‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 312 sur 361 · OU MERLE A COLLIER D*AMÉR1QUE · texte numérisé non relu

OU MERLE A COLLIER D*AMÉR1QUE

Une marque noire en forme de fer à cheval , qui descend sur la poitrine de cet oiseau, et une bande de même couleur sortant de chaque côté de dessous son œil pour se jeter en arrière , sont tout ce qu’il y a de noir dans son plumage ; et la première de ces taches, par sa forme déterminée, m’a paru ce qu’il y avoit de plus propre à caractériser cette espèce , c’est-à-dire à la distinguer des autres merles à collier. Ce fer à cheval se dessine sur un fond jaune, qui est la couleur de la gorge et de tout le dessous du corps , et qui reparoît encore entre le bec et les yeux ; le brun règne sur la tète et derrière le cou , et le gris clair sur les côtés ; outre cela , le sommet de la tète est marqué d’une raie blanchâtre; tout le dessus du corps est gris de perdrix; les pennes des ailes et de la queue sont brunes, avec quelques taches roussâtres 1 2 ; les pieds sont bruns et fort longs, et le bec, qui est presque noir, a la forme de celui des merles. Cet oiseau a encore cela de commun avec eux , qu’il chante très-bien an printemps, quoique son chant ait peu d’étendue. Il ne se nourrit presque (pie de menues graines qu’il trouve sur la terre 3, en quoi il ressemble aux alouettes; mais il est beaucoup plus gros, plus gros même que notre merle, et il n’a point l’ongle postérieur allongé comme les alouettes. Il se perché sur la cime des arbrisseaux , et l’on a remarqué qu’il avoit dans la queue un mouvement fort brusque de bas en haut. A vrai dire , ce n’est ni une alouette ni un merle ; mais, de tous les oiseaux d’Europe, celui avec .qui il semble avoir le plus de rapport c’est notre merle ordinaire. Il se trouve non seulement dans la Virginie et la Caroline, mais dans presque tout le continent de l’ Amérique 4.

Le sujet qu’a observé Catesby pesoit trois onces et un quart; il avoit dix pouces de la pointe du bec au bout des ongles , le bec long de quinze lignes, et les pieds de dixlmit; ses ailes dans leur repos s’étendoient à la moitié de la queue.

2. M. Linnæus dit que les trois pennes latérales de la queue sont blanches en partie.

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