L'algèbre sociétaire on calcul de la Vérité supposée
Pour l'explication de ses 39 issues, 3$ pages ne suffiraient pas, Quelle est l'impéritie de ce mêndê Mtwmt qui, dur 3* voie» de salut, n'en sait pas trouver une seule; et quette esti'étourdstie du monde badaud, qui ne sait exigeT des èarantsauesunos garanties de service effectif? Or me rai&oniïeque de garantie*, et l'on ne peut en établir aucune : elles «ont nombreuses en paroles et nulles en réalité ; nulles sur l'objet primordial, car le» subsistances dont la disette se fait périodiquement sentir (1808, 4842, 4 84 7 ) ; milles sur le travail qu'on né peut pat assurer au peuple (crise de 4826) ; nulles sur le progrès social, car nous ne savons pas même élever la ciriKtftttfon en fr phase; nulles sur Jeslibertés politiques, toujours sacrifiées aux intrigue»; nuMesu* l'emploi des deniers piblics, dévorée pk» audacieusesnent que jamais par les sangsues; nulles sur le progrès des lumières, nos sciences éludant leur tâche, «a moyen de contes sur le» voiles d'airain ; nuHee sur la vérité dent ona'ésoigne, de plus en plus , par la licence accordée aux astuces commerciales, aux falsifications de toute espèce; nulles pour les savants qui sont ,1a classe la plus mal rétribuée, la plus asservie, la plus bâillonnée de toutes les classes à éducation ; enfin nulles pour les inventeurs, sur qui les sophistes se vengent de leur stérilité.
On remplirait des pages du tableau des garanties dont manque la civilisation , et dont on s'éloigne de plus en plus, par exemple : sur le service des armées, les munitionnaires qui, autrefois, pillaient par cent mille écus, pillent aujourd'hui par cent millions ; et ceux de Russie, les Puschkin, les Abacoumoff, viennent de rivaliser les exploits de ceux de France : ils ont fait mourir de faim et de misère la pauvre armée russe ; ils en ont plus tué que n'en ont tué les Turcs. Ainsi le mal seul fait des progrès; on en voit la preuve dans les subsistances du peuple, qui deviennent de plus en plus mauvaises et dénaturées, grâces à la libre concurrence des amis du commerce. Il n'y a maintenant de bien-être que pour la classe cousue d'or (422). Quant au pauvre, il ne lui reste qu'une garantie, c'est d'être pendu pour la moindre peccadille, comme le misérable Elissando de Pau, condamné à mort pour avoir volé un chou (419), au même instant et dans le même lieu où un fournisseur volait impunément 76 millions à l'Etat. Voilà à quoi se bornent les garanties que la philosophie a su imaginer pour le bonheur du peuple, et pour le sage emploi des contributions qu'on lui arrache ; voilà le fruit de nos belles théories d'économie politique sur la responsabilité et autres chimères de balance, contrepoids, garantie, équilibre ; ces théories éloquentes n'assurent au peuple qu'un patrimoine de haillons, de bagnes industriels, de galères et de gibets. L'économie politique et le libéralisme ne sont libéraux que de haillons; c'est tout ce que le peuple recueille de leur intervention. Si vous en doutez, interrogez les 230,000 pauvres de Londres, les cinq millions de pauvres d'Irlande, où il n'y 4 que 6 4/2 millions d'habitants.
Que de billevesées académiques, quelle stérilité chez le génie •moderne, quand 41 existe 32 voies et plus pour nous ouvrir une issue du labyrinthe. C'est donc à bon droit que madame Staël a dit de nos toirents de lumières : « Les sciences incertaines ont dé- » truit beaucoup d'illusions sans établir aucune vérité ; on est re- » tombé dans l'incertitude par le raisonnement, dans l'enfance » par la vieillesse.» En effet la pauvre civilisation est bien vieille, bien radoteuse en perfectibilité ; et le génie social, pour se donner carrière, a bon besoin d'un théâtre moins étroit que les an-
NOTICE XIV. — CnAPITRE Mil. 445