DE LA NUTRITION ET
la communication du mouvement par la voie de l’impulsion , par l’action dos ressorts, etc. Les idées particulières de chacune de ces qualités de la matière nous sont venues par les sens, et nous les avons regardées comme principes, parce que nous avons reconnu qu’elles étoient générales, c’est-à-dire qu’elles appartenoient ou pouvoient appartenir à toute la matière : mais devons-nous assurer que ces qualités soient les seules que la matière ait en effet P ou plutôt ne devons -nous pas croire que ces qualités que nous prenons pour des principes ne sont autre chose que des façons de voir ? et ne pouvons - nous pas penser que si nos sens étoient autrement conformés, nous reconnoîtrions dans la matière des q-ualités très-différentes de celles dont nous venons de faire l’énumération ? Ne vouloir admettre dans la matière que des qualités que nous lui connoissons me paroît une prétention vaine et mal fondée. La matière peut avoir beaucoup d’autres qualités générales que nous ignorerons toujours ; elle peut en avoir d’autres que nous découvrirons , comme celle de la pesanteur, dont on a dans ces derniers temps fait une qualité générale, et avec raison, puisqu’elle existe également dans toute la matière que nous pouvons toucher , et même dans celle que nous sommes réduits à ne reconnoître que par le rapport de nos yeux; chacune de ces qualités générales deviendra un nouveau principe tout aussi mécanique qu’aucun des autres, et l’on ne donnera jamais l’explication ni des uns ni des autres. La cause de l’impulsion, ou de tel autre principe mécanique reçu , sera toujours aussi impossible à trouver que celle de l’attraction ou de telle autre qualité générale qu’on pourroit découvrir; et dès lors n’est-il pas très-