‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 315 sur 361 · LE PLASTRON NOIR DE CE Y LAN · texte numérisé non relu

LE PLASTRON NOIR DE CE Y LAN

Je donne un nom particulier à cet oiseau, parce que ceux qui l’ont vu ne sont pas d’accord sur l’espèce à laquelle il appartient. M. Brisson en a fait un merle , et M. Edwards une pie ou une pie-grièche. Pour moi , j’en fais un plastron noir, en attendant que ses moeurs et ses habitudes , mieux connues, mettent en état de le rapporter à ses véritables analogues européens. Il est plus petit que le merle , et il a le bec plus fort à proportion; sa longueur totale est d’environ sept pouces et demi , son vol de onze , sa queue de trois et demi , son bec de douze à treize lignes, et son pied de quatorze; ses ailes dans leur repos vont au delà du milieu de la queue , qui est un peu étagée.

Le plastron noir, n° 272, par lequel cet oiseau est caractérisé , fait d’autant plus d’effet qu’il est contigu par en haut et par en bas à une couleur plus claire; car la gorge, et tout le dessous du corps sont d’un jaunet assez vif. Des deux extrémités du bord supérieur de ce plastron , partent comme deux cordons de même couleur, qui d’abord , s’élevant de chaque côté vers la tète, servent de cadre à la belle plaque jaune orangée de la gorge , et qui , se courbant ensuite poui passer au dessous des yeux , vont se termi 11er et en quelque manière s’implanter à h base du bec ; deux sourcils jaunes , quul prennent naissance tout proche des narines.' embrassent l’œil par dessus , et , se trouvanni en opposition avec les espèces de cordon noirs qui l’embrassent par dessous , donnen encore du caractère à la physionomie. Tout la partie supérieure de cet oiseau est olivâ tre ; mais cette couleur semble ternie pa un mélange de cendré sur le sommet de 1 tèle , et elle est au contraire plus éclatant sur le croupion et sur le bord extérieur de pennes de l’aile ; les plus grandes de ce pennes sont terminées de brun ; les deu intermédiaires de la queue sont d’un 'ci olive comme tout le dessus du corps, t

Le plastron

es dix latérales sont noires , terminées de iaune.

La femelle n’a ni la plaque noire de la loitrine, ni les cordons de même couleur ui semblent lui servir d’attaches ; elle a la ■orge grise , la poitrine et le ventre d’un nuiie verdâtre , et tout le dessus du corps de ? même couleur, mais plus foncée. En gééial , cette femelle ne dilfere pas beaucoup e l’oiseau représenté dans les planches en- |i minées , n° 358, sous le nom de merle à Rentre orangé du Sénégal.

| Brisson a donné le plastron noir dont t s agit dans cet article comme venant du ; p de Bonne- Espérance , et il en venoit j rlainement , puisqu’il en avoit été rap- »i'té par M. l’abbé de La Caille; mais, s’il laut croire M. Edwards, il venoit encore plus loin, et son véritable climat est 'l e de Ceylan. M. Edwards a été à portée prendre des informations exactes à ce » jet de M. Jean Gédéon Lolen, qui avoit 3! gouverneur de Ceylan , et qui , à son our des Indes, fit présent à la Société ^/ale de plusieurs oiseaux de ce pays , irmi lesquels était un plastron noir. M. Edrds ajoute une réflexion trcs-juste, que déjà prévenue dans les volumes précé- 3 ls^et qu’il ne sera pas inutile de répéter 3 , c est que le cap de Bonne- Espérance [M 1111 point de partage où les vaisseaux yndent de toutes parts, on doit y trouver £ marchandises , par conséquent des oii ix de tous les pays , et que très-souvent \ se trompe en supposant que tous ceux l‘ viennent de cette cote eu sont origii ’es. Cela explique assez bien pourquoi ü a dans les cabinets un si grand nombre i seaux et d autres animaux soi-disant du Il de Bonne-Espérance.

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