Nemours.

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