NOUVELLE- GUINÉE
un autre trait do conformité, en ce qu’il est chauve; mais il l’est d’une autre manière; c’est le cou qu’il a presque nu et sans pl limes. La tète est couverte, depuis et compris les narines, d’une espèce de calotte de velours noir , composée de petites plumes droites, courtes, serrées, et très-douces au toucher; ces plumes deviennent plus rares sous le cou, et bien plus encore sur ses côtés et à sa partie postérieure.
Le colnud , n° 609 , est à peu près de la grosseur de nos choucas, et on peut ajouter qu’il porte leur livrée; car tout son plumage est noir , à l’exception de quelquesunes des couvertures et des pennes de l’aile, qui sont d’un gris blanchâtre.
Avoir les pieds de celui que j’ai observé, on jugeroit que le doigt postérieur a été tourné par force en arrière, mais que naturellement et de lui-même il se tourne en avant, comme dans les martinets. J’ai même remarqué qu’il éloit lié par une membrane avec le doigt intérieur de chaque pied. C’est une espece nouvelle.
; LE BALICASE
DES PHILIPPINES
Je répugne à donner à cet oiseau étranger, n° 6o3 , le nom de choucas , parce qu’il est aisé de voir , par la description même de M. Brisson, qu’il diffère des choucas à plu- -[ sieurs égards.
Il n’a que quinze à seize pouces de vol , et n’est guère plus gros qu’un merle ; il a le bec plus gros et plus long à proportion que tous les choucas de notre Europe, les pieds > plus’grêles , et la queue fourchue ; enfin , au lieu de cette voix aigre et sinistre des chou- ; cas, il a le chant doux et agréable. Ces J différences sont telles , qu’on doit s’attendre | à en découvrir plusieurs autres lorsque cet t oiseau sera mieux connu.
Au reste , il a le bec et les pieds noirs , ; et le plumage de la même couleur avec des s reflets verts ; en sorte que du moins il estchoucas par la couleur.
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b a pie.
La pie a tant de ressemblance à l’extérieur avec la corneille, que M. Linnæus les a réunies toutes deux dans le même genre, et que, suivant Belon, pour faire une corneille dune pie, il ne faut que raccourcir la queue à celle-ci et faire disparoître le blanc de son plumage. En effet, la pie a le bec, les pieds, les yeux, et la forme totale des corneilles et des choucas : elle a encore avec eux beaucoup d’autres rapports plus intimes dans l’instinct, les mœurs, et les habitudes naturelles; car elle est omnivore comme eux, vivant de toutes sortes de fruits, allant sur les charognes, faisant sa proie des œufs et des petits oiseaux foibles, quelquefois même des père et mère, soit quelle les trouve engagés dans les pièges, soit qu elle les attaque à force ouverte : on en a vu une se jeter sur un merle pour le dévorer; une autre enlever une écrevisse, qui la prévint en l’étranglant avec ses pinces, etc.
On a tiré parti de son appétit pour la chair vivante en la dressant à la chasse i comme on y dresse les corbeaux. Elle passe ; ordinairement la belle saison, appariée avec son mâle, et occupée de la ponte et de ses isuites. L’hiver, elle vole par troupes, et s’apjproche d’autant plus des lieux habités , qu’elle y trouve plus de ressources pour (vivre , et que la rigueur de la saison lui rend ces ressources plus nécessaires. Elle ►(s’accoutume aisément à la vue de l’homme ; [fille devient bientôt familière dans la maison, et finit par se rendre la maîtresse. J’en bonnois une qui passe les jours et les nuits nu milieu d’une troupe de chats , et qui sait eur en imposer.
i Elle jase à peu près comme la corneille, Jt apprend aussi à contrefaire la voix des mu 1res animaux et la parole de l'homme. On i n cite une qui imitoit parfaitement les cris \lu veau , du chevreau , de la brebis , et même le flageolet du berger; une autre qui Jtépetoit en entier une fanfare de trompettes1.
I r. Plutarque raconte qu’une pie qui se plaisoit à •miter d'elle-même la parole de l'homme, le cri çps animaux et le son des instrumens , ayant un pmr entendu une fanfare de trompettes , devint luette subitement; ce qui surprit fort ceux qui roient coutume de 1 entendre babiller sans cesse : i aïs ils furent bien plus surpris quelque temps i très lorsqu’elle rompit tout à coup le silence, non ijtiur répéter sa leçon ordinaire, mais pour imiter son des trompettes qu’elle avoit entendues, avec
M. Wilhighby en a vu plusieurs qui prononçoient des phrases entières. Margot est le nom qu’on a coutume de lui donner, parce que c’est celui qu’elle prononce le plus volontiers ou le plus facilement; et Pline assure que cet oiseau se plaît beaucoup à ce genre d’imitation , qu’il s’a (tache à bien articuler les mots qu’il a appris, qu'il cherche long-temps ceux qui lui ont échappé, qu’il fait éclater sa joie lorsqu’il les a retrouvés, et qu’il se laisse quelquefois mourir de dépit lorsque sa recherche est vaine , ou que sa langue se refuse à la prononciation de quelque mot nouveau.
La pie a le plus souvent la langue noire comme le corbeau; elle monte sur le dos des cochons et des brebis, comme font les choucas, et court après la vermine de ces animaux, avec cette différence que le cochon reçoit ce service avec complaisance, au lieu que la brebis, sans doute plus sensible , paroît le redouter. Elle happe aussi fort adroitement les mouches et autres insectes ailés qui volent à sa portée.
Enfin on prend la pie dans les mêmes pièges et de la même manière que la corneille, et l’on a reconnu en elle les mêmes mauvaises habitudes, celles de voler et de faire des provisions a ; habitudes presque toujours inséparables dans les différentes espèces d’animaux. On croit aussi qu’elle annonce la pluie lorsqu’elle jase plus qu’à 1 oïdinaire. L) un autre cote, elle s’éloigne du genre des corbeaux et des corneilles par un assez grand nombre de différences.
Elle est beaucoup plus petite et même plus que le choucas, et ne pèse que huit à neuf onces. Elle a les ailes plus courtes et la queue plus longue à proportion ; par conséquent sou vol est beaucoup moins élevé et moins soutenu : aussi n’entreprend-elle point de grands voyages ; elle ne fait guère que voltiger d’arbre en arbre, ou de clocher en clocher; car, pour l’action de voler, il s’en faut bien que la longueur de la queue
les mêmes tournures de chant, les mêmes modulations, et dans le même mouvement.
2. Je m’en suis assuré par moi-même en répandant devant une pie apprivoisée des pièces de monnoie et de petits morceaux de verre. J’ai même reconnu qu’elle cachoit son vol avec un si grand soin, qu’il étoit quelquefois difficile de le trouver ; par exemple, sous un lit, entre les sangles et le sommier de ce lit.