‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 355 sur 361 · LE MAINATE DES INDES ORIENTALES · texte numérisé non relu

LE MAINATE DES INDES ORIENTALES

Il suffit de jeter un coup d’œil de comparaison sur cet oiseau étranger pour sentir cpi’on doit le séparer du genre des merles , des grives , des étourneaux , et des choucas, avec lesquels il a élé trop légèrement associé, pour le rapprocher du goulin des Philippines, et surtout du marlin, lesquels sont du même pays, ont le bec de même, et des parties nues à la tète comme lui. Cet oiseau n’est guère plus gros qu’un merle ordinaire; son plumage est noir partout, mais d’un noir plus lustré sur la partie supérieure du corps , sur la gorge , les ailes , la queue , et dont les rellels jouent entre le vert et le violet. Ce que cet oiseau a de plus remarquable c’est une double crête jaune irrégulièrement découpée , qui prend naissance de chaque côté de la tète derrière l’œil : ces deux crêtes tombent en arrière en se rapprochant l’une de l’autre, et ne sont séparées sur l’occiput que par une bande de plumes longues et étroites qui part de la base du bec ; les autres plumes du sommet de la tête sont comme une espèce de velours noir. Le bec , qui a dix-huit lignes de long , est jaune ; mais il prend une teinte rougeâtre près de la base. Enfin les pieds sont d’un jaune orangé. Cet oiseau a la queue plus courte et les ades plus longues que : notre merle; celles-ci, qui, étant repliées, i s’étendent à un demi-pouce près de l’extréi mité de la queue , forment, étant déployées, une envergure de dix-huit à vingt pouces, i Laquelle est composée de douze pennes; i et parmi celles de l’aile c’est la première qui est la plus courte , et la troisième est la plus . longue.

Tel étoit le mainate que nous avons fait t représenter dans les planches enluminées ,

: n° 268; mais il ne faut pas dissimuler que i cette espèce est fort variable , non seulement dans ses couleurs, mais dans sa taille et dans la forme même de cette double crête qui le caractérise , et qu’on peut compter presque autant de variétés qu’il y a eu de descriptions. Avant d’entrer dans le détail de ces variétés , je dois ajouter que le mainate a beaucoup de talent pour siffler, pour chanter, et pour parler, qu’il a même la 1 Prononciation plus franche que le perroquet iommé l’oiseau parleur par excellence, et ju il se plaît à exercer son talent jusqu’à importunité.

Variétés du Mainate,

Le mainate de M. Brisson diffère du nôtre en ce qu’il a sur le milieu des premières pennes de l’aile une tache blanche qui ne paroît pas dans notre figure enluminée, soit qu’elle n’existât point en effet dans le sujet qui a servi de modèle, soit qu’étant cachée, sous les autres pennes, elle ait échappé au dessinateur. On peut remarquer que la côte de ces premières pennes est noire , même à l’endroit de la tache blanche qui les traverse.

Le mainate de Bontius avoit le plumage bleu de plusieurs teintes, et par conséquent un peu différent du plumage du nôtre, qui est noir avec des reflets bleus, verts, violets, etc. Une autre différence très-remarquable, c’est que ce fond bleu étoit semé de mouchetures semblables à celles de l’étourneau, quant à leur forme et à leur distribution , mais non quant à la couleur; car Bontius ajoute qu’elles sont d’un gris cendré.

Le petit mainate de M. Edwards avoit sur les ailes la tache blanche de celui de M. Brisson ; mais ce qui le différencie d'une manière assez marquée , c’est que ses deux crêtes s’unissant derrière l’occiput, lui formoient une demi-couronne qui embrassoit le derrière de la tète d’un œil à l’autre. M. Edwards en a disséqué un qui se trouva femelle; il laisse à décider si, malgré la disproportion de la taille , on doit le regarder comme la femelle du suivant.

Le grand mainate de M. Edwards a la même conformation de crête que son petit mainate, dont il ne diffère que par la taille et par de très-légères variétés de couleurs. U est à peu près de la grosseur du geai, par conséquent double du précédent, et le jaune

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VARIÉTÉS DU MAINATE.

du bec et des pieds est franc , sans aucune teinte de rougeâtre. On ne dit pas que la crête de tous ces mainates soit sujette à

changer de couleur selon les différentes saisons de l’année et selon les différens mouvemens dont ils sont agités.

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