LE COMMANDEUR
C’est ici le véritable acolchi de Fernandès; il doit son nom de commandeur à la belle marque rouge qu’il a sur la partie antérieure de l’aile, et qui semble avoir quelque rapport avec la marque d’un ordre de chevalerie : elle fait ici d’autant plus d’effet , qu’elle se trouve comme jetée sur un fond d’un noir brillant et lustré; car le noir est la couleur générale non seulement du plumage , mais du bec, des pieds, et des ongles : il y a cependant de légères exceptions à faire; l’iris des yeux est blanc, et la base du bec est bordée d’un cercle rouge fort étroit ; le bec est aussi quelquefois plutôt brun que noir, suivant Albin. Au reste, la vraie couleur de la marque des ailes n’est pas d’un rouge décidé, selon Fernandès, mais d’un rouge affoibli par une teinte de roux , qui prévaut avec le temps , et devient à la fin la couleur dominante de cette tache : quelquefois même ces deux couleurs se séparent de manière que le rouge occupe la partie antérieure et la plus élevée de la tache, et le jaune la partie postérieure et la plus basse. Mais cela est-il vrai de tous les individus, et n’aura-t-on pas attribué à l’espèce entière ce qui ne convient qu’aux femelles ? On sait qu’en effet dans celles-ci la marque des ailes est d’un rouge moins vif : outre cela, le noir de leur plumage est mêlé de gris; et elles sont aussi plus petites.
Le commandeur, n° 402 , est à peu près de la grosseur et de la forme de l’étourneau ; il a environ huit à neuf pouces de longueur de la pointe du bec au bout de la queue , et treize à quatorze pouces de vol ; il pèse trois onces et demie.
Ces oiseaux sont répandus dans les pays* froids comme dans les pays chauds; on lestrouve daus la Virginie, la Caroline, la. Louisiane, le Mexique , etc. Us sont propreset particuliers au Nouveau -Monde , quoiqu’on en ait tué un dans les environs de< Londres; mais c’étoit sans doute un oiseau privé qui s’étoit échappé de sa prison. Ils se privent en effet très-facilement, apprennent à parler, et se plaisent à chanter et à jouer, soit qu’on les tienne en cage, soit qu’on les laisse courir daus la maison ; car ce sont des oiseaux très-familiers et fort actifs.
L’estomac de celui qui fut tué près de Londres ayant été ouvert, 011 y trouva des débris de scarabées, de cerfs-volans, et de ces petits vers qui s’engendrent dans les chairs; cependant leur nourriture de prefé rence en Amérique c’est le froment , !t maïs, etc., et ils en consomment beaucoup. Ces redoutables consommateurs vont orcii nairement par troupes nombreuses, et sc joignant , comme font nos étourneaux d'Europe, à d’autres oiseaux non moins nombreux et non moins destructeurs, tels quet les pies de la Jamaïque , malheur aux mois sons, aux terres nouvellement eusemencées-s sur lesquelles tombent ces essaims affamés!mais ils ne font nulle part tant de dommages que dans les pays chauds et sur les côtes de la mer.
Quand on tire sur ces volées combinées, il tombe ordinairement des oiseaux de plusieurs espèces , et avant qu’011 ait rechargé, il en revient autant qu’auparavant.
Catesby assure qu’ils font leur ponte, dans la Caroline et la Virginie, toujours s