‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 131 sur 361 · LES PERDRIX · texte numérisé non relu

LES PERDRIX

Les espèces les plus généralement connues sont souvent celles dont l’histoire est le plus difficile cà débrouiller, parce que ce sont celles auxquelles chacun rapporte naturellement les espèces inconnues qui se présentent la première fois, pour peu qu'on y aperçoive quelques traits de conformité, et sans faire beaucoup d’attention aux traits de dissemblance souvent plus nombreux ; en sorte que de ce bizarre assemblage d’êtres qui se rapprochent par quelques rapports superficiels , mais qui se repoussent par des différences plus considérables, il 11e peut résulter qu’un chaos de contradictions d’autant plus révoltantes, que l’on citera plus de faits particuliers de l’histoire de chacun ; la plupart de ces faits étant contraires entre eux , et d’une absurde compatibilité lorsqu’on veut les appliquer à une seule espèce , ou même à un seul genre.

Nous avons vu plus d’un exemple de cet inconvénient dans les articles que nous avons traités ci dessus , et il y a grande apparence que celui que va nous fournir l’article de la perdrix ne sera pas le dernier.

Je prends pour base de ce que j'ai à dire des perdrix, et pour première espèce de ce genre, celle de notre perdrix grise , comme étant la plus connue , et par conséquent la plus propre à servir d’objet de comparaison pour bien juger de tous les autres oiseaux dont on a voulu faire des perdrix; j’y reconnois une variété et trois races constants.

Je regarde comme races constantes, x° la perdrix grise ordinaire, n° 27, et comme variété de cette race celle que M. Brisson appelle perdrix prïse-blanclie ; 20 la perdrix de Damas; non celle de Belon, qui est une gélinoite, mais celle d’Aldrovande , qui est plus petite (pie notre perdrix grise, et qui me paroit être la même que la petite perdrix de passage, qui est bien comme de nos chasseurs ; 3" la perdrix de montagne , que nous avons fait représenter n° 139, et qui semble faire la nuance entre les perdrix grises et les rouges.

J’admets pour seconde espèce celle de la perdrix rouge , dans laquelle je reconnois

deux races constantes répandues en France , une variété et deux races étrangères.

Les deux races constantes de perdrix rouges du pays sont : i° celle de la planche enluminée n° i5o;

20 La bartavelle de la planche enluminée n° 23 1.

Et les deux races ou espèces étrangères sont : iw la perdrix rouge de Barbarie d’Edvvards ;

20 La perdrix de roche, qu’on trouve sur les bords de la Gamba.

Et comme le plumage de la perdrix rouge est sujet à prendre du blanc , de même que celui de la perdrix grise, il en résulte dans cette espèce une variété parfaitement analogue à celle que j’ai reconnue dans l’espèce ordinaire.

J’exclus de ce genre plusieurs espèces qui y ont été rapportées mal à propos :

i° Le francolin, que nous avons fait représenter n°s 147 et 148 , et que nous avons cru devoir séparer de la perdrix, parce qu’il en différé non seulement par la forme, mais encore par quelques caractères particuliers , tels que les éperons, etc. ;

20 L’oiseau appelé par M. Brisson perdrix du Sénégal , et dont il a fait sa huitième perdrix. Cet oiseau, (pii est représenté sous le même nom de perdrix du Sénégal, nous paroit avoir plus de rapport avec les francolins qu’avec les perdrix; et, comme c’est une espèce particulière qui a deux ergots à chaque jambe, nous lui donnerons le nom de bis-ergot;

3° La perdrix rouge d’Afrique, n° 180;

4° La troisième espèce étrangère donnée par M. Brisson sous le nom de grosse perdrix du Brésil , qu’il croit être le macucagua de Marcgrave, puisqu’il en copie la description, et qu’il confond mal à propos avec l’agami de Cayenne, n° 169, lequel est un oiseau tout différent et du macucagua et de la perdrix;

5° L’yambou de Marcgrave, qui est la perdrix du Brésil de M. Brisson , et qui n'a ni la forme, ni les habitudes, ni les propriétés des perdrix, puisque, selon M. Brisson lui-même, il a le bec allongé, qu’il se

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