LE PETIT TETRAS A QU PUE PLEINE
J’/vx exposé, à l’article précédent, les raisons que j’avois de faire de ce petit tétras une espece . ou plutôt une race séparée. Gesner en parle sous le nom de coq de bois ( gailus sylvestris) , comme d’un oiseau qui a des barbillons rouges , et une queue pleine et non fourchue; il ajoute que le mâle sap- ! pelle coq noir an Ecosse , et la femelle poule grise ( grey ben). Il est vrai que cet auteur, prévenu de l’idée que le mâle et la femelle ne doivent pas différer, à un certain point , par la couleur des plumés, traduit ici le grey heu par galiina fnsea , poule rembrunie , afin de rapprocher de son mieux la i couleur des plumages; et qu’ensuite il se prévaut Je sa version infidèle pour établir que cette espèce est tout antre que ( elle de la poule moresque de Turner, par la raison que le plumage de cette poule moresque différé tellement de celui du mâle, qu’une personne peu au fait pourroit s’y mépren- 1 dre , et regarder ce mâle et celte femelle i) comme appartenant à deux especes diltén renies. E11 effet , le mâle est presque tout
noir, et la femelle de la même couleur à peu près (pie la perdrix grise : mais au fond c’est un nouveau Irait de conformité qui rend plus complète la ressemblance de cette espèce avec celle du coq noir d’Écossê ; car Gesner prétend en effet que ces deux espèces se ressemblent dans tout le res’e. Pour moi , la seule différence que j’y trouve c’est que le coq noir d’Écosse a de petites lâches rouges sur la poitrine, les ailes, et les cuisses : mais nous avons vu , dans l histoire du petit tétras à queue fourchue, què dans les six premiers mois les jeunes mâles, qui doivent devenir lout hoirs dans la suite, ont le plumage de leur mère, c’est-à-dire de la femelle; et il pourroit se faire que les petites lat lies rouges dont parle Gesner ne fussent qu’un reste de cette première livrée, avant qu’elle se filt changée entièrement en un noir pur et sans mélangé.
Je ne sais pourquoi M. Rrisson confond cette racé ou variété, cottiriaë il l’appelle, avec le tetrao pointillé de blanc de M. Linnæus, puisqu’un des caractères de ce letrao ,
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nommé en suédois rackldiane , est d’avoir la queue fourchue, el que d’ailleurs M. Linnæus 11e lui attribue point de barbillons, tandis que le tétras dont il s’agit ici a la queue pleine, selon la figure donnée par flesner, et tpie, selon sa description, il a des barbillons rouges à côté du bec.
Je ne \ois pas non plus pourquoi M. Brisson , contondant c< s deux races en une seule, n'en fait qu’une variété du petit le- Jras à queue fourchue , puisque indépendamment des deux diffciences que je \iens d'indiquer, M. Linnæus dit positivement (pie son tétras pointillé de blanc est plus rare et | lus sauvage, <t qu il a un cri tout autre; ce qui suppose, ce me semble, des différences plus caractérisées , plus profondes, (pie celles qui d ordinaire constituent une simple variété.
Il me parailroit plus raisonnable de sépa rer ces deux races ou especes de petits tétras, dont l'une, caractérisée par laqueue pleine et le-, barbillons rouges, comprend le
LE PETIT TETRAS A
Les grands tétras sont communs en Laponie, surtout lorsque la disette des fruits dont ils se nourrissent, ou bien l’excessive multiplication de l’espece, les oblige de quitter les forêts de la Suede et de la Scandinavie, pour se réfugier vers le Nord. Cependant on n'a jamais dit qu'on eût vu dans ces climats glacés de grands tétras blancs : les couleurs de leur plumage sont , par leur fixité et leur consistance, a l’épreuve de la rigueur du froid. Il en est de même des petits tétras noirs, qui sont au si communs en Courlande et dans le nord de la Pologne que les grands le sont en Laponie; mais le docteur Waygand, le jésuite Kzaczynski, et M. Klein, assurent qu’il y a en Courlande une autre espece de petit tétras, qu’il» appellent tétras blanc, quoiqu’il ne soit blanc qu’en hiver, et dont le plumage devient tous les ans en été d’un brun rougeâtre , selon le docteur Waygand , et d’un gris bleuâtre, selon Rzaezvnski. Ces variations ont lieu pour les mâles comme pour les lemelies: en sui te (pie, dans tous les temps, les iud vidus des deux vexes oui exactement les mêmes cnuh urs. fis ne se perchent poi I s r les arbre « comme tes aunes tétras, et il se