Ilist. anim. , lib. VI, c. iv
3. Voyez IFitl. Langly Observ. édita a Justa Schradero Amst. , 167L
commencent qu’aptes vingt-quatre heures d’incubation, et elles ne nous apprennent presque rien de plus que celles de Harvey.
Mais, pour revenir au passage que nous venons de citer, on voit que la liqueur cristalline , le point animé, les deux membranes , les deux vaisseaux sanguins, etc. , sont donnés par Aristote précisément comme Harvey les a vus ; aussi cet anatomiste prétend que le point animé est le cœur, que ce cœur est le premier formé , que les viscères et les autres membres viennent ensuite s’y joindre : tout cela a été dit par Aristote , vu par Harvey , et cependant tout cela n’est pas conforme à la vérité; il ne faut, pour s’en assurer, que répéter les mêmes expériences sur les œufs, ou seulement lire avec attention celles de Malpighi ( Malpighii pull us in ovo) qui ont été faites environ trente-cinq ou quarante ans après celles d’Harvey.
Cet excellent observateur a examiné avec attention la cicalricule, qui en effet est la partie essentielle de l’œuf : il a trouvé cette cicalricule grande dans tous les œufs féconds, et petite dans tous les œufs inféconds ; et ayant examiné celte cicatricule dans les œufs frais et qui n’avoient pas encore été couvés, il a reconnu que le point blanc dont parle Harvey, et qui, selon lui, devient le point animé , est une petite bourse ou une bulle qui nage dans une liqueur contenue par le premier cercle, et dans le milieu de cette bulle il a vu l’embryon : la membrane de cette petite bourse, qui est Yamnios, étant très-mince et transparente, lui laissoit voir aisément le fœtus qu’elle enveloppoit. Malpighi conclut avec rai on de celte première observation que le fœtus existe dans l’œuf avant même qu’il ait été couvé, et que ses premières ébauches ont déjà jeté des racines profondes. Il n'est pas nécessaire de faire sentir ici combien cette expérience est opposée au sentiment d’Harvey, et même à ses expériences; car Harvey n’a rien vu de formé ni d’ébauché pendant les deux premiers jours de l’incubation, et au troisième jour le premier indice du fœtus est, selon lui, un point animé, qui est le cœur; au lieu qu’ici l ebauehe du fœtus existe en entier dans l’œuf avant qu’il ait été couvé; chose (pii , comme l’on voit , est inen dilférenle, et qui est en effet d’une conséquence infinie, tant par elle que par les inductions qu’on en doit tirer pour l’explication de la génération.
Après s’être assuré de ce fait important , Malpighi a examiné avec la même attention la cicatricule des œufs inféconds que la
poule produit sans avoir eu de communication avec le mâle: cette cicatricule, comme je l’ai dit, est plus petite que celle qu’on trouve dans les œufs féconds ; elle a souvent des circonscriptions irrégulières, et un tissu qui quelquefois est différent dans les cicatricules de différens œufs : assez près de son centre, au lieu d’une bulle qui renferme le fœtus , il y a un corps globuleux comme une môle, qui 11e contient rien d’organisé, et qui , étant ouvert , ne présente rien de différent de la môle même , rien de formé ni d’arrangé ; seulement cette môle a des appendices qui sont remplies d’un suc assez épais , quoique transparent , et cette masse informe est enveloppée et environnée de plusieurs cercles concentriques.
Après six heures d’incubation , la cicatricule des œufs féconds a déjà augmenté considérablement ; on reconnoit aisément dans son centre la bulle formée par la membrane amnios, remplie d’une liqueur dans le milieu de laquelle on voit distinctement nager la tète du poulet jointe à l’épine du dos. Six heures après , tout se distingue plus clairement , parce que tout a grossi : on reconnoit sans peine la tète et les vertèbres de l’épine. Six heures encore après, c’est-à-dire au bout de dix-huit heures d’incubation, la tète a grossi et l’épine s’est allongée , et au bout de vingt-quatre heures, la tête du poulet paroît s’être recourbée , et l’épine du dos paroît toujours de couleur blanchâtre ; les vertèbres sont disposées des deux côtés du milieu de l’épine, comme de petits globules , et presque dans le même temps on voit paroître le commencement des ailes; la tète, le cou , et la poitrine s’allongent. Après trente heures d’incubation il 11e paroît rien de nouveau ; mais tout s’est augmenté , et surtout la membrane amnios : on remarque autour de cette membrane les vaisseaux ombilicaux , qui sont d’une couleur obscure. Au bout de trente-huit heures le poulet étant devenu plus fort montre une tête assez grosse, dans laquelle on distingue trois vésicules entourées de membranes qui enveloppent aussi i’épine du dos , à travers lesquelles on voit cependant très-bien les vertèbres. Au bout de quarante heures, c’étoit, dit notre observateur, une chose admirable que de voir le poulet vivant dans la liqueur renfermée par l 'amnios, l’épine du dos s’étoit épaissie, la tête s’étoit recourbée, les vésicules du cerveau étoient moins découvertes, les premières ébauches des yeux paroissoient, le cœur batloit , et le sang c.irculoil déjà. Malpighi donne ici la description des vais-
seaux et de la route du sang, et il croit avec raison que, quoique le cœur ne batte pas avant les trente-huit ou quarante heures d’incubation , il ne laisse pas d’exister auparavant , comme tout le reste du corps du poulet ; et en examinant séparément le cœur dans une chambre assez obscure , il n’a jamais vu qu’il produisît la moindre étincelle de lumière, comme Harvey paroit l’insinuer.
Au bout de deux jours on voit la bulle ou la membrane amnios remplie d’une liqueur assez abondante dans laquelle est le poulet; la tète, composée de vésicules, est courbée; l’épine du dos s’est allongée, et les vertèbres paroissent s’allonger aussi : le cœur, qui pend hors de la poitrine, bat trois fois de suite, car l’humeur qu’il contient est poussée de la veine par l’oreillette dans les ventricules du cœur, des ventricules dans les artères, et enfin dans les vaisseaux ombilicaux. I! remarque qu’ayant alors séparé le poulet du blanc de son œuf, le mouvement du cœur ne laissa pas de continuer et de durer un jour entier. Après deux jours et quatorze heures, ou soixante-deux heures d’incubation, le poulet, quoique devenu plus fort, demeure toujours la tète penchée dans la liqueur contenue par l 'amnios: on voit des veines et des arteres qui arrosent les vésicules du cerveau, on voit les linéamensdes \eux et ceux de la moelle de l’épine qui s’étend le long des vertèbres, et tout le corps du poulet est comme enveloppé d’une partie de cette liqueur, qui a pris alors plus de consistance que le reste. Au bout de trois jours le corps du poulet paroît courbé; on voit dans la tète, outre les deux yeux, cinq vésicules remplies d’humeur, lesquelles, dans la suite, forment le cerveau; on voit aussi les premières ébauches des cuisses et des ailes, le corps commence à prendre de la chair, la prunelle des yeux se distingue, et on peut déjà reconnoître le cristallin et l’humeur vitrée. Après le quatrième jour les vésicules du cerveau s’approchent de plus en plus les unes des autres , les éminences des vertébrés s’élèvent davantage , les ailes et les cuisses deviennent plus solides à mesure qu’elles s’allongent , tout le corps est recouvert d’une chair onctueuse , on voit sortir de l’abdomen les vaisseaux ombilicaux , le cœur est caché en dedans, parce que la capacité de la poitrine est fermée par une membrane fort mince. Apres le cinquième jour et à la fin du sixième , les vésicules du cerveau commencent à se couvrir ; la moelle de l’épine s’étant divisée en deux parties , commence
à prendre de la solidité et à s’avancer le long du tronc; les ailes et les cuisses s’allongent, et les pieds s’étendent ; le bas -ventre est fermé et tuméfié: on voit le foie fort distinctement; il n’est pas encore rouge; mais, de blanchâtre qu’il étoil auparavant, il est alors devenu de couleur obscure: le cœur bat dans ses deux ventricules; le corps du poulet est recouvert de la peau , et l’on y distingue déjà les points de la naissance des plumes. Le septième jour la tète du poulet est fort grosse, le cerveau paroît recouvert de ses membranes , le bec se voit très-bien entre les deux yeux; les ailes, les cuisses, et les pieds ont acquis leur figure parfaite: le cœur paroit alors être composé de deux ventricules, comme de deux bulles contiguës et réunies à la partie supérieure avec le corps des oreillettes , et on remarque deux mouvemens successifs dans les ventricules aussi bien que dans les oreillettes ; c’est comme s'il y avoit deux cœurs séparés.
Je ne suivrai pas plus loin Malpighi ; le reste n’est qu’un développement plus grand des parties, qui se fait jusqu’au vingt-unième jour que le poulet casse sa coquille après avoir pipé. Le cœur est le dernier à prendre la forme qu’il doit avoir, et à se réunir en deux ventricules : car le poumon paroît à la fin du neuvième jour, il est alors de couleur blanchâtre ; et le dixième jour les muscles des ailes paroissent, les plumes sortent, et ce n’est qu’au onzième jour qu’on voit des artères, qui auparavant étoient éloignées du cœur, s'y attacher, comme les doigts à la main , et qu’il est parfaitement conformé et réuni en deux ventricules.
On est maintenant en état de juger sainement de la valeur des expériences de Harvey. Il y a grande apparence que ce fameux anatomiste ne s’est pas servi du microscope, qui, à la vérité, n’étoîl pas perfectionné de son temps: car il n’auroit pas assuré, comme il l’a fait, que la cicatricule d’un œuf infécond et celle d’un œuf fécond n’avoient aucune différence; il n’auroit pas dit (pie la semence du mâle ne produit aucune altération dans l’œuf, et qu’elle ne forme rien dans cette cicatricule ; il n’auroil pas dit qu’on ne voit rien avant la fin du troisième jour, et que ce qui paroit le premier est un point animé dans lequel il croit que s’est changé le point blanc; il aurait vu (pie ce point blanc etoit une bulle qui contient l’ouvrage entier de la génération, et que toutes les parties du fœtus y sont ébauchées au moment que la poule a eu communication avec le coq ; il auruit re-
connu de même que sans cette communication elle ne contient qu’une môle informe qui ne p< ut devenir animée, parce qu’en eifet elle n’est pas organisée comme un animal, et que ce n’est que quand ceite môle, qu’on doit, regarder comme un assemblage des parties organiques de la semence de la femelle, est pénétrée par les parties organiques de la semence du mâle, qu'il en résulte un animal, qui dès ce moment est formé, mais dont le mouvement est encore imperceptible, et ne se décou\re qu’au bout de quarante heures d incubation ; il n’auroit pas assuré que le cœur est formé le premier, que les autres parties viennent s’y joindre par juxta-position , puisqu’il est évident, par les observations de Malpighi , que les ébauches de toutes les parties sont toutes formées d’abord, mais que ces parties paroissent à mesure qu’elles se développent ; enfin s'ii eût vu ce que Malpighi a vu , il n’auroit pas dit affirmativement qu’il ne resloit aucune impression de la semence du mâle dans les œufs, et que ce n’étoit que par contagion qu’ils sont fécondés, etc.
Il est bon de remarquer aussi que ce que dit Harvey au sujet des parties de la génération du coq n’est point exact : il semble assurer que le coq n’a point de membre génital, et qu'il n’y a point d’intromission; cependant il est certain que cet animal a deux verges au lieu d’une, et qu’elles agissent toutes deux eu même temps dans l’acte du coït , qui est- au moins une forte compression, si ce n’est pas un vrai accouplement avec intromission1. C’est par ce double organe que le coq répand la liqueur séminale dans la matrice de la poule.
Comparons maintenant les expériences qu’Harvey a faites sur les biches , avec celles de Graaf sur les femelles des lapins: nous verrons que , quoique Graaf croie , comme Harvey, que tous les animaux viennent d’un œuf, il y a une grande différence dans la façon dont ces deux anatomistes ont vu les premiers degrés de la formation ou plutôt du développement du fœtus des vivipares.
Après avoir fait tous ses efforts pour établir, par plusieurs raisonnemens tirés de l’anatomie comparée, que les testicules des femelles vivipares sont de vrais ovaires, Graaf explique comment les œufs qui se détachent de ces ovaires tombent dans les cornes de la matrice, et ensuite il rapporte ce qu il a observé sur une lapine qu’il a disséquée une
*• Voyez Rtgn. Graaf, p. a4».
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demi-heure après l’accouplement. Les cornes de la matrice, dit-il, étoient plus rouges; il n’y avoit aucun changement aux ovaires, non plus qu'aux œufs qu’ils contiennent; il n’y avoit aucune apparence de semence du mâle, ni dans le vagin, ni dans la matrice, ni dans les cornes de la matrice.
Avant disséqué une autre lapine six heures après l’accouplement, il observa que les follicules ou enveloppes qui , selon lui , contiennent les œufs dans 1 ovaire , étoient devenues rougeâtres ; il ne trouva de semence du mâle ni dans les ovaires, ni ailleurs. Vingtquatre heures après l’accouplement, il en disséqua une troisième , et il remarqua dans l’un des ovaires trois, et dans l’autre cinq follicules altérés; car, de clairs et limpides qu’ils sont auparavant, ils étoient devenus opaques et rougeâtres. Dans une autre disséquée vingt-sept heures après l’accouplement, les cornes de la matrice et les conduits supérieurs qui y aboutissent étoient encore plus rouges, et l’extrémité de ces conduits enveloppoit l’ovaire de tous côtés. Dans une autre qu’il ouvrit quarante heures après l’accouplement, il trouva dans 1 un des ovaires sept, et dans l’autre trois follicules altérés. Cinquante-deux heures après l’accouplement il en disséqua une autre, dans les ovaires de laquelle il trouva un follicule altéré dans l’un , et quatre follicules altérés dans l’autre; et ayant examiné de près et ouvert ces follicules, il y trouva une matière presque glanduleuse, dans le milieu de laquelle il y avoit une petite cavité où il ne remarqua aucune liqueur sensible; ce qui lui fit soupçonner que la liqueur limpide et transparente que ces follicules contiennent ordinairement , et qui est enveloppée, dit-il, de ses propres membranes, pouvoit eu avoir été chassée et séparée par une espèce de rupture. Il chercha donc cette matière dans les conduits qui aboutissent aux cornes de la matrice , et dans ces cornes mêmes; mais il n’y trouva rien: il reconnut seulement que la membrane inférieure des cornes de la matrice étoit fort enflée. Dans une autre disséquée trois jours après l’accouplement , il observa que l’extrémité supérieure du conduit qui aboutit aux cornes de la matrice embrassoit étroitement de tous côtés l’ovaire ; et , l’ayant séparée de l’ovaire, il remarqua dans l’ovaire droit trois follicules un peu plus grands et plus durs qu’auparavant ; et ayant cherché avec grand soin dans les conduits dont nous avons parlé , il trouva , dit-il , dans le conduit qui est à droite un œuf, et dans la corne droite de la matrice deux autres œufs , si pe-
tits qu’ils n’étoient pas plus gros que des grains de moutarde ; ees petits œufs avoient chacun deux membranes qui les enveloppoient , et l'intérieur étoit rempli d'une liqueur très-limpide. Ayant examiné l’autre ovaire, j1 y aperçut quatre follicules altérés: mais des quatre il y en avoit trois qui étoient plus blancs et qui avoient aussi un peu de liqueur limpide dans leur milieu , tandis que le quatrième étoit plus obscur et ne contenoit aucune liqueur ; ce qui lui fit juger que l’œuf s’étoit séparé de ce dernier follicule ; et en effet, ayant cherché dans le conduit qui y répond et dans la corne de la matrice ! à laquelle ce conduit aboutit , il trouva un œuf dans l'extrémité supérieure de la corne, et cet œuf étoit absolument semblable à ceux qu’il avoit trouvés dans la corne droite. U dit que les œufs qui sont séparés de l’ovaire sont plus de dix fois plus petits que ceux qui y sont encore attachés , et il croit que cette différence vient de ce que les œufs, lorsqu'ils sont dans les ovaires, renferment encore une autre matière qui est cette substance glanduleuse qu’il a remarquée dans les follicules. On verra tout à l’heure combien cette opinion est éloignée de la vérité.
Quatre jours après l’accouplement il en ouvrit une autre , et il trouva dans l’un des ovaires quatre, et dans l’autre ovaire trois follicules vides d’œufs , et dans les cornes correspondantes à ces ovaires il trouva ces quatre œufs d’un côté, et les trois autres de l’autre : ces œufs étoient plus gros que les premiers qu’il avoit trouvés trois jours après 1’accouplement ; ifs étoient à peu près de la grosseur du plus petit plomb dont on se sert pour tirer aux petits oiseaux1, et il remarqua que dans ces œufs la membrane intérieure étoit séparée de l'extérieure , et qu’il paroissoit comme un second œuf dans le premier. Dans une autre qui fut disséquée cinq jours après l’accouplement , il trouva dans les ovaires six follicules vides , et autant d’œuls dans la matrice, à laquelle ils étoient si peu adhérens , qu’on pouvoit en soufflant dessus les faire aller où on vouloit : ces œufs étoient de la grosseur du plomb qu’on appelle communément du plomb à lièvre; la membrane intérieure y étoit bien plus apparente que -dans les précédens. En ayant ouvert une autre six jours après l’ac-
i. Cette comparaison de la grosseur des œufs avec celle du plomb moule n’est mise ici que pour en donner une idée juste, et pour éviter de faire graver la planche de Graaf, où ces œufs sont représentés dans leurs différeus états.
couplement , il trouva dans l’un des ovaires six follicules vides, mais seulement cinq œufs dans la corne correspondante de la matrice; ces cinq œufs étoient tous cinq comme accumulés en un petit monceau: dans l’autre ovaire il vit quatre follicules vides, et dans la corne correspondante de la matrice il ne trouva qu’un œuf. (Je remarquerai en passant que Graaf a eu tort de prétendre que le nombre des œufs, ou plutôt des fœtus répondoit toujours au nombre des cicatricules ou follicules vides de l’ovaire , puisque ses propres observations prouvent le contraire.) Ces œufs étoient de la grosseur du gros plomb à giboyer, ou d’une petile chevrotine. Sept jours après l’accouplement, ayant ouvert une autre lapine, notre anatomiste trouva dans les ovaires quelques follicules vides, plus grands, plus rouges , et plus durs que tous ceux qu’il avoit observés auparavani , et il aperçut alors autant de tumeurs transparentes, ou, si l’on veut, autant de cellules dans différens endroits de la matrice; et les ayant ouvertes, il en tira les œufs qui étoient gros comme de petites balles de plomb appelées vulgairement des pontes; la membrane intérieure étoit plus apparente qu’elle ne l’avoit encore été, et au dedans de celte membrane il n’aperçut rien qu’une liqueur très-limpide; les prétendus œufs, comme l’on voit, avoient en très- peu de temps tiré du dehors une grande quantité de liqueur, et s’étoient attachés à la matrice. Dans une autre, qu'il disséqua huit jours après l'accouplement, il trouva dans la matrice des tumeurs ou cellules qui contiennent les œufs; mais ils étoient trop adhérens, il 11e put les en détacher. Dans une autre, qu’il ouvrit neuf.jours après l’accouplement, il trouva les cellules qui coniienneut les œufs fort augmentées, et dans l’intérieur de l’œuf qui ne peut plus se détacher, il vit la membrane intérieure contenant à l’ordinaire une liqueur tiès-claire; mais il aperçut dans le milieu de cette liqueur un petit nuage délié. Dans une autre disséquée dix jours après l’accouplement, ce petit nuage s éioit épaissi et formoit un corps oblong de la figure d’un petit ver. Enfin, douze jours apres l’accouplement, il reconnut distinctement l’embryon, qui deux jours auparavant ne présentoit que la figure d’un corps oblong; il étoit même si apparent, qu’on pouvoit en distinguer les membres : dans la région de la poitrine il aperçut deux points sanguins et deux autres points blancs, et dans l’abdomen une substance mucilagineuse un peu rougeâtre. Quatorze jours après l’accouple-