III. BU SEMPUSME OU CAUSE BE &A CATARACTE
Ce reproche de cataracte intellectuelle, adressé à un siècle savant sur divers points, pourrait sembler indécent si je ne l'étayais de preuves très-palpables. Je serai bref sur ce sujet peu flatteur; il va débrouiller une vieille querelle qui s'élève entre chaque siècle et ses inventeurs. Tout siècle se hâte de dire que les inventeurs ont perdu la raison , parce qu'ils ne sont pas d'accord avec le préjugé d'impossibilité ; mais d'ordinaire, c'est le siècle qui, comme au temps de Colomb, manque de raison.
La cause de ces bévues générales, de ces faux jugements de la multitude, naît d'un vice que j'ai nommé simplisme ou manie d'envisager en mode simple tout le système de la nature. Ce travers suffit à fausser les plus beaux génies : c'est le péché originel de l'esprit humain.
Par exemple, nos philosophes prétendent étudier l'homme, l'univers et Dieu, et ils font de Dieu une âme sans corps; dé l'homme, un corps sans âme; et de l'univers, un vaisseau sans pilote, sans moteur, sans chef. Ainsi, l'homme, l'univers et Dieu seraient trois corps simples Aujourd'hui les philosophes, par crainte de l'autorité, ont modifié ce»