‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 298 sur 361 · ASTRON BLANC · texte numérisé non relu

ASTRON BLANC

Ceux qui voyagent en Europe se nourrissent aussi de baies. M. Willughby a trouvé dans leur estomac des débris d’insectes e! des baies semblables à celle du groseillier ; mais ils aiment de préférence celles de lierre et les raisins. C’est dans le temps de la vendange qu’ils sont ordinairement le plus gras, et que leur chair devient à la fois savoureuse et succulente.

Quelques chasseurs prétendent que ces merles attirent les grives, et que, lorsqu'on peut en avoir de vivans, on ait de trèsbonnes chasses de grives au lacet ; 011 a aussi remarqué qu’ils se laissent plus aisément approcher que nos met les communs , quoiqu’ils soient plus difficiles à prendre dans les pièges.

J’ai trouvé, en les disséquant , la vésicule du fiel oblongue , fort petile, et par conséquent fort dt fl" rente de ce que dit Willughby ; tuais I on sait combien la forme et la situation des parties molles sont sujettes à varier dans l'intérieur des animaux : le ventricule étoil musculeux, sa membrane interne ridée à l’ordinaire et sans adhérence; dans cette membrane, je vis des débris de grains de genievre, et rien antre chose : le canal intestinal, mesuré entre ses deux orifices extrêmes, avoit environ vingt pouces ; le ventricule ou gésier se trouvoit placé entre le quart et le cinquième de sa longueur : enfin j’aperçus quelques vestiges de cæcum, dont l’un paraissoit double.

Variétés du Merle à plastron.

Les merles blancs , ou tachetés de blanc. J’ai dit que la plupart de ces variétés de voient se rapporter à l'espèce du plastron blanc : en effet, Aristote, qui connotssoit les merles blancs, en fait une espèce distincte du merle ordinaire, quoique ayant la même grosseur et le même cri; mais il savoit bien qu’ils n’avoient pas les mêmes habitudes, et qu’ils se plaisoient dans les pays monltteux. Belott ne reconnoit mm plus d autres différences entre les deux especes que celle du plumage et celle de I instinct qui attache le merle blanc aux montagnes. On le trouve , en effet, non seulement sur celles d’Arcadie, de Savoie , et d’Auvergne, nuiis encore sur celles de Silésie, sur les Alpes, l’Apennin, etc. Or cetie disparité d’instinct par laquelle le merle blanc s’éloigne delà nature du merle ordinaire est un trait de conformité par lequel il se rapproche de celle du

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