LE MOQUEUR FRANÇOIS
Parmi les oiseaux d’Amérique appelés moqueurs , c’est celui-ci , n° 645, qui ressemble le plus à nos grives par les grivelures ou mouchetures de la poitrine : mais il en diffère d’une manière assez marquée par les proportions relatives de la queue et des ailes, celles-ci, dans leur état de repos, finissant presque où la queue commence.
La queue a plus de quatre pouces de longueur, c’est-à-dire plus du tiers de la longueur totale de l’oiseau, qui n’est que de douze pouces. Sa grosseur est moyenne entre celle de la draine et de la litorne. Il a les yeux jaunes, le bec noirâtre, les pieds bruns, et tout le dessus du corps du même roux que le poil du renard , cependant avec quelque mélange de brun : ces deux couleurs régnent aussi sur les pennes des ailes , mais séparément; savoir, le roux sur les barbes extérieures, et le brun sur les inté-
rieures. Les grandes et les moyennes couvertures des ailes sont terminées de blanc ; ce qui forme deux traits de cette couleur qui traversent obliquement les ailes.
Le dessous du corps est blanc sale , tacheté de brun obscur ; mais les taches sont plus clairsemées que dans le plumage de nos grives : la queue est étagée , un peu tombante , et entièrement rousse. Le ramage du moqueur françois a quelque variété; mais il n’est pas comparable à celui du moqueur proprement dit.
Il se nourrit ordinairement du fruit d’une sorte de cerisier noir, fort différent de nos cerisiers d’Europe, puisque ces fruits sont disposés en grappes. Il reste toute l’année à la Caroline et à la Yirginie; et par conséquent il n’est pas , au moins dans ces contrées , un oiseau de passage : nouveau trait de dissemblance avec nos grives.
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