GRIVELETTE DE SAINT-DOMINGUE
Cette grive, n° 398 , fig. 1 , est voisine, pour la petitesse , de la grivette d’Amérique, et elle est encore plus petite ; elle a la tète ornée d’une espèce de couronne ou de calotte d’un orangé vif et presque rouge.
L’individu qu’a dessiné M. Edwards diffère du nôtre en ce qu’il n’est point du tout grivelé sous le ventre. Il avoit été pris au mois de novembre 1701, sur mer, à huit ou dix lieues del’ile de Saint-Domingue; ce qui donna l’idée à M. Edwards que c’étoit un de ces oiseaux de passage qui quittent chaque année le continent de l’Amérique septentrionale aux approches de l’hiver, et partent du cap de la Floride pour aller passer cette saison dans des climats plus doux. Cette conjecture a été justifiée par l’observation; car M. Bartram a mandé ensuite à M. Edwards que ces oiseaux arrivoient en Pensylvanic au mois d’avril, et qu’ils y demeuroient tout l’été : il ajoute que la femelle bâtit son nid à terre , ou plutôt dans des tas de feuilles sèches , ou elle fait une espèce d’excavation en manière de four; qu’elle le matelasse avec de l’herbe ; qu’elle l’établit toujours sur le penchant d’une montagiip , à l’exposition du midi , et qu’elle y pond cinq œufs blancs mouchetés de brun. Cette différence dans la couleur des œufs , dans celle du plumage , dans la manière de nicher à terre et non sur les arbres, quoique les arbres ne manquent point , semble indiquer une nature fort différente de celle de nos grives d’Europe.