DE L'ALBATRE
Cet albâtre, auquel les poêles ont si souvent comparé la blancheur de dos belles, est toute une autre matière que Talbâtre dont nous allons parler; ce n^est qu'une substance gypseuse , une espèce de plâtre très-blanc , au lieu que le véritable albâtre est une matière purement calcaire , plus souvent colorée que blanche , et qui est plus dure que le plâtre, mais en même temps plus tendre que le marbre. Les couleurs les plus ordinaires des albâtres sont le blanchâtre, le jaune , et le rougeâtre ; on en trouve aussi qui sont mêlés de gris , et de brun ou noirâtre : souvent ils sont teints de deux de ces couleurs , quelquefois de trois , rarement de quatre ou cinq. L'on verra qu'ils peuvent recevoir toutes les nuauces de couleur qui se trouvent dans les marbres , sous la masse desquels ils se forment.
L'albâtre d'Italie est un des- plus beaux ; il porte un grand nombre de taches d'un rouge foncé sur un fond jaimâtre , et il n'a de transparence que dans quelques petites parties. Celui de Malte est jaunâtre mêlé de gris et de noirâtre, et Ton y voit aussi quelques parties transparentes. Les albâtres que les Italiens appellent agates sont ceux qui ont le plus de transparence , et qui ressemblent aux agates par la disposition des couleurs. Il y en a même que l'on appelle albâtre onyx, parce qu'il présente des cercles concentriques de différentes couleurs. On couuoit aussi des albâtres herborises, et ces herborisations sont ordinairement brunes ou noires. VoUerra est l'endroit de l'Italie le plus renommé par ses albâtres ; on y en compte plus de vmgt variétés différentes par les degrés de transparence et les nuances de couleurs. Il y en a de blancs à reflets diaphanes , avec quelques veines noires et opaques , et d'autres qui sont absolument opaques et de couleur assez terne, avec des lâches noires et des herborisations bran-
chues.
Tous les albâtres sont susceptibles d'un poli plus on moias bnllant : mais ou ne peut polir les albâtres tendres qu'avec des matières encore plus tendres , et surtout avec de la cire ; et quoiqu'il y en ait d'assez durs à Yolterra et dans quelques autres endroits d'Italie, on assure -cependant qu'ils le sout moins que l'albâtre de Perse et de quelques autres contrées de l'Orient.
L'on ne doit donc pas se persuader avec le vulgaire que l'albâtre soit toujours blanc, quoique cela ait passé parmi nous en proverbe. Ce qui a donné lieu à cette méprise, c'est que la plupart des artistes, et morne quelques chimistes, ont confondu deux matières , et donné, comme les poètes, le nom à^ albâtre à une sorte de plâtre très - tendre et d'une grande blancheur, tandis que les naturalistes n'ont appliqué ce nom à^ albâtre qu'à une matière calcaire qui se dissout par les acides et se convertit en chaux au même degré de chaleur que la pierre : les acides ne font au contraire aucune impression sur cette autre matière blanche qui est du vrai plâtre; et Pline avoit bien indiqué notre albâtre calcaire en disant qu'il est de couleur de miel.
Étant descendu, en 1740, dans les grottes d'Arcy-sur-Cure , près de Vermanton , je pris dès lors une idée nette de la formation de l'albâtre , par l'inspection des gran> des stalactites en tuyaux, en colonnes, et en nappes, dont ces grottes, qui ne paroissent être que d'anciennes carrières , sont incrustées et en partie remplies. La colline dans laquelle se trouvent ces anciennes carrières a été attaquée par le flanc à une petite hauteur au dessus de la rivière de Cure ; et l'on peut juger, par la grande étendue des excavations , de l'immense quantité de pierres à bâtir qui en ont été tirées : on voit en quelques endroits les marques des coups de marteau qui en ont tranché les blocs. Ainsi l'on ne peut douter que ces grottes, quelque grandes qu'elles soient, ne doivent leur origine au travail de l'homme; et ce travail est bien ancien, puisque, dans ces mêmes carrières, abandonnées depuis long-temps , il s'est formé des masses trèsconsidérables , dont le volume augmente encore chaque jour par l'addition de nouvelles concrétions formées , comme les premières , par la stillatiôn des eaux : elles ont filtré dans les joints des bancs calcaires qui surmontent ces excavations et leur servent de voûtes ; ces baucs sont superposés horizontalement, et forment toute l'épaisseur et la hauteur de la colline , dont la surface est couverte de terre végétale : l'eau des pluies passe donc à travers cette couche de terre, et en prend la couleur jaune ou rougeâtre; ensuite elle pénètre dans les joints
DE UÀLBATRE.
et les fentes de ces bancs, où elle se charge des molécules pierreuses qu^elle en détache, et enfin elle arrive au dessous du dernier banc, et suinte en s^atlachaut aux parois de la voûte , ou tombe goutte à gouite dans l'excavation.
Et celte eau chargée de matière pierreuse forme d'abord des stalactites qui pendent de la voiUe , qui grossissent et s'allongent successivement par des couches additionnelles, et prennent en même temps plus de solidité à mesure qu'il arrive de nouveaux sucs pierreux '. Lorsque ces sucs sont très-abondans, ou qu'ils sont trop liquides , la stalactite supérieure attachée à lu voûte laisse tomber par gouttes cette matière superflue , qui forme , sur le sol , des concrétions de même nature, lesquelles grossissent , s'élèvent, et se joignent enfin à la stalactite supérieure , en sorte qu'elles forment par leur réunion une espèce de
I. L'aateur du Traite des pétrifications , qui a vu une grotte prés de NcafclL^tel , nomuicc Troisros, a remarqué que l'éau, qui coule lentement par di* verses fentes du roc , s'arrête pendant quelque temps en forme de gouttes au haut d'une espèce de voûte formée par les bancs du rocher; là, de petites molécules cristallines, que l'eau entraîne eu passant à travers les bancs , se lient par leurs côtes pendant que la goutte demeure suspendue et y forme de petits tuyaux , à mesure que l'air s'échappe par la partie inférieure de la petite bulle qu'il formoit dans la goutte d'eau : ces tuyaux s'allongent peu à peu en grossissant, par une ac* cession continuelle de nouvelle matière ; puis ils se remplissent ; de sorte que les cylindres qui en résultent sont oràiuairemeot arrondis vers le bout d'en bas, tandis qu'ils sont encore suspendus au rocher : maïs dès qu'ils s'unissent avec les parti» cules cristallines, qui tombent plus vite et foncent un sédiment à plusieurs couches au bas de la grotte, ils ressemblent alors à des arbres qui du bas s'élèvent jusqu'au comble de la voûte.
Ces cylindres acquièrent un plus grand diamètre en bas par le moyen de la nouvelle matière qui coule le long de leur superficie, et ils deviennent souvent raboteux , à cause des particules cristalline» qui s'y arrêtent en tombant dessus, comme une pluie menue, loissque l'eau abonde plus qu'à l'ordinaire dans l'entre-deux des rochers : la configu» ration intérieure de leur masse , faite à rayons et à couches concentriques, et quelquefois différemment rolorées par une petite quantité de terre fine qui s'y uiéle et les rend semblables aux aubiers des arbres, jointe aux circonstances dont on vient de parler, peut tromper les plus éclairés.
II sç forme aussi plusieurs autres masses plus ou moins régulières de stalactite dans des cavernes de pierre à chaux et de marbre : ces masses ne différent entre elles, par rapport à leur matière, que par le plus grand ou le moindre mélange de terre fine de différentes couleurs que l'eau enlève souveut du roc même avec les particules cristallines , oa qu'elle amène des couches de ferre supérieures aux roches dans les couches de stalactite. (Traité des pétrifications , iu-4'*, Paris, 1742, p- 4 <*• suiv.)
colonne d^aulant plus solide et plus grosse qu'elle s'est faite en plus de temps ; car le liquide pierreux augmente ici également le volume et la masse en se déposant sur les surfaces et pénétrant l'intérieur de ces stalactites , lesquelles sont d'abord légères et friables, et acquièrent ensuite de la solidité par l'addition de cette même matière pierreuse qui en remplit les pores ; et ce irest qu'alors que ces masses concrètes prennent la nature et le nom d'albâtre : elles se présentent en colonnes cylindriques, en cônes plus ou moins obtus, en culs-de-tampe, en tuyaux , et aussi en incrustations figurées contre les parois verticales ou inclinées de ces excavations, et en nap]>es déliées ou en tables épaisses et assez étendues sur le sol; il paroît même que celte concrétion spathique qui est la première ébauche de l'aibàlre se forme aussi à la surface de l'eau stagnante dans ce grottes, d'abord comme une pellicule mince , qui peu à peu prend de l'épaisseur et de la consistance , et préseule par la suite ime espèce de voûte qui couvre la cavité ou encore pleine ou . épuisée d'eau. Toutes ces masses concrètes sont de même nature; je m'en suis assuré en faisant tirer et enlever quelques blocs des unes et des autres pour les faire travailla* et polir par des ouvi'iers accoutumés à travailler le marbre : ils reconnurent avec moi que c'était du véritable albâtre , qui ne différoit des plus beaux albâtres qu'en ce qu*il est d'un jaune un peu plus pâle et d'un poli moins vif ; mais la composition de la matière, et sa disposition par ondes ou veines circulaires , est absolument la même >.
Ainsi tous les albâtres doivent leur origine aux concrétions produites par Tinfillration des eaux à travers les matières calcaires : plus les bancs de ces matières sont épais et durs , plus les albâtres qui en proviennent seront solides à l'intérieur et brillans au poli. L'albâtre qu'on appelle oriental ne porte ce^ nom que parce qu'il a le grain plus fin , les couleurs plus fortes , et le poli plus vif que les autres albâtres ; et l'on trouve en Italie , en Sicile , à Malte , et même en France 3, de ces albâtres qu'on peut uom<
a. Lorsque l'on scie transversalement une gross* stalactite ou colunne d'albàtrc, on voit, sur la tranche, les couches circulaires dont la stalactit* est formée ; mais si on la scie sur sa longueur, l'albâtre ne présente que des veines longitudinales» en sorte que le même albâtre paroît être différent, selon le sens dans lequel on le travaille.
3. On trouve h deux lieues de MAcon , du côté du midi , une grande carrière d'albâtre très-beau et très-bien coloré, qui a beaucoup de transparcQcv
MINÉRAUX
mer orientaux par la beauté de leurs couleurs et réclat de leur poli : mais leur origine et leur formation sont les mêmes que celles des albâtres communs , et leurs différences ne doivent être attribuées qu'à la qualité différente des pierres calcaires qui en ont fourni la matière. Si celle pierre s*est trouvée dure, compacte, et d'un grain fin, l'eau ne pouvant la pénétrer qu'avec beaucoup de temps , elle ne se chargera que de molécules tiès-fines et très-denses, qui formeront des concrétions plus pesantes et d'un grain plus fin que celui des stalactites proauites par des pierres plus grossières ; en sorte qu'il doit se trouver dans ces concrétions , ainsi que dans les albâtres, de grandes variétés , tant pour la densité que pour la finesse du grain et Téclat du poli.
La matière pierreuse que l'eau détache ' en s'infiltrant dans les bancs calcaires est quelquefois si pure et si homogène, que les stalactites qui en résultent sont sans couleurs et transparentes, avec une figure de cristallisation régulière ; ce sont ordinairement de petites colonnes à pans, terminées par des pyramides triangulaires , et ces colonnes se cassent toujours obliquement. Cette matière est le spath, et les concrétions qui en contiennent une grande quantité forment des albâtres plus transparens que les autres, mais qui sont en même temps plus difficiles à travailler.
Il ne' faut pas bien des siècles , ni même un très-grand nombre d'années , comme on pourroit le croire, pour former des albâtres : on voit croître les stalactites en assez peu de temps; on les voit se grouper, se joindre, et s'étendre pour ne former que des masses communes , en sorte qu'en moins d'un siècle elles augmentent peut-êlre du double de leur volume. Étant descendu , en 1759 , dans les mêmes grottes d'Arcy pour ia seconde fois , c'est-à-dire dix-neuf ans après ma première visite, je trouvai cette augmentation de volume très-sensible et plus considérable que je ne l'avoîs imaginé : il n'ctoit plus possible de passer dans les mêmes défilés par lesquels j'avois passé en 1740; les routes étoient devenues trop étroites ou trop basses, les cônes et les cylindres s'étoient allongés; les incrustations s' étoient épaissies ; et je jugeai qu'en supposant égale l'augmentation successive
en plusieurs endroits ; cette carrière est située dans la tnontagne que l'on appelle Solulrie , dans laquelle il s'est fait un éboulement considérable par soii propre poids. (iVbfe communiquée par M. Dumorfijr.)
de ces concrétions, il ne faudroit peut-être pas deux siècles pour achever de remplir la plus grande partie de ces excavations.
L'albâtre est donc une matière qui, se produisant et croissant chaque jour, pouri*oit , comme le bois , se mettre pour ainsi dire en coupes réglées à deux ou trois siècles de distance; car, en supposant qu'on fît aujourd'hui l'extraction de tout l'albâtre contenu dans quelques-unes des cavités qui en sont remplies, il est certain que ces mêmes cavités se rempliroient de nouveau d'une matière toute semblable, par les mêmes moyens de l'infiltration et du dépôt des eaux gouttières qui passent à travers les couches supérieures de la terre et les joints des bancs calcaires.
Au reste, cet accroissement des stalac tites , qui est très-sensible et même prompt dans certaines grottes, est quelquefois trèslent dans d'autres. « Il y a près de vingt ans, dit M. l'abbé de Sauvages, que je cassai plusieurs stalactites dans une grotte où personne n'avoit encore touché ; à peine se sont-elles allongées aujourd'hui de cinq ou six lignes : on en voit couler des gouttes d'eau chargées de suc pierreux, et le cours n'en est interrompu que dans les temps de sécheresse. « Ainsi la formation de ces concrétions dépend non seulement de la continuité de la stillation des eaux, mais encore de la qualité des rochers et de la quantité de particules pierreuses qu'elles en peuvent détacher. Si les rochers ou bancs supérieurs sont d'une pierre très-dure, les stalactites auront le grain très-fin et seront long-temps à se former et à croître ; elles croîtront au contraire en d'autant moius de temps que les bancs supérieurs seront de matières plus tendres et plus poreuses, telles que sont la craie, la pierre tendre, et la marne.
La plupart des albâtres se décomposent à l'air , peut-être en moins de temps qu'il n'en faut pour les former. «La pierre dont on se sert à Yenise pour la construction des palais et des églises est une pierre calcaire blanche qu'on tire d'Istria, parmi laquelle il y a beaucoup de stalactites d'un tissu compacte, et souvent d'un diamètre deux fois plus grand que celui du corps d'un homme très-gros :
ces stalactites se forment en grande abondance dans les voûtes souterraines des montagnes calcaires du pays. Ces pierres se décomposent si facilement , que l'on vit, il y a quelques années, à l'entablement supérieur de la façade d'une belle église neuve, bâtie de cette pierre, plusieurs grandes . stalactites qui s'étoient formées
DP X'4XBATR£.
successivemisiil p«r l'égQrtUepi^nt lent des eaitx qui avoient séjourné sur cet entablement. C'est dé la roém^ manière qu'elles se forment dans leâ souterrains de§ montagnes , puisque leur grain oti leur pomppsilion y l'cssembie ». » Je me çirois pas qu'il Boii nécessaire dé faire observer ici qqe cette pierre d'Istria est une espèce d'albâtre; on le voit assez pat la descrij^tioii de su sub^ stance et de sa décomposition.
Et lorsqu'une cavité naturelle ou artificielle se trouve surmontée par des bapcs de marbre , qui , de toutes leâ pierres calcaires, est la plus dense et la plus dure^ les concrétions formées dans cette cavité par l'infiilration des eaux ne sont plus des albâtres, mais de beaux marbres fids , et d'uoé dureté presque égale à cellie du marbi*e dont ils tirent leur origine, et qui est d'une foi*mation bien plus ancienne. Ces premiers marbres contiennent souvent des coquilles et d'autres productions de la mer , tandis qu^ les nouveaux marbres, ainsi que les albâtres, n'étant composés que de particules pierreuses détachées par les eaux, ne présentent aucun vestige de coquilles, et annoncent par leur texture que leur formation est nouvelle.
Ces carrières parasités dé marbre et d'albâtre, toutes formées aux dépciis des anciens bancs calcaires, ne peuvent avoir plus d'étendue que les cavités dans lesquelles on les trouve. On peut les épuiser eti assez
fieu de temps ; et c'est par cette raison que n plupart des beaux marbres antiques ou modernes ne se trouvent plus. Chaque cavité contient un marbre diftérerit de celui d'une autre cavité, surtout pour les couleurs , parce que les bancs des anciens marbres qui surmontent ces cavernes, sont eux-mêmes différemment colorés, et que l'èàu^ par son infiltration, détache et emporte les molécules de ces marbres avec leurs couleurs : souvent elle mêle ces couleurs ou les dispose dans un ordre différent ; elle lès affoiblit ou les charge selon les circonstances. Cependant on peut dire que les marbres de seconde formation sont en général plus fortement colorés que les premiers , dont ils tirent leur origine.
Et ces marbres de seconde formation peuvent, comme les albâtres', se régénérer dans les endroits d'où on les a tirés , parce qu'ils sont formés de même par la stillation des eaux* Baglivî rapporte un grand nombre d'exemples qui prouvent évidemment que le mar-
' t. Lwmt dt M» Fftàtry pages 4i et 4).
bre se r^roduit de nouvf»!! dans les mêmes carrière ; il dit que l'on vôyoit de son temps des chemins très-unis dans des endroits où, cept ans auparavant , il y avoit eu des carrières très-profoudes. Il ajoute qu'en ouvrant des carrières de marbre on avoit rencontré des haches, des pics, des marteaux, et d'autres outils renfermés dans le marbre, qui avoient vraisemblablement servi autrefois' à exploiter ces mêmes carrières , lesquelles se sont remplies par la suite des temps , et sont devenues propres à être exploitées de nouveau.
On trouve aussi plusieurs de ces marbres dç seconde formation qui sont mêlés d'albâtre ; çt dans le genre calcaire , comme en tout autre» la nature passe par degrés et nuances du marbre le pins fin et le plus dur à l'albâtre et aux concrétions les plus grossières et les plus tendres.
La plupart des albâti^es, et surtout les plus beaux, ont quelque transparence, parce qu'ils contiennent une certaine quantité de spath qui s'est cristallisé dans le temps de la formation des stalactites dont ils sont composés : mais, pour l'ordinaire, la quantité du spath n'est pas aussi grande que celle de la matière pierreuse, opaque, et grossière; en sorte que l'albâire qui résulte de cette composition est assez opaque, quoiqu'il le soit toujours moins que les marbres.
£t lorsque les albâtres sont mêlés de beaucoup de spath , ils sont plus cassans et plus difficiles à travailler, par la raison que celte matière spathique cristallisée se fend , s'é • grène très-facilement, et se casse presque toujours en sens oblique ; mais aussi ces albâtres sont souvent les plus beaux, parce qu'ils ont plus de transparence et prennent un poli plus vif que ceux où la matière pierreuse domine sur celle du spath. On a cité dans V Histoire de l^ Académie des Sciences un albâtre trouvé par M. Puget aux environs de Marseille, quiest si transparent , que, par le poli très-parfait dont il est susceptible , on voit à plus de deux doigts de son épaisseur l'agréable variété de couleurs dont il est embelli. Le marbre à demi transparent que M. Pallas a vu dans la province d'Ischski en Tartarie est vraisemblablement un albâtre semblable à celui de Marseille. Il en est de même du bel albâtre de Grenade en Espagne, qui, selon M. Bowles, est aussi brillant et transparent que la plus belle cornaline blanche, mais qui néanmoins est fort tendre, à moitié bûmc et à moitié couleur du cire. En général , la transparence dans les pierres calcaires , les marbres, et les alhâties, ne provient que de la matière'spathique qui
sV trouve incorporée et mêlée en grande ^juaiitilé; car les autres matières pierreuses «out opaques.
Au reste , on peut regarder comme une espèce d'albàtre toutes les incrustations et même les ostéocoles et les autres concrétions
pierreuses moulées sur des végétaux ou sur des ossemens d'animaux. Il s'en trouve de cette dernière espèce en grande quantité dans les cavernes du margraviat de Bareith , dont S. A. S. U^ le margrave d'Anspach a eu la bonté de m'envoyer la description suivante; « On conuoit assez les marbres qui renferment des coquilles ou des pétrifications qui leur ressemblent... mais ici on trouve des masses pierreuses pétries d'ossemens d'une manière semblable; elles sont nées, pour ainsi dire, de la conglutinalion des fragmens des stalactites de la pierre calcaire grise qui fait la base de toute la chaîne de ces montagnes, d'un i^eu de sable, d'une substance marneuse , et d'une quantité infinie de fragmens d'os. Il y a dans une seule pierre , dont on a trouvé des masses de quelques centaines de livres, un mélange de dents de différentes espèces, de côtes, de cartilages, de vertèbres, de phalanges, d os cylindriques; en un mot, des fragmens d'os de tous les membres qui y sont par milhers.
On trouve souvent dans ces mêmes pierres un grand os (jui en fait la pièce principale, et qui est entouré d'un nombre infini d'autres; il u'y a pas la moindre régularité dans la disposition des couches. Si Ton versoit de la chaux détrempée sur un mélange d'esquilles , il en naîlroit quelque chose de semblable. Ces masses sont déjà assez dures dans les cavernes... mais lorsqu'elles sont exposées à Pair, elles durcissent au point que, quand on s'y prend comme il faut , elles sont susceptibles d'un médiocre poli. On trouve rarement des caviiés dans l'intérieur ; les interstices sont remplis d'une matière compacte que la pétrification a encore décomposée davantage. Je m'en suis à la fin procuré, avec beaucoup de peine , une collection si complète, que je puis présenter prescfue chaque os remarquable du squelette de ces animaux , enchâssé dans mie propre pièce dont il fait l'os principal. En entrant dans ces cavernes pour la première fois , nous en avons trouvé une si grande quantité, qu'il eût été facile d'en amasser quelques charretées.
«« Un heureux destin m'avoit réservé à moi et à mes amis , entre autres un morceau de celle pierre osseuse à peu près de trois pieds de long sur deux de large et autant d'épais-
seur. ... La curiosité nous le fit mettre en pièces; car il étoii impossible de le faire passer par ces détroits pour le sortir en entier. Chaque morceau , à peu près de deux livres , nous présenta plus de cent fragmens d'os. . . . T eus le plaisir de trouver dans le milieu une dent canine , longue de quatre pouces , bien conservée : nous avons aussi trouvé des dents molaires de différentes espèces dans d'autres morceaux de cette même masse '. »
Par cet exemple des cavernes de Bareith , où les ossemens d'animaux dont elle est remplie se trouvent incrustés et même pénétrés de la même matière pierreuse amenée par la slillaiion des eaux , on peut prendre une idée générale de la formation des ostéocoles animales, qui se forment par le même mécanisme que les ostéocoles végétales » , telles
I. Description des cavernes du margraviat de Bareith , par Jean-Frédéric Esper, in-fol , page 27.
a. M. Gleditscli donne une bonne description des ostéocoles qui se trouvent en grande quantité dans les terrains maigres du Brandebourg. « Ce fossile , dit-il , est connu de tout le monde dans les deux Marches, où on l'emploie depuis plusieurs siècles à des usages tant internes qu'externes.... On le trouve dans un sable plus ou moins léger, blanc , gris, ronge, ou jaunâtre , fort ressemblant à l'espèce de sable qu'on trouve ordinairement au fond des rivières : celui qui louche immédiatement l'ostéocole est plus blanc et plus mou que le reste... Quand dans les temps pluvieux cette terre , qui s'attache fortement aux mains , vient à se dissoudre dans les lieux élevés, les eaux l'entraînent eu forme d'émûlsion dans les creux qui se trouvent au dessous.... Elle ne diffère guère de la marne, et se trouve attachée au sable dans des proportions différentes..-. Mais plus le sable est voisin des branches du fossile, plus la quantité de cette terre augmente : il n'y a pas grande différence entre elle cl la matière même du fossile. On trouve aussi cette terre dans les fonds et même sons quelques étangs , etc....
« Les vents, les pluies, etc., eh enlevant le sjàble, laissent quelquefois .\ découvexl l'ostéocole.... Quelquefois on en trouve çà et là des pièces rompues.... Quand on aperçoit des branches, on les dégage du sable avec précaution , et on les suit jusqu'au tronc qui jette des racines sous terre de plusieurs côtés.. . Tant que le tronc entier est encore renfermé dans le sable , la forme du fossile ne l'offre aux yeux que d'un côté, et alors elle repré sente assex parfaitement le bas du tronc d'un vieil arbre.... Les racines descendent en partie jusqu'à la profondeur dé quatre à six pieds, et s'étendent en partie obliquement de tous côtés.... Le tronc du fossile, dont la grandeur et l'épaisseur varient . doit sans doute son origine au tronc de quelque arbre mort et en partie carié; ce qui .se prouve suffisamment par la lésion et !a destruction de sa structure intérieure....
u Les racines les plus fortes sont plus ou moins grosses que le bras; elles s'amincissent peu à peu eu se divisant, de sorte que les dernières ramifications ont à peine une circonférence qui égale uiio plume d'oie. Pour les productions capillaires des
DE L'ALBATKE.
que les mousses pétrifiées et toutes les autres eoncrétious dans lesquelles on trouve des ligures de végétaux : car supposons qu'au
racines , elles ne se trouvent en aucnn endroit du fussile , sans doute parce que leur ténuité et la délicatesse de leur textare ne lenr permet pas de résister à la putréfaction.... On trouve rarement les gi-osses racines pétrifiées et durcies dans le sable ; elles y sont plutdt nn peu humides et molles ; et exposées à l'air', elles deviennent sèches et friables....
c( La masse terrestre qui » à proprement parler , constitue notre fossile, est une vraie terre de cliaux ; et qaand on l'a nettoyée du sable et de la ponrriturc qui peuvent y rester, l'acide vitrioliqae, avec le- (|ucl elle fait une forte effervescence , la dissout en partie. La matière de notre fossile, lorsqu'elle est encore renfermée dans le sable, est molle; elle a de l'humidité; sa cohérence est lâche , et il s'en exhale une odeur acre , assez foible cependant , ou bien elle forme un corps graveleux , pierreox , insipide , et sans odeur : tout cela met en évidence que la terre de chaux de ce fossile n'est point du gravier fin lié par le moyen d'une glu, comme le prétendent quelques auteurs.
« Mais lorsqu'on peut remarquer dans la composition de la matière de notre fossile quelque pro> portion , elle consiste , pour l'ordinaire, en parties égales de sable et de terre de chaux.
« Ce fossile est dû à des troncs d'arbres dont les fibres ont été atténuées et pourries par l'humidité... Il se forme dans ces troncs et dans ces racines des cavités oîi s'insinuent facilement , par le moyen de l'eau, le sable et la terre de chaux qu'elle a disnous : cette terre , entrant par les trous et les endroits cariés , descend jusqu'aux extrémités de toute la tige et des racines , jusqu'à ce qu'avec le temps toutes ces cavités se trouvent exactement remplies ; l'eau superflue trouve aisément une issue dont les traces se manifestent dans le centre poreux des branches : voilà comment ce fossile se forme L'humidité croupissante qui est perpétuellement autonr du fossile est le véritable obstacle h son endurcissement.
K Quelques auteurs ont regardé comme de l'ostëocole une certaine espèce de tuf en partie informe, en partie composé de l'assemblage de plusieurs petits tuyaux de différente nature : ce tuf se trouve m abondance dans plusieurs contrées de la Thurl:igc et en d'autres endroits....
(c L'expérience , jointe au consentement de plusieurs anteurs , dépose que le terrain naturel et le plus convenable à l'ostéocole est un terroir stérile , sablonneux, et léger; au contraire un terrain gras , consistant , argileux , onctueux , et limoneux, etc. , lorsqu'il vient à être délayé par l'eaa, laisse passer fentement et difficilement l'eau elle-même, et à plus forte raison quelque autre terre comme celle dont l'ostéocole est formée : l'ostéocole se mêleroit intimement à la terre grasse, dans l'intérieur de laquelle elle formeroit des lits plats plutôt que de pénétrer une substance aussi consistante. » ( Extrait des Mémoires de l'Académie de Prusse» par M. Paul. Avignon, 1768, tome V, io-12, pages 1 et suivantes du supplément à ce volume. }
M. Bruckmann dit, comme M. Gleditsch, que les osléocoles ne se trouvent jKiint dans les terres grasses et argileuses, mais dans les terrains sablonneux. Il y en a près de Francfort-sur-l'Oder, dans un sable blanchâtre, mêlé d'une matière noire, qui n'est que du bois pourri. L'ostéocole est molle dans
lieu d'osseroens d*animaux accumulés dans ces cavernes, la nature ou la main de Thomme y eussent entassé une grande quantité de roseaux ou de mousses ; n'est-il pas évident que
la terre . mais plutôt friable que ductile ; elle se dessèche et se durcit en très-peu de temps à l'air : c'est une espèce de marne, ou du moins une terre qui lui est fort analogue. Les différentes figures des ostéocoles ne viennent que des racines auxquelles celte matière s'attache ; de là provient aussi la ligne noire qu'on trouve presque toujours dans leur milieu : elles sont toutes creoses, à l'exception de celles qui sont formées de plusieurs petites fibres de racines accumulées et réunies par la ma< tière marneuse ou crétacée. Voyez la Collection tua démique t Partie étrangère ^ tome II, pages i55 et x56.
M. Beurer de Nuremberg, ayant fait déterrer grand nombre d'ostéocoles, en a trouvé une dans le temps de sa formation : c'étoit une souche de peuplier noirj qui , par son extrémité supérieure , étoil encore iigneuse , et dont la racine étoit devenue une véritable ostéocole. Voyez les Transactions philosophiques , année 1745, n** 476.
M. Guetta rd a aussi^ trouvé des ostéocoles en France, aux environs d'Étampes, et particulièrement sur les bords de la rivière de Louette. « L'ostéocole d'Étampes, dit cet académicien , forme des tuyaux longs depuis trois ou quatre pouces jusqu'à un pied et demi et plus : le diamètre de ces tuyaux est de deux , trois , quatre lignes , et même d'un pouce ; les uns, et c'est le plus grand nombre, sont cylindriques; les autres sont formés de plusieurs portions de cercle, qui , réunies, forment une colonne à plusieurs pans. Il y en a d'aplatis les bords de quelques autres sont roulés en dedans suivant leur Ion-, gueur, et ne sont, par conséquent, que demi cylindriques; plusieurs n'ont qu'une seule couche, mais beaucoup j^us en ont deux ou trois 1 on diroitque ce sont autant de cylindres renfermés les uns dans les autres. Le milieu d'un tuyau cylindrique, fait d'une ou de deux couches , en contient quelquefois une troisième qui est prismatique triangulaire. Quelques-uns de ces tuyaux sont coniques ; d'autres , ceux-ci sont cependant rares , sont courbés et forment presque un cercle. De quelque figure qu'tb soient , leur surface interne est lisse, polie , et ordinairement striée; l'extérieure est raboteuse et bosselée. La couleur est d'un assez beau blanc de jtnarne ou de craie à l'extérieur : celle de la surface interne est quelquefois d'un jaune tirant sur le rougeâtre; et si elle est blanche, ce blanc est toujours un peu sale... Il y a aussi de l'ostéocole sur l'autre bord de la rivière , mais en moindre quantité On en trouve encore de l'autre côté de la
ville, dans un endroit qui regarde les moulins à papier qui sont établis sur une branche de la Chafouette, et sur les bords des fossés de cette ville qui
sont de ce c6té »
M. Guettard rapporte encore plusieurs observations « pour prouver que la formation de l'ostéocole des environs d'Étampes n'est due qu'à des plantes qui se sont chargées de particules de marne et de sable des montagnes voisines , qui auront été en<traiiiées par des averses d'eau , et arrêtées dans les mares par les plantes qui y croissent, et sur lesquelles ces particules de marne et de sable se se< ront déposées succe!>sivement. » Voyez les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1764, pages 269 jusqu'à 388.
pe Inéitte wi: plerreui avtoit niai les tnoiis- 9^ fit les roseaux , les auroit incrustés en dehors , et rempHsfcQ dedans et itiéine dans tous leurs {iores ; que dès lors ces concrétions pierreuses en auront pris la forme, et qu'après la destruction et la pourriture de ces matières végétales, la conlc^étion pierreuse subsi'Jtei-a et se présentera sous cette même forme? Nous eu avons la pi>euve démonstrative dans certains morceaux qui sont encore roseaux en partie, et du reste ostéocoles.
Je connois aussi dés mousses dont le bas est pieiiienient incrusté , et dont le dessus est encore vert et eil état de végélation. Et romme nous Tavohs dit , tbut ce qu'on app( Ile pétrifications ne sont que des incrustalÎDns qui pou seulement se sont appliquées sur la surface des corps, mais en ont même pénétré et rempli les vides cl les pores , eh se substituant peu à peu à la matière animale ou végéiale, à mesure qu'elle se décomposoit.
On vient de voir, par la note précédente, que les ostéocoles ne soiit que des incrustations d'une matière crétacée ou marneuse ^ et ces incrustations se forment quelquefois en très-peu de temps , aussi bien au fond des eaux que jans le sein de la terre. M. Dutour, correspondant de l'Académie des Sciences cite une ostéocoie qu'il a vue se former en moins de deux ans. « En faisant nettoyer un canal, je remarquai, dit-il, cjue tout le fond étoit comme tapissé d'un tissu fort serré de filets pierreux , dont les plus gros n'avoient que deux lignes de diamètre , et nui se croisoient en tous sens. Les filets etoient de véritables tuyaux moulés sur des racines d'ormes fort menues qui s*y étoient desséchées, et qu'on pouvoii aisément en tirer. La couleur de ces tuyaux étoit grise, et leurs parois, qui avoieut un peu plus d'un tiers de ligne d'épaisseur, étoient assez fortes pour résister, sans se briser, à la pression des doigts. A ces marques , je ne pus méconnoitre l'ostéocole , mais je ne pus aussi m'empécher d'être étonné du peu de temps qu'elle avoit mis à se former : car ce canal n'étoit construit que depuis environ deux ans et demi; et certainement les racines qui avoient servi de noyau à l'ostéocole étoient de plus nouvelle date. » Nous avons d'autres exemples d'incrustations qui se font encore en moins de temps dans certaines circonstances. Il est dit dans V Histoire de l'Académie des Sciences qUe M. de La Chapelle avoit apporté nne pétrification fort épaisse, tirée de l'aqueduc d'Arcueil, et qu'il avoit appris des ouvriers que ces pétri-
ficatioQS bu incruitatiillii ée font par littdiaque année ; que , {tendant l'hiVer , il ne s'en fait point , mais seulemeat [iendant l'été , et que quand l'hiver a été très-pluvieux , et abondant en neigea , les pétrifications qui 8e forment pendant l'été suivant sont quelquefois d'un pied d'épaisseur. Ce feit est peut-ètt« exagéré; mais au moins on est sûr que souvent en une seule année ces dépôts pierreux sont de plus d'un pouce ou deux : on en trouve un exemple dans la même Histoire de f Académie. Le ruisseau de craie, près de Hesançon, enduit d'une incrustation pierreuse les tuyaux de bois de sapin où l'on fait passer son eau pour l'usage de quelqbes forges; il forme daus leur intérieur, en deux ans, d'autres tuyaux d'iine pierre compacte d'environ un pouce et demi d'épaisseur. M. du Luc dit qu'on voit dans le Valais des eaux atissi claires qu'il soit possi ble , et qui ne laissent pas de former de tels amas de tuf , qu'il en résulte des saillies considérables sur les faces des montagnes, etc.
Les stalactites , quoique de même nature que les incrustations et les tufs, sont seulement moins impures et se forment plus lentement. On leur a donné différens noms, suivant leurs différentes formes; mais M. Guettard dit avec raison que les stalactites , soit en forme pyramidale ou cylindrique , ou en tubes , peuvent être regardées comme une même sorte de concrétions. Il parle d'une concrétion en très-grande masse , qu il a observée aux environs de Crégy , village peu éloigné de Meaux , qui s'est formée par le déf)ôt de Teau d'une fontaine voisine , et dans aquelle on trouve renfermés des mousses , des chiendens , et d'autres plantes qui forment des milliers de petites ramifications, dont les branches sont ordinairement creuses, parce que ces plantes se sont à la longue pourries et entièrement détruites. Il cite aussi les incrustations en forme de planches de sapin qui se trouvent aux environs do Besançon. « Lorsqu'on voit pour la première fois, dit cet académicien, un morceau de ce dépôt pierreux, il n'y a personne qui ne le prenne d'abord pour une planche de sapin pétrifiée. . . . ^Lien en effet n'est plus propio à- faire prendre cette idée que ces espèces de planches. Une de leurs surfaces est striée de longues fibres longitudinales et parallèles , comme peuvent être celles des planches de sapin : la continuité de ces fibres est quelquefois interrompue par dtes espèces de nœuds semblables à ceux qui se voient dans ce bois : c^s nœuds spnt de différentes gros-