‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 87 sur 361 · L’OUTARDE D’AFRIQUE · texte numérisé non relu

L’OUTARDE D’AFRIQUE

séquent examiné de près mie de ees autruches volantes, nous assure qu’elle ressemble à bien des égards à notre outarde d’Europe, mais qu’elle en diffère par la couleur du plumage, qui est généralement d’un gris cendré, par son cou , qui est beaucoup plus long , et par une espèce de huppe qu’elle a derrière la tète.

Cette huppe est sans doute ce que M. Linnæus appelle les oreilles , et cette couleur gris cendré est précisément celle de la femelle ; et comme ce sont là les principaux traits par lesquels l’outarde d’Afrique de M. Linnæus et l’autruche volante du Sénégal diffèrent de notre outarde d’Europe , on peut en induire, ce me semble, que ces deux oiseaux se ressemblent beaucoup : et par la même raison on peut encore étendre à tous deux ce qui a été observé sur chacun en particulier; par exemple, qu’ils ont à peu près la grosseur de notre outarde et le cou plus long. Cette longueur du cou dont parle M. Adanson est un trait de ressemblance avec l’outarde d’Arabie, cjui habite à peu près le même climat ; et l’on ne peut tirer aucune conséquence contraire du silence de M. Linnæus, puisqu’il n’indique pus une seule dimension de son outarde d’Afrique. A l’égard de la grosseur , Le Maire fait celle de l’autruche volante égale à celle du cygne, et M. Adanson à celle de l’outarde d’Europe, puisque ayant dit qu’elle lui ressembloit à bien des égards, et ayant indiqué les principales différences, il n’en établit aucune à cet égard; et comme d’ailleurs l’Ethiopie ou l’Abyssinie, qui est le pays de l’outarde d’Afrique, et le Sénégal, qui est celui de l’autruche volante, quoique fort éloignés en longitude, sont néanmoins du même climat, je vois beaucoup de probabilité à dire que ces deux oiseaux appartiennent à une seule et même espèce.

LE CHURGE,

OU l’oUTÀRDE MOYENNE DES INDES.

Celte outarde est non seulement plus petite que celle d’Europe, d’Afrique, et d’Arabie , mais elle est encore plus menue à proportion, et plus haut montée qu’aucune autre outarde : elle a vingt pouces de haut depuis le plan de position jusqu’au sommet de la tète ; son cou paroît plus court , relativement à la longueur de ses pieds : du reste elle a tous les caractères de l’outarde ; trois doigts seulement à chaque pied , et ces doigts

isolés; le bas de la jambe sans plumes; le bec un peu courbé, mais plus allongé; et je ne vois point par quelle raison M. Brisson l’a renvoyée au genre des pluviers.

Le caractère distinctif par lequel les pluviers diffèrent des outardes consiste, selon lui , dans la forme du bec, que celles-ci ont eu cône courbé , et ceux-là droit et renflé par le bout. Or l’outarde des Indes dont il s’agit ici a le bec plutôt courbé que droit, et ne l’a point renflé par le bout comme les pluviers; du moins c’est ainsi que S’a représenté M. Edwards dans une figure que M. Brisson avoue comme exacte : je puis meme ajouter qu’elle a le bec plus courbé et moins renflé par le bout que l’outarde d’Arabie de M. Edwards , dont la figure a paru aussi très-exacte à M. Brisson , et qu’il a rangée sans difficulté parmi les outardes.

D’ailleurs il ne faut que jeter les yeux sur la figure de l’outarde des ludes , et la comparer avec celle des pluviers, pour reconnoitre qu’elle en diffère beaucoup par le port total et par les proportions , avant le cou plus long, les ailes plus courtes, et la forme du corps plus développée : ajoutez à cela qu’elle est quatre fuis plus grosse que le plus gros pluvier, lequel n’a que seize pouces de long, du bout du bec au bout des ongles, au lieu qu’elle en a vingt-six *.

Le noir, le fauve, le blanc, et le gris, sont les principales couleurs du plumage, comme dans l’outarde d’Europe : mais elles sont distribuées différemment; le noir sur le sommet de la tète, le cou , les cuisses, et tout le dessous du corps; le fauve plus dansur les côtés de la tète et autour des veux, plus brun et mêlé avec du noir sur le dos, la queue, la partie des ailes la plus proche du dos, et au haut de la poitrine, où il forme comme une large ceinture sur un fond noir; le blanc sur les couvertures des ailes les plus éloignées du dos; le blanc mêlé de noir sur leur partie moyenne; le gris plus foncé sur les paupières , l’extrémité des plus longues pennes de l’aile 2 , de quelques-unes des moyennes , et des plus courtes , et sur quelques-unes de leurs couvertures; enfin le gris plus clair et presque blanchâtre sur le bec el les pieds.

Cet oiseau est originaire de Bengale , où on l’appelle churge, et où il a été dessiné

x . Cela ne contredit pas ce que j’ai dit ci-dessus, qu'elle avoit vingt pouces de haut depuis le plan de position jusqu’au sommet de la tête, pareequ’eu mesurant ainsi la hauteur, on ne lient compte ni de la longueur du bec, ni de celle des doigts.

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