‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 276 sur 361 · M. le docteur Lottinger · texte numérisé non relu

M. le docteur Lottinger

abondent : il semble même qu’elles en près sentent la cessation ; car les chasseurs et les habitans de la campagne sont dans l’opinion que tant qu’elles se font entendre l’hiver n’est pas encore passé. Elles se retirent l’été dans les pays du Nord , où elles font leur poule , et où elles trouvent du genièvre en abondance. Frisch attribue à cette nourriture le bon goût qu’il reconnoît dans leur chair. J’avoue qu’il ne faut point disputer des goûts ; niais au moins puis-je dire qu’en Bourgogne cette grive passe pour un manger assez médiocre , et qu’en général le fumet que communique le genièvre est mêlé de quelque amertume. D’autres prétendent que la chair de la litorne n’est jamais meilleure ni plus succulente (pie dans le temps où elle se nourrit de vers et d’insectes.

La litorne a été connue des anciens sous le nom de iurdus pilaris , non point parce que de tout temps elle s’est prise au lacet , comme le dit M. Salerne, car cette propriété ne l’auroit point distinguée des autres espèces, qui toutes se prennent de même, mais parce qu’elle a autour du bec des espèces de poils ou de barbes noires qui viennent en avant , et qui sont plus longues que dans la grive et la draine. Il faut ajouter qu’elle a la serre très-forte , comme l’ont remarqué les auteurs de la Zoologie, britannique. Frisch rapporte que lorsqu’on met les petits de la draine dans le nid de la litorne, celle-ci les adopte, les nourrit et les élève comme siens : mais je ne conclurais point de cela seul, comme fait M. Frisch , qu’on peut espérer de tirer des mulets du mélange de ces deux espèces ; car on ne s’attend pas sans doute à voir éclore une race nouvelle du mélange de la poule et du canard , quoiqu’on ait vu souvent des couvées entières de canetons menées et élevées par une poule.

Variété de la Litorne.

La litorne pie ou tachetée. Elle est eu effet variée de blanc, de noir et de plusieurs autres couleurs distribuées de manière qu’excepté la tète et le cou , qui sont blancs tachetés de noir, et la queue, qui est toute noire , les couleurs sombres régnent sur la partie supérieure du corps , avec des taches blanches ; et , au contraire , les couleurs claires, et surtout le blanc, sur la partie inférieure , avec des mouchetures noires , dont la plupart ont la forme de petits croissans. Cette litorne est de la grosseur de l’espèce ordinaire.

On doit rapporter à cette variété la litorne

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