LE CASSE-NOIX
Une des raisons qui les empêchent de rester et de se perpétuer dans les bons pays, c’est, dit-on, que, comme ils causent un grand préjudice aux forêts en perçant les gros arbres à la manière des pics , les propriétaires leur font une guerre continuelle, de manière qu’une partie est bientôt détruite, et que l’autre est obligée de se réfugier dans des forêts escarpées, où il n’y a point de garde -bois.
Celle habitude de percer les arbres n’est pas le seul trait de ressemblance qu’ils ont avec les pics ; ils nichent comme eux dans des trous d’arbres, et peut-être dans les trous qu’ils ont faits eux-mêmes : car ils ont, comme les pics, les pennes du milieu de la queue usées par le bout; ce qui suppose qu’ils grimpent aussi comme eux sur les arbres ; en sorte que si on vouloit conserver au casse-noix la place qui paroîl lui avoir été marquée par la nature , ce seroit entre les pics et les geais ; et il est singulier que Willughby lui ait donné précisément cette
place dans son Ornithologie , quoique la description qu’il en a faite n’indique aucun rapport entre cet oiseau et les pics.
Il a f iris couleur de noisette ; le bec , les pieds , et les ongles noirs ; les narines rondes, ombragées par de petites plumes blanchâtres , étroites, peu flexibles, et dirigées en avant; les pennes des ailes et de la queue noirâtres, sans mouchetures, mais seulement la plupart terminées de blanc, et non sans quelques variétés dans les différens individus et dans les différentes descriptions; ce qui semble confirmer l’opinion de M. Klein sur les deux races ou variétés qu’il admet dans l’espèce des casse-noix.
On ne trouve, dans les écrivains d’histoire naturelle, aucun détail sur leur ponte, leur incubation, l’éducation de leurs petits, la durée de leur vie c’est qu’ils habi-
tent , comme nous avons vu , des lieux inaccessibles , où ils sont , où ils seront longtemps inconnus , et d’autant plus en sûreté, d’autant plus heureux.
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LES ROLLIERS.
St l’on prend le rollier d’Europe pour type du genre , et que l’on choisisse pour son caractère distinctif, non pas une ou deux qualités superficielles, isolées, mais l’ensemble de ses qualités connues, dont peutêtre aucune en particulier ne lui est absolument propre, mais dont la somme et la combinaison le caractérisent, on trouvera qu’il v a un changement considérable à faire au dénombrement des espèces dont M. Brisson a composé ce genre , soit en écartant celles qui n’ont point assez de rapports avec notre rollier , soit en rappelant à la même espèce les individus qui ont bien quelques différences, mais moindres cependant que celles que l’on observe souvent entre le mâle et la femelle d’une même espèce, ou entre l’oiseau jeune et le même oiseau plus âgé, et encore entre l’individu habitant un pays chaud et le même individu transporté dans un pays froid , et enfin entre un individu sortant de la mue et le même individu ayant réparé ses pertes et refait des plumes nouvelles plus brillantes qu’auparavant.
D’après ces vues, qui me paroissenl fondées , je me crois en droit de réduire d’abord à une seule et même espèce le rollier d’Europe (planches enluminées, n° 486) et le
shaga-rag de Barbarie dont parle le docteur Shaw.
20 Je réduis de même à une seule espèce le rollier d’Abyssinie, n° 626, et celui du Sénégal, n° 326 , que M. Brisson ne paroît pas avoir connus.
3° Je réduis encore à une seule espèce le rollier de Mindanao, n° 285, celui d’Angola, n° 88, dont M. Brisson a fait ses deuxième et troisième roiliers , et celui de Goa , n° 627, dont M. Brisson n’a pas parlé: ces trois espèces n’en feront ici qu’une seule, par les raisons que je dirai à l’article des roiliers d’Angola et de Mindanao.
4° Je me crois en droit d’exclure du genre des roiliers la cinquième espèce de M. Brisson , ou le rollier de la Chine, parce que c’est un oiseau tout différent, et qui ressemble beaucoup plus au grivert de Cayenne, avec lequel je l’associerai sous la dénomination commune de voile ; et je les placerai tous deux avant les roiliers, parce ces deux espèces me paroissent faire la nuance entre les geais et les roiliers.
5° J’ai renvoyé aux pies le rollier des Antilles, qui est la sixième espèce de M. Brisson , et cela par les raisons que j’ai dites cidessus à l’article des pies. ,
LES ROLLIERS.
6° Je laisse parmi les oiseaux de proie l’ysquauthl-i , dont M. Brisson a fait sa septième espèce de rollier, sous le nom de voilier de la N ouvelle-Espagne , et dont j’ai donné l’histoire à la suite des aigles et des balbuzards. En effet , selon Fernandès , qui est l’auteur original, et selon Seba lui- même, qui l’a copié , c’est un véritable oiseau de proie , qui donne la chasse aux lièvres et aux lapins, et qui par conséquent est trèsdifférent des rolliers. Fernandès ajoute qu’il est propre à la fauconnerie , et que sa grosseur égale celle d’un bélier.
7° Je retranche encore le hoxetot ou roilie]1 jaune du Mexique, qui est le neuvième rollier de M. Brisson , et que j’ai mis à la suite des pies , comme ayant plus de rapports avec celte espèce qu’avec aucune autre.
Enfin j’ai renvoyé ailleurs l’ococolin de Fernandès, parles raisons exposées ci-dessus à l’article des cailles , et je ne puis admettre
dans le genre du rollier l’ococolin de Seba, très-différent de celui de Fernandès, quoiqu’il porte le même nom ; car il a la taille du corbeau, le bec gros et court, les doigts et les ongles très-longs , les yeux entourés de mamelons rouges , etc. 1 : en sorte qu’après cette réduction, qui me paroît aussi modérée que nécessaire, et en ajoutant les espèces ou variétés nouvelles , inconnues à ceux qui nous ont précédés, et même le trente-unièrne troupiale de M. Brisson, que je regarde comme faisant la nuance entre les rolliers et les oiseaux de paradis , il reste deux espèces de colles et sept espèces de rolliers avec leurs variétés.
i. Nouvel exemple de la liberté qu’a prise cet auteur d’appliquer les noms de certains oiseaux étrangers à d’autres oiseaux tout différens. On ne peut trop avertir les commençans de ces fréquentes méprises, qui tendent à faire un chaos de l’ornithologie.
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