CHAPITRE LUI
Métaphysique générale s détermination da plan ' de Dlea sor l'ensemble des destinée»]
Il est heureux pour les partisans du voile d'airain que je 9ois obligé, faute d'espace, de laisser en suspens cette section où j'aurais prouvé que le voile n'est que de gaze. Comment ont-ils envisagé la nature ? Us n'ont étudié en mouvement que les effets, sans tenir compte des causes. Sur toute question relative aux causes, ils restent muets (I, 32). Qu'on demande pourquoi Dieu a donné à Saturne sept satellites et quatre à Jupiter bien plus gros ; ils se retrancheront derrière le prétendu voile d'airain ; cependant qu'est-ce qu'une théorie du mouvement, sans la connaissance des causes?
Pour les pénétrer il faut déterminer le plan, les ressorts, le mécanisme et le but du mouvement. Sur quelles bases Dieu a-t— il assis son plan, quelles règles a-t-il suivies, quel but s'est-il proposé? ils ont par hasard entrevu le but qui est l'unité d'action; qu'ils nous expliquent donc pourquoi l'homme est hors de cette unité, et si évidemment discordant avec le système de l'univers, que tous les savants l'entrevoient (p. 28). Aussi lord Byron a-t-il fort bien dit : « Notre vie est une fausse nature, elle n'est pas » dans l'harmonie universelle. »
Le plan de Dieu a été de mettre le mouvement en accord avec son auteur. Il faut pour cette unité que le mouvement représente Dieu, qu'il soit en analogie avec Dieu, avec les douze passions primordiales dont se compose l'essence divine ; et quand les livres saints nous disent: Dieu fit l'homme à son image et ressemblance, ils nous enseignent le plan de Dieu sans l'expliquer en détail.
L'univers étant fait à l'image de Dieu, et l'homme étant miroir de l'Univers, il en résulte que l'homme, l'univers et Dieu sont' identiques, et que le type de cette trinité est Dieu. Si le Créateur
ne s'était pas peint lui-même dans le système de l'univers, quoi donc aurait-il pu y peindre ?
Les philosophes entrevoient ces analogies, mais ils évitent d'en expliquer aucune parcelle. Si on leur demande en quel sens une rave ou un chou représente l'homme, l'univers et Dieu, ils répondent que ces trivialités sont au-dessous de la philosophie. Si on leur adresse des questions d'analogie transcendante sur la distribution des astres, ils répondent : cela est hors de la sphère de l'esprit humain* Habiles escobarg) bien pourvus de voiles d'airain, peur éluder tout problème qui le* embarrasse !
Les ressorts du mouvement ont été expliqués dans la 4» notice ; ils sont les mômes en matériel ou en soci: .1 : la matière tend comme les passions à 3 foyers, au luxe ou soleil, aux groupes, au mécanisme.
Le mécanisme de l'univers et de toutes ses parties est dualisé, sujet à des âges d'harmonie et de subversion : nous voyons ce double effet dans les planètes et comètes. Les comètes qui sont aujourd'hui en mécanisme subversif et incohérent, passeront un jour à l'état d'harmonie comme les planètes. Il en est de même des sociétés humaines qui aujourd'hui sont dans l'âge de subversion, fausseté et discorde, âge d'extrême jeunesse ; elles passeront bientôt à l'âge d'harmonie et d'unité.
L'harmonie et la subversion sont sujettes â desdegrés : le simple, le mixte% le composé et autres degrés secondaires. Dans les planètes d'ordre simple, qu'on nomme satellites, les habitants peuvent se contenter d'un bonheur simple et modéré ; mais dans les planète lunigères, comme Saturne, Herschel, Jupiter et la Terre, l'Humanité est faite pour le bonheur ou le malheur composé, double jouissance ou double disgrâce.
Le but du mouvement est de donner au bien, aux âges d'harmonie, une durée septuple au moins de celle du mal qui a son rang assigné dans l'ordre général. On ne peut pas éviter qu'il ne règne plus ou moins de temps, aux deux extrémités de carrière, d'un homme, d'une nation, d'un globe, d'un univers. [Voyez le chap. suivant)
Le mouvement est lié, et son lien se forme par le mode ambigu que les philosophes n'ont pas voulu distinguer, quoiqu'il règne dans tout le système : entre les âges harmonique et subversif, entre les modes § impie et composé , on rencontre toujours l'ambigu. C'est par obstination à le méconnaître, que la philosophie tombe
sans cesse dans les écarts systématiques, prenant l'ambigu, les transitions ou exceptions, pour des bases de système. Manqueraitelle d'être ignorante sur l'ambigu, quand elle l'est sur tout l'ensemble et tous les détails du mouvement ? Je ne pousserai pas plus loin cette dissertation peu à portée des lecteurs, même de la classe savante.