‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 160 sur 361 · LE GRAND COLIN · texte numérisé non relu

LE GRAND COLIN

C’est ici la plus grande espèce de tous ces colins. Fernandès ne nous apprend point son nom : il dit seulement que le fauve est sa couleur dominante , que la tête est variée de blanc et de noir, et qu’il y a aussi du blanc sur le dos et au bout des ailes ; ce qui doit contraster agréablement avec la couleur noire des pieds et du bec.

LE CACOLIN.

Cet oiseau, appelé cacacolin par Fernandès, est, selon lui, une espèce de caille, c’est-à-dire de colin , de même grandeur, de même forme, ayant le même chant, se nourrissant de même, et ayant le plumage peint presque des mêmes couleurs que ces cailles mexicaines. Nieremberg, Ray, ni M. Brisson, n’en parlent point.

LE COYOLCOS.

C’est ainsi que j’adoucis le nom mexicain coyolcozque. Cet oiseau ressemble , par son ; chant, sa grosseur, ses mœurs, sa manière de vivre et de voler, aux autres colins; mais il en diffère par son plumage : le fauve mêlé de blanc est la couleur dominante du dessus du corps, et le fauve seul celle du dessous et des pieds ; le sommet de la tête est noir d et blanc, et deux bandes de la même couleur descendent des yeux sur le cou : il se

tient dans les terres cultivées. Voilà ce que dit Fernandès ; et c’est faute de l’avoir lu avec assez d’attention, ou plutôt c’est pour avoir suivi M. Ray, que M. Brisson dit que le coyolcos ressemble à notre caille par son chant, son vol, etc.; tandis que Fernandès assure positivement qu’il ressemble aux cailles ainsi appelées par le vulgaire, c’est-à-dire aux colins, et que c’est en effet une espèce de perdrix.

LE COLENICUI.

Friscb. donne la figure d’un oiseau qu’il appelle petite poule de bois d,’ Amérique , et qui ressemble , selon lui , aux gélinottes par le bec et les pieds , et par sa forme totale , quoique cependant elle n’ait ni les pieds garnis de plumes , ni les doigts bordés de dentelures , ni les yeux ornés de sourcils rouges, ainsi qu’il paroît par sa figure. M, Brisson , qui regarde cet oiseau comme le même que le colenicuiltic de Fernandès, l’a rangé parmi les cailles , sous le nom de caille de la Louisiane, et en a donné la figure : mais, en comparant les figures ou les descriptions de M. Brisson , de Frisch et de Fernandès , j’y trouve de trop grandes différences pour convenir qu'elles puissent se rapporter toutes au même oiseau ; car, sans m’arrêter aux couleurs du plumage, si difficiles à bien peindre dans une description, et encore moins à l’attitude, qui n’est que trop arbitraire , je remarque que le bec et les pieds sont gros et jaunâtres selon M. Frisch, rouges et de médiocre grosseur selon M. Brisson, et que les pieds sont bleus selon Fernandès.

Que si je m’arrête à l’idée que l’aspect de cet oiseau a fait naître chez ces trois naturalistes, l’embarras ne fait qu’augmenter ; car Frisch n’y a vu qu’une seule poule de bois, M. Brisson qu’une caille, et Fernandès qu’une perdrix : car, quoique celui-ci dise , au commencement du chapitre xxv, que c’est une espèce de caille, il est visible qu’il se conforme en cet endroit au langage vulgaire; car il finit ce même chapitre en assurant que le colenicuiltic ressemble, par sa grosseur, son chant, ses mœurs, et par tout le reste ( cceteris cunctis ) , à l’oiseau du chap. xxiv : or cet oiseau du chapitre xxxv est le coyolcozque , espèce de colin ; et Fernandès , comme nous l’avons vu, met les colins au nombre des perdrix.

Je n’insiste sur tout ceci que pour faire

LE COLENICUI.

sentir et éviter, s’il étoit possible, un grand inconvénient de nomenclature. Un méthodiste ne veut pas qu’une seule espèce, quelque anomale qu’elle soit , échappe à sa méthode ; il lui assigne donc parmi ses classes et ses genres la place qu’il croit lui convenir le mieux : un autre qui a imaginé un autre système en fait autant avec le même droit ; et , pour peu que l’on commisse le procédé des méthodes et la marche de la nature, on comprendra facilement qu’un même oiseau pourra très-bien être placé par trois méthodistes dans trois classes différentes , et n’ètre nulle part à sa place.

Lorsque nous aurons vu l’oiseau ou les oiseaux dont il s’agit ici, et surtout lorsque nous aurons l’occasion de les voir vivans , nous les rapprocherons des espèces avec lesquelles ils nous paroîtront avoir le plus de. rapport, soit par la forme extérieure, soit par les mœurs et les habitudes naturelles.

Au reste , le colenicui est de la grosseur de notre caille , selon M. Brisson ; mais il paroît avoir les ailes un peu plus longues. Il est brun sur le corps, gris-sale et noir par dessous ; il a la gorge blanche et des espèces de sourcils blancs.

L’OCOCOLIN ,

Page 1