‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 195 sur 361 · en est de même du geai et de plusieurs au- :s espèces · texte numérisé non relu

en est de même du geai et de plusieurs au- :s espèces

a nourri une qui a vécu plus de vingt ans, mais qui à cet âge éloit tout-à-fait aveugle de vieillesse.

Cet oiseau est très-commun en France, en Angleterre , en Allemagne, en Suède , et dans toute l’Europe, excepté en Laponie et dans les pays de montagnes , où elle est rare : d’où l’on peut conclure qu’elle craint le grand froid. Je finis son histoire par une description abrégée, qui portera sur les seuls objets que la figure 11e peut exprimer aux yeux , ou qu’elle n’exprime pas assez distinctement.

Elle a vingt pennes à chaque aile , dont la première est fort courte, et les quatrième et cinquième aont les plus longues ; douze pennes inégales à la queue, et diminuant toujours de longueur, plus elles s’éloignent des deux du milieu, qui sont les plus longues de toutes; les narines rondes, la paupière interne des yeux marquée d’une tache jaune, la fente du palais hérissée de poils sur ses bords , la langue noirâtre et fourchue , les intestins longs de vingt-deux pouces, le cæcum d’un demi-pouce; l’œsophage dilaté et garni de glandes à l’endroit de sa jonction avec le ventricule , celui-ci peu musculeux , la rate oblongue , et une vésicule de fiel à l’ordinaire.

J’ai dit qu’il y avoit des pies blanches, comme il y a des corbeaux blancs; et quoique la principale cause de ce changement de plumage soit l’influence des climats sep tentrionaux , comme 011 peut le supposer à l’égard de la pie blanche de Wormius, qui venoil de Nonvége , et même à l’égard de quelques-unes de celles dont parle Rzaczynski, cependant il faut avouer qu’on en trouve quelquefois dans les climats tempérés; témoin celle qui fut prise il y a quelques années en Sologne, et qui étoit toute blanche , à l’exception d’une seule plume noire qu’elle avoit au milieu des deux ailes; soit qu’elle eût passé des pays du Nord en France après avoir subi l’influence du climat, soit qu’étant née en France, cette altération de couleur eût été produite par quelque cause particulière. Il faut dire la même chose des pies blanches que l’on voit quelquefois en Italie.

Wormius remarque cpie sa pie blanche avoit la tête lisse et dénuée de plumes ; apparemment cju’il la vit au temps de la mue; ce qui confirme ce que j’ai dit de celle des pies ordinaires.

Willughby a vu dans la ménagerie du roi d’Angleterre des pies brunes ou roussâtres, qui peuvent passer pour une seconde variété de l’espèce ordinaire.

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