QUI ONT RAPPORT AUX OUTARDES
TU LOHONG,
or i. 'outarde huppée d arabie.
L’oiseau que les Arabes appellent lohong, et que M. Edwards a dessiné et décrit le premier , est à peu près de la grosseur de notre grande outarde; il a , comme elle, trois doigts à chaque pied, dirigés de même, seulement un peu plus courts, les pieds , le bec et le cou plus longs, et paroi t en général modelé sur des proportions plus légères.
Le plumage de la partie supérieure du corps est plus brun, et semblable à celui de la bécasse, c’est-à-dire fauve, rayé de brun foncé, avec des taches blanches en forme de croissant sur les ailes; le dessous du corps est blanc , ainsi que le contour de la partie supérieure de l’aile; le sommet de la tête, la gorge , et le devant du cou , ont des raies transversales d’un brun obscur sur un fond cendré ; le bas de la jambe , le bec et les pieds sont d’un brun clair et jaunâtre ; la queue est tombante comme celle de la perdrix , et traversée par une bande noire : les grandes pennes de l’aile et la huppe sont de cette même couleur.
Celte huppe est un trait fort remarquable dans l'outarde d’Arabie, elle est pointue, dirigée en arrière, et fort inclinée à l’horizon ; de sa base, elle jette en avant deux lignes noires, dont l’une, plus longue, passe sur l’œil et lui forme une espèce de sourcil; l’autre, beaucoup plus courte, se dirige comme pour embrasser l’œil par dessous , mais n’arrive point jusqu’à l’œil, lequel est noir et placé au milieu d’un espace blanc.
En regardant cette huppe de profil et d’un peu loin, on croiroit voir des oreilles un peu couchées et qui se portent en arrière ; et , comme l’outarde d’Arabie a été sans doute plus connue des Grecs que la nôtre , il est vraisemblable qu’ils l’ont nommée oùs à cause de ces espèces d’oreilles, de même qu’ils ont nommé le duc otus ou otos à cause
de deux aigrettes semblables qui le distinguent des chouettes.
Un individu de cette espèce, qui venoit de Moka dans l’Arabie heureuse, a vécu plusieurs années à Londres dans les volières de M. Hans Sloane; et M. Edwards, qui nous en a donné la figure coloriée, ne nous a conservé aucun détail sur ses mœurs , ses habitudes , ni même sur sa façon de se nourrir 1 ; mais du moins il n’auroit pas dû la confondre avec les gallinacés, dont elle diffère par des traits si frappans , ainsi que je l’ai fait voir à l’article de l’outarde.
LOUTARDE D’AFRIQUE.
C’est celle dont M. Linnæus fait sa quatrième espèce : elle diffère de l’outarde d’Arabie par les couleurs du plumage; le noir y domine, mais le dos est cendré et les oreilles blanches.
Le mâle a le bec et les pieds jaunes, le sommet de la tète cendré, et le bord extérieur des ailes blanc ; mais la femelle est partout de couleur cendrée, à l’exception du ventre et des cuisses , qui sont noirs comme dans l’outarde des Indes.
Cet oiseau se trouve en Ethiopie , selon M. Linnæus; et il y a grande apparence que celui dont le voyageur Le Maire parle sous le nom d 'autruche volante du Sénégal n'est pas un oiseau différent : car, quoique ce voyageur en dise peu de chose , ce peu s’accorde en partie et ne disconvient en rien avec la description ci-dessous; selon lui, le plumage est gris et noir, sa chair, délicieuse ; et sa grosseur, à peu près de celle du cygne. Mais cette conjecture tire une nouvelle force du témoignage de M. Adanson : cet habile naturaliste ayant tué au Sénégal , et par con-
i. I,es Arabes lui donnent le nom de lohong , selon M. Edwards; nom qui ne se trouve point dans te texte anglois relatif à la planche xn , mais clans la traduction françoise, laquelle est avouéede l’auteur.