‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 297 sur 361 · LE MERLE A PL · texte numérisé non relu

LE MERLE A PL

core bien connus; on sait seulement qu’en général il suit les chaînes des montagnes, sans néanmoins tenir de routebien certaine l. On n’en voit guère paroitre aux environs de Montbard que dans les premiers jours d’octobre ; ils arrivent alors par petits pelotons de douze ou quinze, et jamais en grand nombre : il semble que ce soit quelques familles égarées qui ont quitté le gros de la troupe. Ils rest lit rarement plus de deux ou trois semaines , et la moindre gelée suffit alors pour les faire disparoitre : cependant je ne dois point dissimuler que M. Klein nous apprçnd qu’on lui a apporté de ces oiseaux vivans pendant l’hiver. Ils repassent vers le mois d’avril ou de mai , du moins en Bourgogne, en Brie 2, et même dans la Silésie et la Frise, selon Gesner.

Il est très-rare que ces merles habitent les plaines dans la partie tempérée de l’Europe : néanmoins M. Salerne assure qu’on a trouvé de leurs nids en Sologne et dans la forêt d’Orléans ; que ces nids étoienl faits comme ceux du merle ordinaire ; qu’ils contenoient cinq œufs de même grosseur, de même couleur, et ( ce qui s’éloigne des habitudes du merle ) que ces oiseaux nichent contre terre, au pied des buissons, d’où leur vient apparemment le nom de merles terriers ou buissonniers. Ce qui paroi l sur, c’est qu’ils sont très-communs, en certains temps de l’année, sur les hautes montagnes de la Suède , de 1 Écosse , de l’Auvergne, de la Savoie, de la Suisse, de la Grèce, etc. ; il y a même apparence qu’ils sont répandus en Asie, en Afrique , et jusqu’aux Açores, car c’est à cette espèce voyageuse, sociale, ayant du blanc dans son plumage, et se tenant sur les montagnes, que s’applique naturellement ce que dit Tavernier des volées de merles qui passent de temps en temps sur les frontières de la Médie et de l’Arménie, et délivrent le pays des sauterelles , comme aussi ce que dit M. Adanson de ces merles noirs tachetés de blanc qu il a vus sur les sommets des montagnes de l’île Payai, se tenant par compagnies sur les arbousiers , dont ils mangeoient le fruit en jasant continuellement.

1. II ne se montre pas tous les ans en Silésie , selon Schwenckfeld ; et c’est la même chose dans certains cantons de la Bourgogne.

2. M. Hchert m’assure qu’en Brie, où il a beaucoup chassé eu toute saison , il a tué grand nombre de ces merles dans les mois d’avril et de mai , et qu’il ne lui est jamais arrive d’en rencontrer au mois d’octobre. En Bourgogne» au contraire, ils semblent être moins rares en automne qu’au printemps.

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