‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 204 sur 361 · LE GEAI BRUN DU CANADA · texte numérisé non relu

LE GEAI BRUN DU CANADA

S’il étoit possible de supposer que le geai eut pu passer en Amérique , je serois tenté de regarder celui-ci comme une variété de notre espèce d’Europe ; car il en a le port , la physionomie, ces plumes douces et soyeu-

ses qui sont comme un attribut caractéristique du geai : il n’en diffère que par sa grosseur, qui est un peu moindre , par les couleurs de son plumage, par la longueur et la forme de sa queue , qui est étagée. Ces différences pourroient à toute force s’imputer à l’influence du climat : mais notre geai a l’aile trop foible et vole trop mal pour avoir pu traverser des mers; et en attendant, qu’une connoissance plus détaillée des mœurs du geai brun du Canada, n° 53c>, nous mette en état de porter un jugement solide sur sa nature, nous nous déterminons à le produire ici comme une espèce étrangère , analogue à notre geai, et l’une de celles qui en approchent de plus près.

La dénomination de geai brun donne une idée assez juste de la couleur qui domine sur le dessus du corps; car le dessous, ainsi que le sommet de la tète, la gorge et le devant du cou, sont d’un blanc sale; et cette dernière couleur se retrouve encore à l’extrémité de la queue et des ailes. Dans l’individu que j’ai observé, le bec et les pieds étoient d’un brun foncé, le dessous du corps plus rembruni , et le bec intérieur plus renflé que dans la figure; enfin les plumes de la gorge se portant en avant , formoient une espèce de barbe à l’oiseau.

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