‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 63 sur 218 · Voyez plus loin, page 368, l’article de la · texte numérisé non relu

Voyez plus loin, page 368, l’article de la

Serpentine.

mélange en plus grande quantité ou en parties plus grossières, il a rendu les quartz entièrement opaques, et a formé des jaspes plus ou moins fins et de couleurs diverses, selon que le fer saisi par le suc quartzeux s’est trouvé dans différens états de décomposition ou de dissolution. Les jaspes fins se distinguent aisément des autres par leur beau poli, qui cependant n’est jamais aussi vif que celui des agates, cornalines, sardoines, et autres pierres quartzeuses transparentes ou demi-transparentes, lesquelles sont aussi plus dures que les jaspes.

Les jaspes d'une seule couleur sont les plus purs et les plus fins; ceux qui sont tachés, nuancés, ondes ou veinés, peuvent être regardés comme des jaspes impurs , et sont quelquefois mêlés de substances différentes : si ces taches ou veines sont transparentes , elles présentent le quartz dans son état de nature, ou dans son état d’agate; et s’il arrive que le feld-spath ou le schorl aient part à la composition de ces jaspes mixtes , ils deviennent fusibles 3 comme toutes les matières vitreuses qui sont mélangées de ces deux verres primitifs.

Le plus beau de tous les jaspes est le sanguin , qui , sur un vert plus ou moins bleuâtre , présente des points ou quelques petites taches d’un rouge vif de sang , et qui reçoit dans toutes ses dimensions un poli luisant et plus sec que celui des autres jaspes. Quelques uns de nos nomenclateurs , qui cependant ne craignent pas de multiplier les espèces et les sortes, n’en ont fait qu’une du jaspe sanguin et du jaspe héliotrope, quoique Roèce de Root les eût avertis d’avance que le jaspe sanguin ne prend le nom d'héliotrope (pie quand il est à demitransparent ; ce qui suppose un jasjte mixte, dans lequel le suc cristallin du feld spath est entré, et produit des reflets chatoyans, au lieu que le jaspe sanguin n’offre ni transparence ni chatoiement dans aucune de ses parties.

Les jaspes, et surtout ceux de seconde formation , ressemblent aux cailloux par leur opacité et par leur poli : mais ils en diffèrent par la forme, qui est rarement globuleuse comme celle des cailloux, et on les distinguera toujours en examinant leur cassure; la fracture des jaspes paroît être terreuse et semblable à celle d’une argile desséchée , tandis que la fracture des cail-

3. C’est cette fusibilité de certains jaspes qui a fait croire mal à propos à quelques uns de nos minéralogistes que les jaspes en général étoient fusibles et mêlés de chaux.

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