LA PIE
corbeau , avec des taches brimes semées sur 1111 fond vert bleu , et plus fréquentes vers le gros bout. Jean Liébault , cité par M. Salerne , est le seul qui dise que le mâle et la femelle couvent alternativement.
Les piats, ou les petits de la pie, sont aveugles et à peine ébauchés en naissant ; ce n’est qu’avec le temps et par degrés que le développement s’achève et que leur forme se décide : la mère non seulement les élève avec sollicitude , mais leur continue ses soins long-temps après qu’ils sont élevés. Leur chair est un manger médiocre ; cependant on y a généralement moins de répugnance que pour celle des petits corneillons.
A l’égard de la différence qu’on remarque dans le plumage , je ne la regarde point absolument comme spécifique , puisque parmi les corbeaux , les corneilles , et les choucas , on trouve des individus qui sont variés de noir et de blanc, comme la pie : cependant on ne peut nier que dans l’espèce du corbeau, de la corneille, et du choucas proprement dit, le noir ne soit la couleur ordinaire, comme le noir et le blanc est celle des pies; et que si l’on a vu des pies blanches, ainsi que des corbeaux et des choucas blancs, il ne soit très-rare de rencontrer des pies entièrement noires. Au reste , il ne faut pas croire que le noir et le blanc , qui sont les couleurs principales de la pie, excluent tout mélange d’autres couleurs ; en y regardant de près et à certains jours , on y aperçoit des nuances de vert, de pourpre , de violet, et l’on est surpris de voir un si beau plumage à un oiseau si peu renommé à cet égard. Mais ne sait-on pas que dans ce genre et dans bien d’autres la beauté est une quat lité superficielle, fugitive, et qui dépend absolument du point de vue? Le mâle se distingue de la femelle par des reflets bleus , plus marqués sur la partie supérieure du corps, et non par la noirceur de la langue, comme quelques-uns l’ont dit.
La pie est sujette à la mue, comme les autres oiseaux ; mais on a remarqué que ses plumes ne tomboient que successivement q et peu à peu , excepté celles de la tète qui ki tombent toutes à la fois, en sorte que chaque )t année elle paroît chauve au temps de la 9 mue r. Les jeunes n’acquièrent leur longue ©queue que la seconde année, et sans doute 11e deviennent adultes qu’à cette même icjépoque.
Tout ce que je trouve'sur la durée de la ) vie de la pie c’est que le docteur Derham en