LE COMMANDEUR
parmi les joncs. Ils savent en entrelacer les pointes pour faire une espèce de comble ou d’abri sous lequel ils établissent leur nid à une hauteur si juste et si bien mesurée, qu’il se trouve toujours au dessus des marées les lus hautes. Celte construction de nid est. ien différente de celle de notre premier troupiale, et annonce un instinct, une organisation, et par conséquent une espèce différente.
Fernandès prétend qu’ils nichent sur les arbres à portée des lieux habités. Cette espèce auroit-eîle des usages différens, selon les différens pays où elle se trouve?
Les commandeurs ne paraissent à la Louisiane que l'hiver, mais en si grand nombre, qu’on en prend quelquefois trois cents d’un seul coup de filet. On se sert pour cette chasse d’un filet de soie très-long et trèsétroit, en deux parties, comme le lilet d’alouette. « Lorsqu’on veut le tendre , dit M. Lepage Duprats, on va nettoyer un endroit près du bois; on fait une espèce de sentier dont la terre soit bien battue, bien unie; on tend les deux parties du filet des deux cotés du sentier, sur lequel on fait une traînée de riz ou d’autre graine, et l’on va . de là se mettre en embuscade derrière une broussaille où répond la corde du tirage ;
; quand les volées de commandeurs passent au \ dessus, leur vue perçante découvre l’appàl ; fondre dessus et se trouver pris n’est l’affaire que d’un instant; on est contraint de les assommer, sans quoi il serait impossible i d’en ramasser un si grand nombre. » Au i reste, on ne leur fait la guerre (pie comme à «des oiseaux nuisibles : car, quoiqu’ils prennent ‘.quelquefois beaucoup de graisse , dans au- |cun cas leur chair n’est un bon manger; ‘i nouveau trait de conformité avec nos étour- I neaux d’Europe.
J’ai vu chez M. l’abbé Aubri une variété ade cette espèce, qui avoit la tète et le haut ■du cou d’un fauve clair : tout le reste du «plumage éloit à l’ordinaire. Cette première ivariété semble indiquer que l’oiseau repréjjsenté dans nos planches enluminées, n° 343,
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sous le nom de cctrouge de Cayenne , en est une seconde, laquelle ne diffère de la première que par la privation des marques rouges des ailes ; car elle a tout le reste du plumage de même : à peu près même grosseur, mêmes proportions; et la différence des climats n est pas si grande , qu’on ne {misse aisément supposer que le même oiseau peut s’habituer également dans tous les deux.
Il ne faut que jeter un coup d’œil de comparaison sur les planches enluminées, n°4o?. et n° a36, fig. 2, pour se persuader que foiseau représenté dans cêtte dernière sous le nom de troupiale de Cayenne n’est qu’une seconde variété de l’espèce représentée , n° 4<>2, sous le nom de troupiale a ailes rouges de la Louisiane , qui est notre commandeur : c’est à peu près la même grosseur, la même forme, les mêmes proportions, les mêmes couleurs distribuées de même, excepté (pie, dans le n° 236, le rouge colore non seulement la partie antérieure des ailes, mais la gorge , le devant du cou , une partie du ventre, et même l’iris.
Si l’on compare ensuite cet oiseau du n° 236 avec celui représenté n° 536 , sous le nom de troupiale de la Quia ne , on jugera tout aussi sûrement que le dernier est une variété d’àge ou de sexe du premier, dont ii ne différé que comme la femelle troupiale différé du mâle, c’est-à-dire par des couleurs plus foi blés ; toutes ses plumes rouges sont bordées de blanc , et les noires, ou plutôt les noirâtres, sont bordées de gris clair, en sorte que le contour de chaque plume se dessine très-nettement, et que l’oiseau paraît comme s’il éloit couvert d’écailles; c est d’ailleurs la même distribution de couleurs, même grosseur, même climat , etc. I! est impossible de trouver des rapports aussi détaillés entre deux oiseaux d'espèces différentes.
J’ai appris que ceux-ci fréquentoient ordinairement les savanesdans l'ile de Cayenne, qu’ils se tenoient volontiers sur les ai bustes, et que quelques-uns leur donuoient le nom de cardinal.
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LE TROUPIALE NOIR.
Le plumage noir de cet oiseau lui a valu les noms de corneille, de merle, et de chou- \zas : cependant il n’est pas aussi profondément noir, d’un noir aussi uni formé qu’on 1 ’a dit ; car, à certains jours , ce noir paraît
Buffon. VU.
changeant , et jette des reflets verdâtres , principalement sur la tête et sur la partie supérieure du corps, de la queue, et des ailes.
Ce troupiale, n° 534, est environ de la