L’ ATT AG AS BLANC
de la troisième espèce de lagopus de Gesner, qui paroi! être le même oiseau que celui dont le jésuite Rzaczynski parle sous le nom polonois tle parowa. Ils ont tous deux une partie des ailes et le ventre blancs , le dos et le reste du corps de couleur variée; tous deux on! les pieds velus, le vol pesant , la chair excellente, et son! de la grosseur d’une jeune poule. Rzaczynski en reconnoît deux espèces : l’une plus petite, que j’ai ici en vue; l’autre plus grosse , et qui pourroit bien être une espece de gelinotte. Cet auteur ajoute
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qu’on trouve de ces oiseaux parfaitement blancs dans le palatinat de Novogorod. Je. ne range pas ces oiseaux parmi les lagopèdes, comme a fait M. Brisson de la seconde et de la troisième espèce de lagopus de Gesner, parce qu’ils ne sont pas en effet lagopèdes, c’est-à-dire qu’ils n ont point les pieds velus par dessous, et que ce caractère est d autant plus décisif qu’il est plus anciennement reconnu , et que par conséquent il paroît avoir plus de consistance.
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LE LAGOPÈDE.
Cet oiseau 1 est celui auquel on a donné le nom de perdrix blanche, mais très-improprement , puisque ce n’est point une perdrix, et qu’il n’est blanc que pendant l’hiver, et à cause du grand froid auquel il es! exposé pendant cette saison sur les hautes mont gnes des pays du Nord, où il se tient ordinairement. Aristote, qui ne connoissoit point le lagopède, savoit que les perdrix, les cailles, les hirondelles, les moineaux, les corbeaux, et même les lièvres, les cerfs, et les ours, éprouvent, dans les mêmes circonstances, le même changement de couleur. Scaliger y a oute les aigles, les vautours, les éperviers, les milans , les tourterelles, les renard-.; et il seroit facile d’allonger cette liste des noms de plusieurs oiseaux et quadrupèdes sur lesquels le froid produit ou pourroit produire de semblables effets : d’où il suit (pie la couleur blanche est ici un attribut variable, et qui ne doit pas être employé comme un caractère distinctif de l’espece dont il s’agit, d’autant moins que plusieurs espèces du même genre, telles (pie celles du petit tétras blanc, selon le docteur TVaygand et Rzaczynski, et de i’attagas blanc, selon Belon , sont sujettes aux mêmes variations dans la couleur de leur plumage : il est étonnant que Frisch ait ignoré que son fraiîcoliu blanc de montagne, qui est notre lagopède, y fut aussi sujet , ou (pie, l’ayant su, il n’en ait point parlé; il dit seulement qu’on Imavoit rapporté qu’on ne vovoit point en été de franco lin s blancs , et plus bas, il ajoute qu’on en a v o i t tiré (sans doute en été) qui avoient les ailes et le dos bruns, mais qu'il n’en avuit jamais
i. N° i 29 avec son plumage d’hiver, et n° 494 avec sou plumage d’eté.
vu : c’étoit bien le lieu de dire que ees oiseaux n'étoieut blancs que l’hiver, etc.
J’ai dit qu’ Aristote ne connoissoit pas notre lagopède ; et quoique ce soit un fait négatif, j'en ai la preuve positive dans ce passage de son Histoire des animaux , où il assure que le lièvre est le seul animal qui ait du poil sous les pieds. Certainement , s’il eût connu un oiseau qui eût eu aussi du poil sous les pieds, il n’auroit pas manqué d’en faire mention dans eet endroit, où il s’occupoit en général, selon sa manière, de la comparaison des parties correspondantes dans les animaux , et par conséquent des plumes des oiseaux, ainsi que des poils des quadrupèdes.
Le nom de lagopède , que je donne à cet oiseau, n’est rien moins qu’un nouveau nom ; c’est, au contraire, celui que Pline et les anciens lui ont donné, qu’on a mal à propos appliqué à quelques oiseaux de nuit, lesquels ont le dessus , et non le dessous des pieds, garnis déplumes 2, mais qui doit être conservé exclusivement à l’espece dont il s’agit ici, avec d’autant plus de raison , qu’il exprime un attribut unique parmi les oiseaux, qui est d’avoir, comme le lièvre, le dessous des pieds velus.
Pline ajoute à ce caractère distinctif du lagopus ou lagopède, sa grosseur, qui est celle d’un pigeon sa couleur, qui est blanche ; la qualité de sa chair, qui est excellente ; son séjour de préférence, qui est le sommet des Alpes; enfin sa nature, qui est
?.. Si meus auri/a gaudet lagnpnde F/accus,
Martial , lit). VI, epigr. 86.
Il est visible que le poète entend parler du duc dans ce passage ; mais le duc u’a pas le pied velu par dessous.
2o6 LE LAGOPEDE.
d’être très-sauvage, et peu susceptible d'être apprivoisé : il finit par dire (pie sa chair se corrompt tort promptement.
L’exactitude laborieuse des modernes a complété cette description à l’antique, qui ne présente que les niasses principales: le premier trait qu'ils ont. ajouté au tableau , et <[ n i n’eùt point échappé à Pline, s il eût vu l’oiseau par lui-mème, c’est cette peau glanduleuse qui lui forme au dessus des yeux des especes de sourcils rouges , mais d’un rouge plus vif dans le mâle que dans la femelle; celle-ci est aussi plus petite, et n’a point sui la tête les deux traits noirs qui, dans le mâle, vont de la base du bec aux veux, et même au delà des yeux, en se dirigeant vers les oreilles :à cela près, le mâle et la femelle se. ressemblent dans tout le reste, quant à la tonne extérieure; et tout ce (pie j’en dirai dans la suite sera commun à l’un et à l’autre.
La blancheur des lagopèdes n’est pas universelle, et sans aucun mélangé, dans le temps même où ils sont le plus blancs, c’està-dire au milieu de l’hiver : la principale exception es; dans les pennes de la queue, dont la plupart sont noires avec un peu de blanc à la pointe; mais il paroit , parles de scriptions, que et; ne sont p«r. constamment les mêmes pennes qui sort de cette couleur. Linnæus, dans sa Fnuna Surcica , dit que ce sont les pennes du milieu (pii sont noires; et dans so Systema noturœ , il dit, avec MM. Brissi n et Wi lughby, (pie ces mêmes pennes sont blanches , et les latérales noires : tous '■es naturalistes n’y ont pas regardé d’assez près. Dans le sujet que nous avons f*’’* dessiner, et dans d’autres que nous avons examinés, nous avons trouvé la queue composée de deux rangs de plumes l’un sur l’autre ; celui de dessus blanc en entier, et celui de dessous noir, ayant chacun quatorze plume J. Klein parle d’un oiseau de celte espèce qu’il avoit reçu de Prusse le 9.0 janvier 1747, et qui étoit entièrement blanc, excepté le bec, la partie inférieure de la queue, et la tige de six pennes de l’aile. Le pasteur lapon Samuel Kheen, qu’il cite, assure (pie sa poule de neige, qui est notre lagopède, n avoit pas une seule plume noire, excepté la femelle, qui en avoit une de cette couleur à chaque
1. On ne peut compter exactement le nombre de ces plumes, qu’en déplumant, comme nous l’avons fait , le dessus et le dessous du croupion de ces oiseaux ; et c’est ainsi que nous nous sommes assurés qu’il y en a quatorze blanches en dessus et quatorze noires eu dessous.
aile; et la perdrix blanche dont parle Ges- 11er étoit en effet toute blanche, excepté autour des oreilles, où elle avoit quelques marques noires : les couvertures de la queue, qui sont blanches et s’étendent par toute sa longueur, et recouvrent les plumes noires, ont donné lieu à la plupart de ces méprises. IM. Bi isson compte dix-huit pennes dans la queue, landis (pie Wiilughby et la plupart des autres ornithologistes n’en comptent que seize, cl qu’il n’y en a réellement que quatorze. Il semble que le plumage de cet oiseau, tout variable qu'il est, est sujet à moins de variétés que l’on n’en trouve dans les descriptions des naturalistes Les ailes ont vingt-quatre pennes, dont la troisième, à compter de la plus extérieure, est la plus longue; et ces trois pennes, ainsi (pie les trois suivantes de chaque côté, ont la lige noire lors même qu elles sont blam lies , n° i9Q. Le duvet qui environne les pieds et les doigts jusqu'aux ongles est fort doux et fort épais ; et l’on n’a pas manqué de dire que cétoient des espèces de gants fourrés que la nature avoit accordés à ces oiseaux, pour les garantir des grands froids auxquels ils sont exposés. Leurs ongles sont fort longs , même celui du petit doigt de derrière: ce lui du doigt du milieu est creusé par dessous, selon sa longueur, et les bords en sont trauchans; ce qui lui donne de la facilité polir se creuser des trous dans la neige.
Le lagopc-de est au moins de la grosseur d’un pigeon privé, selon Wiilughby; il a quatorze à quinze pouces de long, vingt-un à vingt-deux pouces de vol, et pese quatorze onces ; le nôtre est un peu moins gros : mais M. Linnæus a remarqué qu'il y en avoit de différentes grandeurs , et que le plus petit
2. 1! n’est pas étonnant que les auteurs diffèrent du blanc au noir sur la conteur des plumes latérales de la queue de cet oiseau ; car, en déployant et étendant celte queue avec la main , ou est absolument !e maître de terminer les côtés par des plumes noires ou par des plumes blanches, parce qu’on peut les étendre et les placer également de côté. M. Daubenton le jeune a très-bien remarqué qu’il y auroit encore une autre manière de se décider ici sur la contradiction des auteurs, et de reconnoitre évidemment cpie la queue n’est composée que de quatorze plumes toutes noires, à l’exception de la plus extérieure qui est bordée de blanc près de sou origine, et de la pointe qui est blanche dans toutes , parce que les tuyaux de ces quatorze plumes noires sont plus gros du double que les tuyaux des quatorze p urnes blanches, et qu’ils sont moins avancés, ne recouvrant pas en entier les tuyaux des plumes noires; en sorte qu’on peut croire que ces plumes blanches 11e servent que de couvertures, quoique tes quatre du milieu soient aussi grandes que les noires, lesquelles sont à très-peu près toutes également longues.
LE LAGOPEDE.
de tous étoil celui des Alpes. Il est vrai qu’il ajoute, au meme endroit, que cet oiseau se trouve dans les forêts des provinces du Nord, et surtout de la Laponie; ce qui me fer. ut douter que ce fût la même espèce que notre lagopède des Alpes, (pii a des habitudes toutes différentes, puisqu’il ne se plaît que sur les plus hautes tnon'agnes ; à moins qu’on ne veuille dire que la température qui règne sur la cime de nos Alpes est à peu près la même que celle des vallées et des forêts de Laponie. Mais ce qui achève de me persuader qu’il y a ici confusion d’espèces, e est le peu d’accord des écrivains sur le cri du lagopède. Belon dit qu’il chante comme la perdrix; Gesner, que sa voix a quelque chose de celle du cerf : Linnæus compare son ramage à un caquet babillard et à un rire moqueur. Enfin Willughby parle des plumes des pieds comme d’un duvet doux ( plumults molli bus) ; et Friscli les compare à des soies de cochon. Or comment rapporter à la même espèce des oiseaux qui diffèrent par la grandeur, par les habitudes naturelles, par la voix, par la qualité de leurs plumes ; je pourrais encore ajouter par leurs couleurs, car nous a'ons vu que celle des pennes de la queue n’est rien moins que constante? Mais ici les couleurs du plumage sont si variables dans le nu me individu , qu’il ne seroit pas raisonnable d’en faire le caractère de l’espece : je me crois donc fondé à séparer le lagopède des Alpes, des Pyrénées et autres montagnes semblables, d'avec les oiseaux de même genre qui se trouvent dans les forêts, et même dans les plaines des pays septentrionaux, et qui paraissent être plutôt des tétras, des gélinottes ou des attagas; et en cela je ne fais que me rapprocher de l’opinion de i lin , qui parle de son lagopus comme d’un oiseau propre aux Alpes.
Nous avons vu ei-dèssus que le blanc étoit sa livrée d’hiver ; celle d’été consiste en des taches brunes, semées sans ordre sur un fond blanc : on peut dire néanmoins qu’il n’y a point d’été pour lui , et qu’il est déterminé, par sa singulière organisation, à ne se plaire que dans une température glaciale; car, à mesure que la neige fond sur le penchant des montagnes, il monte, et va chercher sur les sommets les plus élevés celle qui ne fond jamais; non seulement il s’en approche, mais il s’y creuse des trous, des especes de clapiers, où il se met à l’abri des rayons du soleil, qui paroissent l’offusquer ou l’incommoder. Il seroit curieux d’observer de près cet oiseau , d’étudier sa confor-
mation intérieure, la structure de ses or ganes, de démêler pourquoi le froid lui est si nécessaire, pourc uoi il évite le soleil avec tant de soin, taudis que presque tous les êtres animés le désirent, le cherchent , le saluent comme le père de la naturè, et reçoivent avec délices les douces influences de sa chaleur féconde et bienfaisante : seroit-ce par les mêmes causes qui obligent les oiseaux de huit à fuir la lumière? ou les lagopèdes seroieœ-ils les chacrelas de la famille des oiseaux ?
Quoi qu’il en soit, on comprend bien qti un oiseau de cette nature est difficile à apprivoiser ; et Pline le dit expressément , comme nous l’avons vu : cependant Redi parle de deux lagopèdes, qu’il nomme perdrix blanches des Pyrénées, et qu’on avoit nourries dans la volière du jardin de Baboli, appartenant au grand-duc.
Les lagopèdes volent par troupes, et ne volent jamais bien haut, car ce sont des oiseaux pesa ns : lorsqu’ils voient un homme, ils restent immobiles sur la neige pour n’ê- Ire point aperçus ; mais ils sont souvent trahis par leur blancheur, qui a plus d’éclat que la neige même. Au reste, soit stupidité, soit inexpérience, ils se familiarisent assez aisément avec l’homme : souvent pour les prendre il ne faut que leur présenter du pain, ou même faire tourner un chapeau devant eux, et saisir le moment où ils s’occupent de ce nouvel objet pour leur passer un lacet dans le cou, ou pour les tuer par derrière à coups de perche ; on dit même qu'ils n’oseront jamais franchir une rangée de pierres alignées grossièrement comme pour faire la première assise d’une muraille, et qu'ils iront constamment tout le long de cette humble barrière , jusqu’aux pièges que les chasseurs leur ont préparés.
Ils vivent des chatons des feuilles et des jeunes pousses de pin, de bouleau , de bruyère, de myrtille et d’autres plantes qui croissent ordinairement sur les montagnes ; et c’est sans' doute à la qualité de leur nourriture qu’on doit imputer cette légère amertume qu’on reproche à leur chair, laquelle est d’ailleurs un bon manger : on la regarde comme viande noire, et c’est un gibier trèscommun, tant sur le mont Cenis que dans toutes les villes et villages à portée des montagnes de Savoie. J’en ai mangé, et je lui trouve beaucoup de ressemblance pour le goût avec la chair du lièvre.
Les femelles pondent et couvent leurs œufs à terre , ou plutôt sur les rochers ; c’est tout ce qu’on sait de leur façon de se multiplier:
LE LAGOPÈDE,
il fandroit avoir des ailes pour étudier à fond tique alloient se rendre dans les intestins
les mœurs et les habitudes des oiseaux, et surtout de ceux qui ne veulent point se plier au joug de la domesticité, et qui ne se plaisent que dans des lieux inhabitables.
Le lagopède a un très-gros jabot, et un gésier musculeux, où l’on trouve de petites pierres mêlées avec les alimens; les intestins longs de trente-six à trente-sept pouces; de gros cæcum cannelés et fort longs, mais de longueur inégale, selon R edi, et qui sont souvent pleins de très-petits vers : les tuniques de l'intestin gièle présentent un réseau très-curieux, formé par une multitude de petits vaisseaux , ou plutôt de petites rides disposées avec ordre et symétrie. On a remarqué qu’il avoit le cœur un peu plus petit et la rate beaucoup plus petite que l’attagas, et que le canal cyslique et le conduit hcpa-
séparement, et même à une assez grande distance l’un de l’autre.
Je ne puis finir cet article sans remarquer, avec Aldrovande, que, parmi les noms divers qui ont été donnés au lagopède, Gesner place celui d 'urblan, comme un mot italien en usage dans la Lombardie, mais que ce mot est tout-à-fait étranger et à la Lombardie et à toute oreille italienne. Il pourroil bien en être de même de rhoncas et de herbey, autres noms que, selon le même Gesner, les Grisons, qui parlent italien, donnent aux lagopèdes. Dans la partie de la Savoie qui avoisine le Valais . on les nomme urbaine ; et ce mot, différemment altéré par diffère ns patois, moitié suisses, moitié grisons, aura pu produire quelques-uns de ceux dont je viens de parler.
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LE LAGOPÈDE DE LA. BAIE D’IIUDSON.
Les auteurs de la Zoologie britannique tout à M. l'risson un juste reproche de ce qn’il joint dans une même liste le ptarmigan avec la perdrix blanche de M. Edwards , planche î.xxa, comme ne faisant qu’un seul et même oiseau, tandis (pie ce sont en effet deux espèces différentes; car la perdrix blanche de M. Edwards est plus de deux fois pus grosse que le ptarmigan, et les couleurs de leur plumage d’été sont aussi fort différentes, celle-là ayant de larges taches de blanc et d’orangé foncé ; et le ptarmigan ayant des mouchetures d’un brun obscur sur un brun clair. Du reste , ces mêmes auteurs avouent que la livrée d'hiver de ces oiseaux est la même , c’est-à-dire presque entièrement blanche. M. Edwards dit que les pennes latérales de la queue sont noires, même en hiver, avec du blanc au bout ; et cependant il ajoute plus bas qu’un de ces oiseaux qui avoit été tué en hiver, et apporté de la baie d’Hudson par M. Light, étoit parfaitement blanc; ce qui prouve de plus en plus combien , dans celte espèce, les couleurs du plumage soni variables.
La perdrix blanche dont il s’agit ici est de grosseur moyenne entre la perdrix et le faisan, et elle auroit assez la forme de la perdrix.si elle n’avoit pas la <iueue un peu plus longue. Le sujet représenté dans la pl. i.xxtr d’Edwards est un coq, tel qu’il est au prin-
temps lorsqu’il commence à prendre sa livrée d’été, et lorsque, éprouvant les influences de celte saison d’amour, il a ses sourcils membraneux plus rouges et plus saillans, plus élevés, tels en un mot que ceux de î’attagas ; il a en outre de petites plumes blanches autour des yeux , et d’autres à la base du bec, lesquelles recouvrent les orifices des narines : les deux pennes du milieu sont variées comme celles du cou ; les deux suivantes sont blanches, et toutes les autres noirâtres , avec du blanc à la pointe, en été comme en hiver.
La livrée d’été ne s’étend que sur la partie supérieure du corps, le ventre reste toujours blanc : les pieds et les doigts sont entièrement couverts de plumes, ou plutôt de poils blancs; les ongles sont moins courbés qu’ils ne le sont ordinairement dans les oiseaux >. Cette perdrix blanche se tient toute l’annee à la baie d’Hudson : elle y passe les njdts dans des trous qu’elle sait se creuser sous la neige, dont la consistance en ces contrées est comme celle d’un sable très-lin. Le matin , elle prend son essor, et s’élève
i. Nous avons vu deux oiseaux envoyés de Sibérie, sous le nom de lagopèdes , qui sont vraisemblablement de la mémo espèce que le lagopède de la baie d’Hudson , et qui ont en effet les ongles si plats , qu’ils ressembloient plutôt à des ongles da singe qu’à des griffes d’oiseaux.