‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 97 sur 161 · DU PLATRE ET DU GYPSE · texte numérisé non relu

DU PLATRE ET DU GYPSE

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l6s plus bas , puisque celte ville est sitnée sur les bdi'ds de la mt*r : elle est voistae d'une colline duut les haïtes inférieurs sont de plâtrs de différentes coiileui's.

En Italie , le comte Marsigli a donné la description de la carrière à plâtre de Saint- Raphaël, aux environs de Bologne, où Ton a K)uiUé à plus de trois cents pieds de profondeur. On trouve aussi du bon plâtre dans plusieurs provinces de l'Allemagne, et il y en a de très -blanc dans le duché de Wirlemberg.

« Dans quelques endroits de la Pologne, dit M. Guet tard , le vrai plâtre nVst pas rare. Celui de Rohatin (starostie de Russie) est entièrement semblable au plâtre des environs de Paris, que l'on appelle^'^/ïanrf:

il est composé de morceaux de pierres spé« culaires jaunâtres et brillaiit&'t, qui affectent une figure triangulaire. Les bancs de cette pierre sont de toutes sortes de largeurs et a'é|)aisseurs. » On trouve encore du plâtre et du beau gypse aux environs de Bâie en Suisse , dans le pays de Neufcliâtel , et dans plusieurs autres endroits de TEurope.

Il y a de même du plaire dans Tile de Chypre, et presque dans toutes les provinces de TAsie ; on en fait des magots à la Chine et aux Indes.

L'on ne peut donc guère douter que cette matière ne se trouve dans toutes les parties du monde, quoiqu'elle se présente seulement dans des lieux particuliers, et toujours dans le voisinage de la pierre calcaire : car le plâtre n'étant composé que de substance calcaire réduite en poudre , il ne peut se trouver que dans les -endroits peu éloignés des rochers, dont les eaux auj'ont détaché ces particules calcajçes; et comme il con> tient aikssi beaucoup d'acide vitriolique, cette combinaison suppose le voisinage de la terre limoneuse, de l'argile, et des pyrites, en sorte que les matières plâti-euses ne se seront formées, comme nous l'avons dit, que dans les teiTaias où ces deux circonstances se trouvent réunies.

Quelque hautes que soient certaines collines à plâtre, il n'est pas moins certain que totties sont d'une formation plus nouvelle que celle des collines calcaires; outre les preuves que nous en avons déjà donné*^, cela peut se démonirer par la composition m^ème de ces éminences plâtreuses : les cou* clies n'en sont pas arrangées comme dans les collines calcaires; quoique posées horizontalement, elles ne su vent guère un ordre régulier; elles sorti placées conriisénient les uues sur les autres, et chacune de ces

couches est de matière différente; elles sont souvent surmontées de marne ou d'argile, quelquefois de tuffeau ou de piérides calcaires en débris , et aussi de pyrites , de grès , et de pierre meulière. Une colline à plâtre n'est donc qu'un gros tas de décombres amenés par les eaux dans un ordre assez confus , et dans lequel les lits de poussière calcaire qui ont rc^u les acides des lits supérieurs sont les seuls qui se soient convertis en plâtre. Cette formation récente se démontre encore par les ossemens d animaux terrestres < qu'on trouve dans ces couches de plâtre , . tandis qu*on n'y a jamais trouvé de coquilles marines; enfin elle se démontre évidemment, parce que, dans cet immense tas de décombres, toutes les matières sont moins dures et moins solides que dans les canières de pien'Cs anciennes.

Ainsi la nature, même dans son désordre, et lorsqu'elle nous paroît n'avoir travaillé que dans la confusion , sait tirer de ce désordre même des effets précieux et former des matières utiles, telles que le plâtre, avec de la poussière inerte et des acides destructeurs; et comme cette poussière de pierre , lorsqu'elle est fortement imprégnée d'acides , ne prend pas un grand degré de dureté, et que les couches de plâtre sont plus ou moins tendres dans toute leur étendue , soit en longueur ou en largeur, il est arrivé que ces couches, au lieu de se fendre, comme les couches de pierre dure, par le dessèchement, de distance en distance sur leur longueur, se sont au contraire fendues dans tous les sens, en se renflant tant en laideur qu'en longueur; et cela doit arriver dans toute matière molle qui se renfle d'abord par le dessèchement avant de prendre sa consistance. Cette même matière se divisera par ce renflement en prismes plus ou moins gros et à plus ou moins de fai'tes , selon qu'elle sera plus ou moins tenace dans toutes ses parties. Les couches de pieire, au contraire , ne se renflant point par le dessèchement , ne se sont fendues que par leur retraite et de loin en loin, et plus fréquemment sur leur longueur que sur leur largeur , parce que ces matières plus duras avoient trop de consistance , même avant le dessèchement, pour se fendre dans ces deax dimensions , et que dès lors les fentes p^pendiculaires n'ont pu se faire que par effori sur Tendruit le plus foible, où la matière s'est trouvée un peu moins dure que

I. Noos avons ati Cabinet du Roi des iiiâchoiF«» de cerf, avec leurs dents, trouvées dans le* car-' rières de |>idtre de Moniinartre près Paris.

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IIINÉHAUX.

U Rsie dk k oitne, et qu'«iifiii le deaiéchemenX seul , c'est-^i^alire sans miiflemeat de la matière, ne peut la divûer que trèi-im-

gùlièremeut, et iwaU ^ prvme^ uk 0^ «ttcuoe autre figure séguUère.

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