‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 356 sur 361 · LE GOULIN · texte numérisé non relu

LE GOULIN

Il y a au Cabinet du Roi deux individus de cette espèce : tous deux ont le dessus du corps d’un gris clair argenté, la queue et les ailes plus rembrunies, les yeux environnés d’une peau absolument nue, formant un ovale irrégulier couché sur son côté , et dont l’œil occupe le foyer intérieur; enfin sur le sommet de la tète une ligne de plumes noirâtres qui court entre ces deux pièces de peau nue : mais l’un de ces oiseaux est beaucoup plus grand que l’autre. Le plus grand est à peu près de la grosseur de notre merle : il a le dessous du corps brun, varié de quelques taches blanches ; la peau nue qui emironne les yeux, couleur de chair; le bec, les pieds, et les ongles, noirs. Le plus petit a le dessous du corps d’un brun jaunâtre, les parties chauves de la tète jaunes, ainsi que les pieds, les ongles, et la moitié antérieure du bec. M. Poivre nous apprend que cette peau nue, tantôt jaune, tantôt couleur de chair, qui environne les yeux , se peint d’un rouge décidé lorsque l’oiseau est en colère; ce qui doit encore avoir lieu , selon toute apparence , lorsqu’au printemps il est animé d’un sentiment aussi vif et plus doux. Je conserve à cet oiseau le nom de goulin , sous lequel il est connu aux Philippines, parce qu’il s’éloigne beaucoup de l’espèce du merle, non seulement par la nudité d’une partie de la tète , mais encore par la forme et la grosseur du bec.

M. Sonnerat a rapporté des Philippines

i. M. Brisson dit qu’il s’appelle coulin aux Philippines : comme il ne cite point d’autorités , j’ai cru devoir déférer à celle de Joseph-George Came!, qui a donné ses observations sur les oiseaux des Philippines dans les Transactions philosophiques , n° 285. il dit que le goulin est connu dans ces iles

un oiseau chauve qui a beaucoup de rapport avec celui représenté dans les planches enluminées, n° 200, mais qui en différé par sa grandeur et par son plumage. U a près d’un pied de longueur totale. Les deux pièces de peau nue qui environnent ses yeux sont couleur de chair , el séparées sur le sommet de la tète par une ligue de plumes noires qui court entre-deux ; toutes les autres plumes qui entourent cetle peau nue sont pareillement d’un beau noir , ainsi que le dessous du corps, les ailes, et laquelle. Le dessus du corps est gris : mais cette couleur est plus claire sur le croupion et le cou, plus foncée sur le dos et les flancs. Le bec est noirâtre, les ailes sont Irès-courtes , et excèdent a peine l’origine de la queue. Si les deux merles chauves qui sont au Cabinet du Roi appartiennent à la même espèce, il faut regarder le plus grand comme un jeune individu qui n’avoit pas encore pris son entier accroissement ni ses véritables couleurs, et le plus petit comme un individu encore plus jeune.

Ces oiseaux nichent ordinairement dans des trous d’arbre , surtout de l’arbre qui porte les cocos : ils vivent de fruits et sont très-voraces ; ce qui a donné lieu à l’opinion vulgaire, qu’ils n’ont qu’un seul intestin, lequel s’étend en droile ligne de l’orifice de l’estomac jusqu’à l’anus , et par où la nourriture ne lait que passer.

sous les noms d ’iling, ou d’il/ing, et de tabaduru; il ajoute que c’est une espèce de pa/acaca , el son pa/acaca est un grand pic. Il peut se tromper dans cette dernière assertion ; mais on ne peut guère douter que son gu/m ou goulin ne soit le même oiseau dont il s’agit ici.

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