LE MERLE DE ROCHE
Le nom qu’on a donné à cet oiseau , u° 562 , indique assez les lieux où il faut le chercher : il habite les rochers et les montagnes ; on le trouve sur celles de Bugey et dans les endroits les plus sauvages. Il se pose ordinairement sur les grosses pierres, et toujours à découvert : il est très-rare qu’il se laisse approcher à la portée du fusil ; dès qu’on s’avance un peu trop , il part et va se poser à une juste distance sur une autre pierre située de manière qu’il puisse dominer ce qui l’environne. Il semble qu’il n’est sauvage que par défiance, et qu’il connoît tous les dangers du voisinage de l’homme. Ce voisinage a cependant moins de dangers pour lui que pour bien d’autres oiseaux : il ne risque guère (pie sa liberté; car, comme il chante bien naturellement
et qu’il est susceptible d’apprendre a cbanter encore mieux, on le recherche bien moins pour le manger, quoiqu’il soit un fort bon morceau, que pour jouir de son chant, qui est doux , varié et fort approchant de celui de la fauvette : d’ailleurs il a bientôt fait de s’approprier le ramage des autres oiseaux , et même celui de notre musique. Il commence tous les jours à se faire entendre un peu avant l’aurore, qu’il annonce par quelques sons éclataus, et il fait de même au coucher du soleil. Lorsqu’on s’approche de sa cage au milieu de la nuit avec une lumière, il se met aussitôt à chanter; et pendant la journée, lorsqu’il ne chante point, il semble s exercer à demi-voix, et préparer de nouveaux airs.
l’ar une suite de leur caractère défiant,