‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 126 sur 218 · CONCRÉTIONS DU PLOMB · texte numérisé non relu

CONCRÉTIONS DU PLOMB

Le plomb n’existe pas plus que l’étain en état métallique dans le sein de la terre ; tous deux , parce qu’il ne faut qu’une médiocre chaleur pour les fondre, ont été réduits en chaux par la violence du feu primitif, en sorte que les mines primordiales du plomb sont des pyrites que l’on nomme galènes , et dont la substance n’est que la chaux de ce métal unie aux principes du soufre : ces galènes affectent de préférence la forme cubique ; on les trouve quelquefois isolées , et plus souvent groupées dans la roche quartzeuse ; leur surface est ordinairement lisse , et leur texture est composée de lames ou de petits grains très-serrés.

Le premier degré de décomposition dans ces galènes ou pyrites de plomb s’annonce, comme dans les pyrites cuivreuses, par les couleurs d’iris qu’elles prennent à leur superficie; et lorsque leur décomposition est plus avancée, elles perdent ces belles couleurs avec leur dureté , et prennent les dif-

férentes formes sous lesquelles se présentent les mines de plomb de seconde formation, telles que la mine de plomb blanche , qui est sujette à de grandes variétés de forme et de couleur; car les vapeurs souterraines, et surtout celle du foie de soufre, changent le blanc de cette mine en brun et en noir.

La mine de plomb verte est aussi de seconde formation ; elle seroit même toute semblable à la mine blanche, si elle n’étoit pas teinte par un cuivre dissous qui lui donne sa couleur verte. Enfin la mine de plomb rouge est encore de formation secondaire. Cette belle mine n’éloit pas connue avant M. Lehmann, qui m’en adressa, en 1766, la description imprimée ; elle a été trouvée en Sibérie, à quelque distance de Catherinebourg; elle se présente en cristallisations bien distinctes, et paroît être colorée par le fer.

Au reste , les galènes ou mines primordiales du plomb sont souvent mêlées d’uue

Page 1