‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 195 sur 218 · DU DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

DU DÉVELOPPEMENT

raisonnable de dire que les principes mécaniques ne sont autre chose que les effets généraux que l’expérience nous a fait remarquer dans toute la matière, et que toutes les fois qu’on découvrira , soit par des réflexions , soit par des comparaisons , soit par des mesures ou des expériences , un nouvel effet général , on aura un nouveau principe mécanique qu’on pourra employer avec autant de sûreté et d’avantage qu’aucun des autres?

Le défaut de la philosophie d’Aristote étoit d'employer comme causes tous les effets particuliers ; celui de celle de Descartes est de ne vouloir employer comme causes qu’un petit nombre d’effets généraux , en donnant l’ exclusion à tout le reste. Il me semble que la philosophie sans défaut seroit celle où l’on n’empîoieroit pour causes que des effets généraux, mais où l’on chercheroit en même temps à en augmenter le nombre, en tâchant de généraliser les effets particuliers.

J’ai admis dans mon explication du développement et de la reproduction , d’abord les principes mécaniques reçus, ensuite celui de la force pénétrante de la pesanteur qu’on est obligé de recevoir ; et par analogie j’ai cru pouvoir dire qu’il y avoit d’autres forces pénétrantes qui s’exerçoient dans les corps organisés , comme l’expérience nous en assure. J’ai prouvé par des faits que la matière tend à s’organiser , et qu’il existe un nombre infini de parties organiques. Je n’ai donc fait que généraliser les observations , sans avoir rien avancé de contraire aux principes mécaniques, lorsqu’on entendra par ce mot ce que l’on doit entendre en effet , c’est-à-dire les effets généraux de la nature.

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