OU PERDRIX DE MONTAGNE DU MEXIQUE
Cette espèce, que M. Seba a prise pour le rollier huppé du Mexique *, s’éloigne encore plus de la caille , et même de la perdrix , que. le précédent : elle est beaucoup plus grosse, et sa chair n’est pas moins bonne que celle de la caille., quoique fort au dessous de celle de la perdrix. L’ococolin se rapproche un peu de la perdrix rouge par la couleur de son plumage , de son bec et de ses pieds : celle du corps est un mélange de brun, de gris-clair et de fauve; celle de la partie inférieure des ailes est cendrée ; leur partie supérieure est semée de taches obscures, blanches et fauves, de même que la tète et le cou. U se plaît dans les climats tempérés et même un peu froids, et ne sauroit vivre ni se perpétuer dans les climats brûlans. Fernandès parle encore d’un autre ococolin, mais qui est un oiseau tout différent.
i. En général, les rolliers ont le bec plus droit et la queue plus longue que les perdrix.
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LE PIGEON
Il étoit aisé de rendre domestiques des oiseaux pesans , tels que les coqs , les dindons, et les paons ; mais ceux qui sont légers et dont le vol est rapide deman loient plus d’art pour être subjugués. Une chaumière basse dans un terrain dos suffit pour contenir, élever, et faire multiplier nos volailles : il faut des tour», des bàtimeus élevés, faits exprès , bien enduits en dehors, et garnis en dedans de nombreuses cellules , pour attirer, retenir, et loger les pigeons. Ils ne sont réellement ni domestiques comme les chiens et les chevaux, ni prisonniers comme les poules; ce sont plutôt des captifs volontaires, des hôtes fugitifs, qui ne se tiennent dans le logement qu’on leur offre qu’autant qu’ils s’y plaisent, autant qu’ils y trouvent la nourriture abondante , le gite agréable, et toutes les commodités, toutes les aisances nécessaires à la vie. Pour peu que quelque chose leur manque ou leur déplaise, ils quit.ent et se dispersent pour aller ailleurs : il y en a même qui pré 1ère ut constamment les trous poudreux des viedles murailles aux boulins les plus propres de nos colombiers; d’autres qui se gîtent dans des fentes et des creux d’arbres; d autres qui semblent fuir nos habitations , et que rien ne peut y attirer, tandis qu’on eu voit au contraire qui n’osent les quitter, et qu'il faut nourrir autour de leur voliere, qu’ils n’ahandunnent jamais. Ces habi udes opposées, ces différences de mœur , semblei oient indiquer qu’on comprend sous le nom de pigeons un grand nombre d’especes diverses, dont chaume auroit son naturel propre et différent de celui des autres , et ce qui sembleroit confirmer cette idée, c’est l'opinion de nos nomenolateurs modernes qui comptent , indépendamment d’un grand nombre de variétés, cinq espèces de pigeons, sans y comprendre ni les ramiers ni les tourterelles. Nous séparerons d’abord ces deux dernières espèces de celle des pigeons; et comme ce sont, en effet, des oiseaux qui different spécifiquement les uns des autres, nous traiterons de chacun dans un article séparé.
Les cinq espèces de pigeons indiquées par nos nomenclateurs sont , i° le pigeon domestique; 2° le pigeon romain, sous l’espèce duquel ils comprennent seize variétés;
ÜOFFOIf. VII,
3° le pigeon biset ; 4° le pigeon de roche avec une variété; 5° le pigeon sauvage. Or, ces cinq especes , à mon avis , n’en font qu’une, et voici la preuve : le pigeon domestique et. le pigeon romain a\ec toutes ses variétés, quoique différens par la grandeur ei par les couleurs , sont certainement cle la même espece, puisqu’ils produisent ensemble des individus féconds et qui se reproduisent. On ne doit donc pas regarder les pigeons de voliere et les pigeons de colombier, c’est-à-dire les grands et les petits pigeons domestiques , comme deux e»peces différentes, et il faut se borner à dire que ce sont deux races dans une seule espece, dont l’une est plus domestique et plus perfectionnée que l’autre : de même, le pigeon biset , le pigeon de roche, et le pigeon sauvage, sont trois espèces nominales qu’on doit réduire à une seule, qui est celle du biset , dans laquelle le pigeon de roche et le pigeon sauvage ne font que des variétés très-légères, puisque, de l’aveu même de nos nomenclateurs, ces trois oiseaux sont à peu près de la même grandeur, que tuus trois sont de passage, se perchent , ont en tout les mêmes habitudes naturelles , et ne diffèrent entre eux que par quelques teintes de couleur.
Voilà donc nos cinq espèces nominales déjà réduites à deux, savoir le biset et le pigeon , entre lesquelles deux il n’y a de différence réelle, sinon que le premier est sauvage et le second est domestique. Je regarde le biset comme la souche première de laquelle tous les autres pigeons tirent leur origine, et duquel ils different plu» ou moins, selon qu’ils ont été plus ou moins maniés par les hommes : quoique je n’aie pas été à portée d en faire l’épreuve, je suis persuadé que le biset et le pigeon de nos colombiers procluiroient ensemble s’ils ét oient unis; car il y a moins loin de notre petit pigeon domestique au biset qu’aux gros pigeons pattus ou romains, avec lesquels néanmoins il s’unit et produit. D’ailleurs , nous voyons dans cette espèce toutes les nuances du sauvage au domestique se présenter successivement et comme par ordre de généalogie, ou plutôt de dégénération. Le biset nous est représenté , d une manière à ne pouvoir s’y méprendre , par ceux de
LE PIGEON
nos pigeons fuyards qui desertent nos colombiers et prennent l’habitude de se percher sur les arbres : c’est la première et la plus forte nuance de leur retour à l’état de nature. Ces pigeons, quoique élevés dans l’état de domesticité , |quoiqu’en apparence accoutumés comme les autres à un domicile lixe , a des habitudes communes , quittent ce domicile, rompent toute société, et vont s’établir dans les bois ; ils retournent donc à leur état de nature poussés par leur seul instinct. D’autres, apparemment moins courageux , moins hardis , quoique également amoureux de leur liberté , fuient de nos colombiers pour aller habiter solitairement quelques trous de muraille, ou bien en petit nombre se réfugient dans une tour peu fréquentée ; et malgré les dangers, la disette, et la solitude de ces lieux , où ils manquent de tout , où ils sont exposés à la belette , aux rats , à la fouine , à la chouette , et où ils sont forcés de subvenir en tout temps à leurs besoins par leur seule industrie, ils restent néanmoins constamment dans ces habitations incommodes, et les préfèrent pour toujours à leur premier domicile, où cependant ils sont nés, où ils ont été élevés, où tous les exemples de la société auroienl du les retenir : voilà la seconde nuance. Ces pigeons de muraille ne retournent pas en enlier à l’état de nature ; ils ne se perchent pas comme les premiers, et sont néanmoins beaucoup plus près de l’état libre que de la condition domestique. La troisième nuance est celle de nos pigeons de colombier, dont tout le monde connoît les mœurs, et qui, lorsque leur demeure convient, ne l’abandonnent pas , ou ne la quittent que pour en prendre une qui convient encore mieux , et ils n’en sortent que pour aller s’égayer ou se pourvoir dans les champs voisins. Or, comme c’est parmi ces pigeons mêmes que se trouvent les fuyards et les déserteurs dont nous venons de parler, cela prouve que tous n’ont pas encore perdu leur instinct d’origine , et que l’habitude de la libre domesticité dans laquelle ils vivent n’a pas entièrement effacé les traits de leur première nature , à laquelle ils pourroient encore remonter. Mais il n’en est pas de même de la quatrième et dernière nuance dans l’ordre de dégénération : ce sont les gros et petits pigeons de volière , dont les races, les variétés, les mélanges, sont presque innumérables , parce que , depuis un temps immémorial , ils sont absolument domestiques ; et l’homme, en perfectionnant les formes extérieures , a en même temps altéré leurs qualités intérieures, et détruit
jusqu’au germe du sentiment de la liberté. Ces oiseaux , la plupart plus grands , plus beaux que les pigeons communs, ont encore l’avantage pour nous d’être plus féconds , plus gras , de meilleur goût , et c’est par toutes ces raisons qu’on les a soignés de plus près , et qu’on a cherché à les multiplier, malgré toutes les peines qu’il faut se donner pour leur éducation et pour le succès de leur nombreux produit et de leur pleine fécondité : dans ceux-ci aucun ne remonte à l’état de nature, aucun même ne s’élève à celui de liberté ; ils ne quittent jamais les alentours de leur volière , il faut les nourrir en tout temps : la faim la plus pressante ne les détermine pas à aller chercher ailleurs; ils se laissent mourir d’inanition plutôt que de quêter leur subsistance ; accoutumés à la recevoir de la main de l’homme, ou à la trouver toute préparée , toujours dans le même lieu , ils ne savent vivre que pour manger, et n’ont aucune des ressources , aucun des petits talens que le besoin inspire à tous les animaux. On peut donc regarder celte dernière classe, dans l’ordre des pigeons, comme absolument domestique, captive sans retour, entièrement dépendante de l’homme; et comme il a créé tout ce qui dépend de lui , on ne peut douter qu’il 11e soit l’auteur de toutes ces races esclaves , d’autant plus perfectionnées pour nous , qu’elles sont plus dégénérées , plus viciées pour la nature.
Supposant une fois nos colombiers établis et peuplés , ce qui éloit le premier point et le plus difficile à remplir pour obtenir quelque empire sur une espèce aussi fugitive, aussi volage , 011 se sera bientôt aperçu que dans le grand nombre de jeunes pigeons que ces établissemens nous produisent à chaque saison, il s’en trouve quelques-uns qui varient pour la grandeur, la forme , et les couleurs. On aura donc choisi les plus gros , les plus singuliers , les plus beaux ; on les aura séparés de la troupe commune pour les élever à part avec des soins plus assidus et dans une captivité plus étroite : les descendais de ces esclaves choisis auront encore présenté de nouvelles variétés , qu’on aura distinguées , séparées des autres , unissant constamment et mettant ensemble ceux qui ont paru les plus beaux ou les plus utiles. Le produit en grand nombre est la première source des variétés dans les espèces : mais le maintien de ces variétés , et même leur multiplication , dépend de la main de l’homme ; il faut recueillir de celle de la uature les individus qui se ressemblent le plus, les séparer des autres, les unir en-
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semble , prendre les mêmes soins pour les variétés qui se trouvent dans les nombreux ‘produits de leurs descendans; et, par ces attentions suivies , on peut , avec le temps , créer à nos yeux, c’est-à-dire amener à la lumière une infinité d’êtres nouveaux , que la nature seule n’auroit jamais produits. Les semences de toute matière vivante lui appartiennent ; elle en compose tous les germes des êtres organisés : mais la combinaison , la succession, l’assortiment, la réunion ou la séparation de chacun de ces êtres , déi pendent souvent de la volonté de l’homme : dès lors il est le maître de forcer la nature t par ses combinaisons , et de la fixer par son industrie ; de deux individus singuliers qu’elle aura produits comme par hasard , il en fera une race constante et perpétuelle, et de laquelle il tirera plusieurs autres races qui, sans ses soins, n’aur oient jamais vu le jour.
Si quelqu’un vouloit donc faire l’histoire complète et la description détaillée des pigeons de volière , ce seroit moins l’histoire de la nature que celle de l’art de l’homme; et c’est par cette raison que nous croyons devoir nous borner ici à une simple énumération , qui contiendra l’exposition des principales variétés de cette espèce, dont le type est moins fixe et la forme plus variable que dans aucun autre animal.
Le biset , n° 5io, ou pigeon sauvage *, est la tige primitive de tous les autres pigeons : communément il est de la même grandeur et de la même forme , mais d’une couleur plus bise que le pigeon domestique ; et c’est de cette couleur que lui vient son nom : cependant il varie quelquefois pour les couleurs et la grosseur ; car le pigeon dont Frischa donné la figure sous le nom de columba agrestis , n’est qu’un biset blanc à tête et queue rousses ; et celui que le même auteur a donné sous la dénomination de vinago , sive columba montana, n’est encore qu’un biset noir-bleu : c’est le même qu’ Albin a décrit sous le nom de pigeon ramier , qui ne lui convient pas ; et le même encore dont Belon parle sous le nom de pigeon fuyard , qui lui convient mieux; car on peut présumer que l’origine de cette variété dans les bisets vient de ces pigeons dont j’ai parlé, qui fuient et désertent nos colombiers pour se rendre sauvages , d’autant que ces bisets noir-bleu nichent non seulement
ï. Biset , crois eau. Le nom croiseau vient peut-être de croisé, les ailes et la queue du biset étant croisées de bandes noires ou brunes.
dans les arbres creux, mais aussi dans les trous des batimens ruinés et les rochers qui sont dans les forêts , ce qui leur a fait donner, par quelques naturalistes, le nom de pigeons de roche ou rocher aies ; et comme ils aiment aussi les terres élevées et les montagnes , d’aulres les ont appelés pigeons de montagne , Nous remarquerons même que les anciens ne connoissoient que cette espèce de pigeon sauvage qu’ils appeloient oïnas ou ninago , et qu’ils ne font nulle mention de notre biset, qui néanmoins est le seul pigeon vraiment sauvage , et qui n’a pas passé par l’état de domesticité. Un fait qui vient à l’appui de mon 'opinion sur ce point, c’est que dans tous les pays où il y a des pigeons domestiques , on trouve aussi des œnas , depuis la Suède jusque dans les pays chauds, au lieu que les bisets ne se trouvent pas dans les pays froids , et ne restent que pendant l'été dans nos pays tempérés : ils arrivent par troupes en Bourgogne , en Champagne , et dans les autres provinces septentrionales de la France, vers la fin de février et au commencement de mars ; iis s’établissent dans les bois , y nichent dans des creux d’arbres , pondent deux ou trois œufs au printemps, et vraisemblablement font une seconde ponte en été ; à chaque ponte ils n’élèvent que deux petits , et s’en retournent dans le mois de novembre ; ils prennent leur route du côté du Midi, et se rendent probablement en Afrique par l’Espagne pour y passer l’hiver.
Le biset ou pigeon sauvage , et Y œnas ou le pigeon déserteur, qui retourne à l’état de sauvage , se perchent, et par cette habitude se distinguent du pigeon de muraille, qui déserte aussi nos colombiers , mais qui semble craindre de retourner dans les bois , et ne se perche jamais sur les arbres. Après ces trois pigeons , dont les deux derniers sont plus ou moins près de l’état de nature , vient le pigeon 2 de nos colombiers , n° 466, qui , comme nous l’avons dit , n’est qu’à demi domestique , et retient encore de son premier instinct l’habitude de voler en troupe : s’il a perdu le courage intérieur d’où dépend le sentiment de l’indépendance, il a acquis d’autres qualités qui , quoique moins nobles , paroissent plus agréables par leurs effets. Ils produisent souvent trois fois l’année, et les pigeons de volière produisent jusqu’à dix et douze fois, au heu que le bi-
2. En latin, columba; en espagnol, paloma; en italien, Colombo, colomba; en allemand, taube ou tauben ; en anglois , dove , common dove , bouse •> pigeon.
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set ne produit qu’une ou deux tois tout au plus : combien de plaisirs de plus suppose celte différence, surtout dans une espèce qui semble les goûter dans toutes leurs nuances , et en jouir plus pleinement qu’aucune autre! Ils pondent, à deux jours de distance, presque toujours deux œufs, rarement trois, et n’élèvent presque jamais que deux petits, dont ordinairement l’un se trouve mâle et l’autre femelle : il y en a même plusieurs, et ce sont les plus jeunes, qui ne pondent qu’une fois ; car le produit du printemps est toujours plus nombreux , c’est-à-dire la quantité de pigeonneaux dans le même colombier plus abondante qu’en automne, du moins dans ces climats. Les meilleurs colombiers où les pigeons se plaisent et multiplient le plus ne sont pas ceux qui sont trop voisins de nos habitations: placezles à quatre ou cinq cents pas de distance de la ferme, sur la partie la plus élevée de votre terrain, et ne craignez pas que cet éloignement nuise à leur multiplication; ils aiment les lieux paisibles, la belle vue, l’exposition au levant , la situation élevée où ils puissent jouir des premiers rayons du soleil. J’ai souvent vu les pigeons de plusieurs colombiers situés dans le bas d’un vallon , en sortir avant le lever du soleil pour gagner un colombier situé au dessus de la colline, et s’y rendre en si grand nombre, que le toit étoit absolument couvert de ces pigeons étrangers, auxquels les domiciliés éloient obligés de faire place , et quelquefois même forcés de la céder. C’est surtout au printemps et en automne qu’ils semblent rechercher les premières influences du soleil, la pureté de l’air, et les lieux élevés. Je puis ajouter à cette remarque une autre observation, c’est que le peuplement dp ces colombiers isolés , élevés, et situés haut, est plus facile , et le produit bien plus nombreux que dans les autres colombiers. J’ai vu tirer quatre cents paires de pigeonneaux d’un de mes colombiers qui , par sa situation et la hauteur de sa bâtisse, étoit élevé d’environ deux cents pieds au dessus des autres colombiers , tandis que ceux-ci ne produisent que le quart ou le tiers tout au plus, c’est-à-dire cent ou cent trente paires : il faut seulement avoir soin de veiller à l’oiseau de proie, qui fréquente de préférence ces colombiers élevés et isolés, et qui ne laisse pas d’inquiéter les pigeons, sans néanmoins en détruire beaucoup, car il ne peut saisir que ceux qui se séparent de la troupe.
Après le pigeon de nos colombiers, qui
11’est qu’à demi domestique, se présentent les pigeons de volière, qui le sont entièrement, et dont nous avons si fort favorisé la propagation des variétés, les mélanges et la multiplication des races, qu’elles demanderoient un volume d’écriture et un autre de planches, si nous voulions les décrire et les représenter toutes ; mais comme je l’ai déjà fait sentir, ceci est plutôt un objet de curiosité et d’art qu’un sujet d’histoire naturelle, et nous nous bornerons à indiquer les principales branches de cette famille immense, auxquelles on pourra rapporter les rameaux et les rejetons des variétés secondaires.
Les curieux en ce genre donnent le nom de bisets à tous les pigeons qui vont prendre leur vie à la campagne, et qu’on met dans de grands colombiers : ceux qu’ils appellent pigeons domestiques ne se tiennent que dans de petits colombiers ou volières , et ue se répandent pas à la campagne. Il y en a de plus grands et de plus petits : par exemple, les pigeons culbntans et les pigeons tournans, qui sont les plus petits de tous les pigeons de voliere, le sont plus que le pigeon de colombier ; ils sont aussi plus légers de vol et plus dégagés de corps; et quand ils se mêlent avec les pigeons de colombier, ils perdent l’habitude de tourner et de culbuter. 11 semble que ce soit l’état de captivité forcée qui leur fait tourner la tète, et qu’elle reprend son assiette des qu’ils recouvrent leur liberté.
Les races pures, c’est-à-dire les variétés principales de pigeons domestiques, avec lesquelles on peut faire les variétés secondaires de chacune de ces races , sont , i° les pigeons appelés grosses-gorges 1 , parce qu ils ont la laeulté d’enfler prodigieusement leur jabot en aspirant et retenant l’air; -2° les pigeons mondains, qui sont les plus recommandables par leur fécondité, ainsi que les pigeons romains, les pigeons pattus et les nonnains; 3° les pigeons-paons, qui élevent et étalent leur large queue comme le dindon ou le paon; 40 le pigeon-cravate ou à gorge frisée; 5° le pigeon-coquille hollandois; 6° le pigeon-hirondelle; 70 le pigeon-carme; 8° le pigeon heurté; g° les pigeons suisses; io° le pigeon culbutant; xi° le pigeon tournant.
La race du pigeon grosse-gorge est composée des variétés suivantes ;
i° Le pigeon grosse-gorge soupe-en-vin , dont les mâles sont tres-beaux, parce qu’ils sont panachés , et dont les femelles ne panachent point.