‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 98 sur 218 · PESANS · texte numérisé non relu

PESANS

dans les autres pierres colorées , des vapeurs ou dissolutions métalliques qui, dans de certains lieux, ont pénétré la terre limoneuse et teint les stalactites qu’elle produit.

Le spath pesant le plus anciennement connu est la pierre de Bologne; elle se présente souvent en forme globuleuse, et quelquefois aplatie ou allongée comme un cylindre : son tissu lamelleux la rend chatoyante à sa surface ; dans cet état on 11e peut guère la distinguer des autres pierres feuilletées que par sa forte pesanteur. Le comte Marsigli et Mentzelius ont fait sur cette pierre de bonnes observations , et ils ont indiqué les premiers la manière de la préparer pour en faire des phosphores qui conservent la lumière et la rendent au dehors pendant plusieurs heures.

Tous les spaths pesans ont la même propriété, et cette phosphorescence les rapproche encore des diamans et des pierres précieuses, qui reçoivent, conservent, et rendent dans les ténèbres la lumière du soleil, et même celle du jour, dont une partie paroît se fixer pour un petit temps dans leur substance , et les rend phosphoriques pendant plusieurs heures.

Les pierres précieuses et les spaths pesans ont donc tant de rapports et de propriétés communes , qu’on ne peut guère douter que le fonds de leur essence ne soit de la même nature ; la densité, la simple réfraction ou l’homogénéité , la phosphorescence, leur formation et leur gisement dans la terre limoneuse , sont des caractères et des circonstances qui semblent démontrer leur origine commune , et les séparer en même temps de toutes les matières vitreuses, calcaires , et métalliques.

vt'*' " vv u u \ 1 m w v v\ vv w 1 \ u v» wv\ v\v\ vu\ w

Page 1