‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 166 sur 361 · QUI ONT RAPPORT AU RAMTER · texte numérisé non relu

QUI ONT RAPPORT AU RAMTER

„ Le pigeon ramier desMoluques ( Columba œnea. Gmf.e.) , indiqué sous ce nom par M. Brisson , et que nous avons fait représenter, n° 164, avec une noix muscade dans le bec , parce qu’il se nourrit de ce fruit. Quelque éloigné que soit le climat des Moluques de celui de l’Europe , cet oiseau ressemble si fort à notre ramier par la grandeur et la figure , que nous ne pouvons le regarder que comme une variété produite par l’influence du climat.

Il en est de même de l’oiseau indiqué et décrit par M. Edwards , qu’il dit se trouver dans les provinces méridionales de la Guinée. Comme il est à demi pattu et à peu près de la grandeur du ramier d’Europe, nous le rapporterons à cette espèce comme simple variété, quoiqu’il en diffère par les couleurs, étant marqué de taches triangu-

laires sur les ailes, et qu’il ait tout le dessous du corps gris , les yeux entourés d’une peau rouge et nue, l’iris d’un beau jaune, le bec noirâtre : mais toutes ces différences de couleur dans le plumage, le bec, et les yeux , peuvent être regardées comme des variétés produites par le climat.

CJne troisième variété de ramier, qui se trouve dans l’autre continent, c’est le pigeon à queue annelée de la Jamaïque , indiqué par Hans Sloane et Browne , qui , étant de la grandeur à peu près du ramier d’Europe, peut y être rapporté plutôt qu’à aucune autre espèce : il est remarquable par la bande noire qui traverse sa queue bleue, par l’iris des yeux, qui est d’un rouge plus vif que celui de l’œil du ramier, et par deux tubercules qu’il a près de la base du bec.

LE FOUNINGO.

L’oiseau appelé à Madagascar founingomena-rabou, , et auquel nous conserverons partie de ce nom , parce qu’il nous paroît être d’une espèce particulière, et qui, quoique voisine de celle du ramier, en diffère trop par la grandeur pour qu’on puisse le regarder comme une simple variété l.

T* ^-*e qui nous fait présumer que le founingo est d’une autre espèce que celle de notre ramier, c’est qu« ce dernier se trouve dans ce même climat.

M. Brisson a indiqué le premier cet oiseau, et nous l’avons fait représenter sous la dénomination de pigeon-ramier bleu de Madagascar, n° ni. Il est beaucoup plus petit que notre ramier d’Europe , et de la même grandeur à peu près qu’un autre pigeon du même climat, qui paroît avoir été indiqué par Bontius , et qui a été ensuite décrit par M. Brisson sur un individu venant de Madagascar, où il s’appelle founingo maïtsou ;

LF. FOUN1NGO»

ce qui paroit prouver que, malgré la différence de la couleur du vert au bleu, ces deux oiseaux sont de la même espèce , et qu’il n’y a peut-être entre eux d’autre différence que celle du sexe ou de 1 âge. On

trouvera cet oiseau vert représenté sous la dénomination d e pigeon-ramier vert de Madagascar, u° ni , dans nos planches enluminées.

LE RAMIRET.

L’oiseau représenté n° 11 3, sous la dénomination de pigeon-ramier de Cayenne , dont l’espèce est nouvelle, et n’a été indiquée par aucun des naturalistes qui nous ont précédés. Comme elle nous a paru différente de celle du ramier d’Europe et de celle du founingo d’Afrique, nous avons cru devoir lui donner un nom propre , et nous l’avons ap-

pelé ramirety parce qu’il est pi us petit que noire ramier. C’est un des plus jolis oiseaux de ce genre, et qui tient un peu à celui de la tourterelle par la forme de son cou et l’ordonnance des couleurs, mais qui en diffère par la grandeur et par plusieurs caractères qui le rapprochent plus des ramiers que d’aucune autre espèce d’oiseau.

Le pigeon des îles Nineombar ou plutôt NiCobar ( Colomba Nicobarica. Omet..), décrit et dessiné par Albin, qui , selon lui, est de la grandeur de notre ramier d’Europe, dont la tète et la gorge sont d’un noir bleuâtre, le ventre d’un brun noirâtre, et les parties supérieures du corps et des ailes , variées de bleu , de rouge , de pourpre , de jaune, et de vert. Selon M. Edwards, qui a donné , depuis Albin , une très-bonne description et une excellente figure de cet oiseau , il ne paroissoit que de la grosseur

d’un pigeon ordinaire Les plumes sur le

cou sont longues et pointues comme celles d'un coq de basse-cour; elles ont de très-

beaux reflets de couleurs variées de bleu, de rouge d’or, et de couleur de cuivre: le dos et le dessus des ailes sont verts avec des reflets d’or et cuivre... J’ai, ajoute M. Edwards , trouvé dans Albin des figures qu’il appelle le coq et la poale de celte espèce; je les ai examinées ensuite chez le chevalier Sloane, et je n’ai pu y trouver aucune différence de laquelle on pourvoit conclure que ces oiseaux étoient le mâle et la femelle... Albin l’appelle pigeon ninkcombar : le vrai nom de l’île d’où cet oiseau a été apporté est Nicobar... Il y a plusieurs petites des qui portent ce nom , et qui sont situées au nord de Sumatra.

L’oiseau nommé par les Hollandois crown vogel , donné par M. Edwards, planche cccxxxvui, sous le nom de gros pigeon couronné des Indes , et par JVJ . Brisson , sous celui de faisan couronné des Indes , n° n8. {Columba coronata. Gmel.)

Quoique cet oiseau soit aussi gros qu’un

dindon, i! paroît certain qu’il appartient au genre du pigeon ; il en a le bec, la tète, le cou , toute la forme du corps, les jambes, les pieds, les ongles, la voix, le roucoulement, les mœurs, etc. C’est parce qu’on a été trompé par sa grosseur qu’on n’a pas songé à le comparer au pigeon, et que

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