LE HOBEREAU
Le hobereau est bien plus petit que le faucon et en diffère aussi par les habitudes naturelles. Le laucon est plus fier, plus vif et plus courageux ; il attaque des oiseaux beaucoup plus gros que lui. Le hobereau est plus lâche de son naturel; car, à moins qu’il ne soit dressé , il ne prend que les alouettes et les cailles ; mais il sait compenser ce défaut de courage et d’ardeur par son industrie. Dès qu’il aperçoit un chasseur et son chien, il les suit d’assez près ou plane au dessus de leurs têtes et tâche de saisir les
petits oiseaux qui s’élèvent devant eux : si le chien fait lever une alouette, une caille et que le chasseur la manque, il ne la manque pas. U a l’air de ne pas craindre le bruit et de lie pas connoître l’effet des armes à feu, car il s’approche de très-près du chasseur, qui le tue souvent lorsqu’il ravit sa proie. Il fréquente les plaines voisines des bois et surtout celles où les alouettes abondent; il en détruit un très-grand nombre, et elles commissent si bien ce mortel ennemi , qu’elles ne l’aperçoivent jamais sans le plus