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hérissées , la queue étalée en éventail , faisant la rôtie, battant des ailes, bondissant assez fréquemment, et rappelant les femelles par un cri qui s’entend d’un demi-mille. Son cri naturel, par lequel il emble articuler le mot allemand f ait , monte de tierce dans cette circonstance , et il y joint un autre cri particulier, une espèce de roulement de gosier très-éclatant. Les femelles qui sont à portée répondent à la voix des mâles par un cri qui leur est propre : elles se rassemblent amour d eux , et reviennent très-exactement les jours suivans au même rendez-vous. Selon le docteur Waygand , chaque coq a deux ou trois poules auxquelles il est plus spécialement affectionné.
Lorsque les femelles sont fécondées, elles vont chacune de leur côté faire leur ponte dans les taillis épais et un peu élevés. Elles pondent par terre, et sans se donner beaucoup de peine pour la construction d’un nid, comme font tous les oiseaux pesans. Elles pondent six ou sept œufs , selon les uns ; de douze à seize, selon les autres; et douze à vingt, selon quelques autres : les œuf-, sont moins gros que ceux des poules domestiques, et un peu plus longuets. M. Linnæus assure que ces poules de bruyère perdent leur fumet dans le temps de l’incubation.
Sohwencklèld semble insinuer que le temps de leur ponte est dérangé depuis que ces oiseaux ont été tourmentés par les chasseurs et effrayés par les coups de fusil ; et il attribue aux mêmes causes la perte qu’a laite l’Allemagne de plusieurs autres belles especes d'oiseaux.
Des que les petits ont douze ou quinze jours , ils commencent déjà à battre des ailes et à s'essayer à voltiger ; mais ce n’est qu’au bout de cinq ou six semaines qu’ils sont en état de prendre leur essor et d aller se percher sur, les arbres avec 1 urs meres : c’est alors qu’on les attire avec un appem \ soit pour les prendre au filet , soit pour Ses tuer là coups de fusil; la mere , prenant le son contrefait de cet appeau pour le piaulement tde quelqu’un de ses petits qui s’est égaré, jaceourt et le rappelle p r un cri particulier quelle répété souvent, comme font en pareil cas nos poules domestiques, et elle jarnene à sa su. te le reste de la couvée , jqu’elle livre ainsi à la merci des chasseurs, t Quand les jeunes tétras sont un peu plus jgrands, et qu’ils commencent à prendre du
[ i. Cet appeau se fait avec r.n des os de faite ide l’autour, qu’on remplit en partie de cire , en ^ménageant des ouvertures propres à rendre le sou i demandé.
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noir dans leur plumage, ils ne se laissent pas amorcer si aisément de cette manière : mais alors , jusqu’à ce qu'ils rient pris la moitié de leur accroissement , on les chasse avec l’oiseau de proie. Le vrai temps de cette chasse est l’arrière-saison, lorsque les arbres ont quitté leurs feuilles; dans ce temps, les vieux mâles choisissent un certain endroit où ils se rendent tous les matins, au lever du soleil , en rappelant par un certain cri (surtout quand il doit geler ou faire beau temps) tous les autres oiseaux de leur espèce, jeunes et vieux , mâles et femelles. Lorsqu'ils sont rassemblés, ils volent en troupes sur les bouleaux , ou bien , s’il n’y a point de neige sur la terre, ils se répandent dans les champs qui ont porté l’été précédent du seigle, de l’avoine ou d’autres grains de ce genre; et c’est alors que les oiseaux de proie dressés pour cela ont beau jeu.
On a en Courlande, en Livonie et en Lithuanie, une autre manière de faite cette chasse : on se sert d’un tétras empaillé , ou bien on fait un tétras artificiel avec de l’étoffe de couleur convenable, bourrée de foin ou d’étoupe, ce qui s’appelle dans le pays une balvane ; on attache cette balvane au bout d’un bâton, et l’on fixe ce bâton sur un bouleau , à portée du lieu que ces oiseaux ont choisi pour leur tendez-vous d’amour; car c’est le mois d’avril, c’est-àdire le temps où ils sont en amour, que l’on prend pour faire cette chasse. Des qu'ils aperçoivent la balvane, ils se rassemblent autour d’elle, s’attaquent et se défendent d’abord comme par jeu ; mais bientôt ils s’animent et s’entre-ballent réellement, et avec tant de fureur, qu’ils ne voient ni n’entendent pins rien, et que le chasseur, qui est caché près de là dans sa butte, peut aisément les prendre, même sans coup férir.
Ceux qu’il a pris ainsi , il les apprivoise dans l espace de cinq ou six jours, au point de venir manger dans la main2. L’année suivante, au piinientps, on se sert de ces animaux apprivoisés, au lieu de balvanes, pour attirer les tétras sauvages qui viennent les attaqmr, et se battent avec eux avec tant d’acharnement , qu’ils ne s’éloignent point pour un coup de fusil. Ils rev ienuenf. tous les jours de très-grand malin au lieu du rendez-vous; ils y restent jusqu’au lever du
2. Le naturel des pptits tétras diffère beaucoup en ce point de celui des grands tétras , qui , loin de s’apprivoiser lorsqu’ils sont pris, refusent même de prendre de la nourriture, et s’étouffent quelquefois en avalant leur langue, comme on l’a vu dans leur histoire.
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soleil , apres quoi ils s’envolent et se dispersent dans les bois et les bruyères pour chercher leur nourriture. Sur les trois heures apres midi , i:s reviennent au même lin, et y restent jusqu’au soir assez tard. Ils se rassemblent ainsi tous les jours, surtout lorsqu’il l'ait beau, tant que dure la saison de l’amour, c’est-à-dire environ trois ou quatre semain.s; mais lorsqu'il l’ail mauvais temps, ils sont un peu plus retirés.
Les jeunes tétras ont aussi leur assemblée particulière et leur rendez- vous séparé , où ils se rassemblent par troupes de quarante ou cinquante , et où ils s’exercent à peu près comme les vieux; seulement ils oui la voix plus grêle , plus enrouée, et le son en est plus coupé : ils paroissent aussi sauter avec moins vie lib rté. Le temps de leur assemblée ne dure guère que huit jours, après quoi ils vont rejoindre les vieux.
Lorsque la saison Je l'amour est passée , comme ilss’assemblent moins régulièrement, il faut une nouvelle industrie pour les diriger uu coté de la hutte du tireur de '‘es balvunes. Plusieurs chasseurs a cheval forment une enceinte plus ou moins étendue, dont cette hutte est le centre; et en se rapprochant insensiblement , et faisant claquer leur fouet à propos, its font lever les tétras, et les poussent d’arbre en arbre du côté du tireur, qu’ils avertissent par des coups de voix s’ils sont loin, ou par un coup de sifflet s’ils sont plus près: maison cou -oit bien que cette cha»se ne peut réussir qu’autant que le tireur a disposé toutes choses d après la connoissance îles mœurs et des habitudes de ces oiseaux. Les tétras, eu volant d’un arbre sur un autre , choisissent d un coup d’œil prompt et sûr, les branches assez fortes pour les porter, sans même en excepter les branche* verticales, qu ils font plier par le poids de leur corps, et ramènent en se posant dessus à une situation à peu près horizontale, en sorte qu’ils peuvent très-bien s’y soutenir, quelque mobiles qu’ellcs soient : lorsqu'ils sont posés, leur sûreté est leur premier soin ; ils regardent de tous côtés, prêtant l’oreille, allongeant le cou pour reconnoilre s'il n’y a point d’ennemis; et lorsqu’ils se croient bien à l’abri des oiseaux de proie et des chasseurs, ils se mettent à manger les boutons des arbres : d’après cela , un tireur intelligent a soin de placer ses balvanes sur des rameaux flexibles, auxquels il attache un cordon qu’il tire de temps en temps , pour faire imiter aux balvancs les moiivrmetis et les oscillations du tétras sur sa branche.
De plus, il a appris par l’expérience que, lorsqu’il fait un vent violent, on peut diriger la tète de ces halvunes contre le vent, mats (pie, par un temps calme, ou doit les mettre les unes vis-à-vis des autres. Lorsque les tétras , poussés par les chasseurs de la maniéré que j'ai dit , viennent droit à la hutte du tireur, celui-ci peut juger, par une observation facile, s’ils s’y poseront ou non à portée de lui : si leur vol est inégal, s’ils s’approchent et s’éloignent alternativement en battant des ailes, il peut compter que, sinon tonte la troupe, au moins quelquesuns, s’abattront près de lui. Si, au contraire, en prenant leur essor non loin de sa hutte, ils partent d’un vol rapide et soutenu, il peut conclure qu ils iront en avant sans s’arrêter.
Lorsque les tétras se sont posés à portée du tireur, il eu est averti par leurs cris réitérés jus ]u’à trois fois ou même davantage : alors on se gardera bien de les tirer trop brusquement ; au contraire, il se tiendra immobile et sans faire le moindre bruit dans sa Initie, pour leur donner le temps dé faire toutes leurs observations et la r< connoissance du terrain; après quoi, lorsqu’ils se seront établis sur leurs branches et qu’ils commenceront à manger, il les tirera et les choisira à son aise. Mais , quelque nombreuse (pie soit la troupe, fùt-elle de cinquante, et même de cent, ou ne peut guère espérer d’en tuer plus d’un ou deux d’un seul coup; car ces oiseaux se séparent en se perchant, et chacun choisit ordinairement son arbre pour se poser. Les arbres isolés sont plus avantageux qu’une forêt pleine; et cette chasse est beaucoup pl us facile lorsqu ils se perchent que lorsqu’ils se tiennent à terre: cependant, quand il n’y a point de neigte, on établit quelquefois les balvanes et la hutte dans les champs qui ont porté, la même année , de l’avoine, du seigle , du blé sarrasin, on on couvre la hutte de paille, et on fait d’assez bonnes chasses , pourvu toutefois que lt^ temps soit au beau; Car le mauvais temps disperse ces oiseaux, les oblige à sc cacher, et en rend la chasse impossible : mais le premier beau jour (pii succédé la rend d’autant plus facile, et un tireur bien posté les rassemble aisément avec les seuls appeaux, et sans qu’il soit besoin de chasseurs pour les pousser du côté de la hutte.
Ou prétend (pie lorsque ces oiseaux volent en troupes, ils ont à leur tète un vieux coq qui les mène en chef expérimenté , et qui leur fait éviter tous les pièges des chas-
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seurs ; en sorte qu’il est fort difficile, dans ce cas , de les pousser vers la balvane, el qu'e l’on n’a d’autres ressources que de détourner quelques traîneurs.
L’heure de cette chasse est , chaque jour, depuis le soleil lésant jusqu’à dix heures; et l’après-midi, depuis une heure jinqu’à quatre : mais en automne , lorsque le temps est calme et couvert, la chasse dure toute la journée sans interruption, parce que , dans ce cas , les tétras ne changent guère de lieu. On peut les chasser de cette maniéré, c’est-à-dire en les poussant d’arbre en arbre, jusqu’aux environs du solstice d’hiver : mais, après ce temps, ils deviennent plus sauvages, plus déüans et plus rusés; ils changent même leur demeure accoutumée, à moins qu’ils n’y soient retenus par la rigueur du froid ou par l’abondance des neiges.
On prétend avoir remarqué que lorsque les tétras se posent sur la cime des arbres et sur leurs nouvelles pousses, c’est signe de beau temps; mais que lorsqu’on les voit se rabattre sur les branches inférieures el s’y tapir, c’est un signe de mauvais temps : je ne ferois pas mention de ces remarques des chasseurs, si elles ne s’accordoient avec
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le naturel de ces oiseaux, qui, selon ce que nous avons vu ci-dessus, paroissent fort susceptibles des influences du beau et du mauvais temps, et dont la grande sensibilité à cet égard pourroit être supposée, sans blesser la vraisemblance, au degré nécessaire pour leur faire pressentir la température du lendemain.
Dans les temps de grande pluie, ils sé retirent dans les forêts les plus touffues pour y chercher un abri ; et comme ils sont alors fort pesans el qu’ils volent difficilement , on peut les chasser avec des chiens couraus, qui les forcent souvent el les prennent même à la course
Dans d’autres pays on prend les tétras au lacet , selon Aldrovande; on les prend aussi au filet, comme nous l'avons vu ci-dessus : mais il seroit curieux de savoir quelles étoient la forme, l'étendue et la disposition de ce filet, sous lequel le noble polonois dont parle Rzaczynski en prit un jour deux cent soixante à la fois.
1. Cette pesanteur des tétras a été remarquée par Pline; il est vrai qu’il paroît l’attribuer à la grande espèce, et je ne doute pu* qu’elle ne lui convienne aussi bien qu’à ta petite.
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