LA GELINOTTE DU CANADA
Ir. me paroit que M. Brisson a fait un double emploi, en donnant la gelinotte du Canada qu’il a vue pour une espèce différente de la gélinotte de la baie d’Hudson^, qu’à la vérité il n’avoit pas vue : mais il suffisoit de comparer la gélinotte du Canada , en nature, avec les planches enluminées d’Edwards de la gélinotte de la baie d’Hudson , pour reconnoître que c’étoit le même oiseau ; et nos lecteurs le verront aisément en comparant les planches enluminées , n°s i3i et 182, avec celles de M. Edwards, n°s 118 et 71. Yoilà donc une espèce nominale de moins, et l’on doit attribuer à la gélinotte du Canada tout ce que MM. Ellis et Edwards disent de la gélinotte de la baie d’Hudson.
Elle abonde toute l’année dans les terres voisines de la baie d’Hudson : elle y habile par préférence les plaines et les lieux bas ; au beu que, sous un autre ciel, la même espèce, dit M. Ellis, 11e se trouve que dans des terres fort élevées , et même au sommet des montagnes. En Canada, elle porte le nom de perdrix.
Le mâle est plus petit que la gélinotte ordinaire ; il a les sourcils rouges , les narines couvertes de petites plumes noires , les ailes courtes, les pieds velus jusqu’au bas du tarse, les doigts et les ongles gris, le bec noir. En général, il est d’une couleur fort rembrunie, et qui n’est égayée que par quelques taches blanches autour des yeux , sur les flancs, et en quelques autres endroits.
Büffon. y II,
La femelle est plus petite que le mâle , et elle a les couleurs de son plumage moins sombres et plus variées ; elle lui ressemble dans tout le reste.
L’un et l'autre mangent des pignons de pin , des baies de genévrier, etc. On les trouve dans le nord de l’Amérique en trèsgrande quantité , et on en fait des provisions aux approches de l’hiver : la gelée les saisit et les conserve ; et , à mesure qu’on en veut manger, on les fait dégeler dans l’eau froide.