CHAPITRE VIL séries f nuitée». — Correctif» à y a
A la suite des règles prescrites dans les chapitres V et VI , il feudrail donner quelques applications ou exemples de Séries faussées; des Cacographies passionnelles qui exerceraient le
lecteur à discerner dans quels cas une série passionnée remplit les conditions d'attirer à rindustrie, dans quel cas la série est faussée, m^l équilibrée et susceptible de corrections.
Pour bien concevoir la méthode exacte, il faut étudier la fausse. J'en avais préparé des exemples dans les deux séries suivantes, A etB, contenant chacune sept groupes de cultivateurs de poires.
SÉniE A trés-faussée.
scfériecie. cotres cassantes. 1 r
• I — du moMlre-jean.
/ Groupe du beurré-bl^nc
cestrb. . Poires fondantes. — du beurré-crito.
( — du beurré vert-plquetéu
-£^. *»-**— iGriupe£r^rn-
Groupes. Séa« B peu faussée.
aile stPÉRiECRE. 1,2: cultivant 2 sortes de beurré blanc.
cektbe. 3, 4, 5, — 3 sortes de beurré gris»
aile îxFEAiEURE. . G, 7. -«2 sortes de beurré vert.
Il faudrait expliquer dans quel cas ces séries violeront ou observeront les règles de rivalité, exaltation, engrenage, établie» cliap. V ; et les règles de échelle compacte, courtes séances, exercice parcellaire, établies chap. VI; comment la série B se rapprochera de ces règles tout-à-fait violées par la série A ; comment cette série A manquera des quatre ressorts de sympathie, en identité, en contraste, en perfection spéciale, en perfectioncollective.
Pour traiter exactement ce sujet, il faudrait un chapitre de même étendue que les précédents V et VI : d'autres qui suivront exigeraient encore plus détendue.
Cependant des critiques notables et dignes de foi en pareille matière, exigent une extrême brièveté, trois cents pages, sous peine de ne pas être lu. Il faut donc se borner à indiquer les sujet» dont on devrait traiter. Les effleurer, ce serait créer des doute» au lieu de donner des éclaircissements.
Les discussions contenues dans ce chapitre que je franchis f tendaient à prouver :
Qu'il y a lacune de discords dans toute série industrielle échelonnée par espèces, comme serait une série de douze groupes cultivant douze espèces de fleurs bulbeuses, Tulipe, Lys, Jonquille, Narcisse, Tubéreuse, Iris, Dahlia, etc., qu'il faut échelonner les groupes d'une série, au moins par variétés, et préférablement par ténuités et minimités , jamais par espèces, encore moins par genres , les variétés étant la plus basse des graduations d'où naisse le discord.
J'ai déjà établi ce principe en traitant de l'échelle compacte qui peut seule créer la controverse, l'obstination des partis et 1 emulation qui s'ensuit. Il faut amener les groupes vicinaux d'une série jm point de se traiter respectivement d'esprits faux, de profanes, d'hérésiarques, gens sans goût et sans raison. La série B indiquée ci-dessus approcherait de ce mécanisme de discords obstinés, tandis que la série A ne produirait que l'apathie, la fraternité.
La série A n'exciterait aucun intérêt parmi les autres; la série B aurait de tous côtés des partisans qui s'entremettraient à ses intrigues. Elle serait engrenée d'intrigue avec la masse de la phalange, lien que la série A ne saurait pas créer. Celle-ci a le vice d'embrasser une culture de région et non de canton, car on ne trouvera presque jamais un canton d'une lieue carrée , dont les terres puissent convenir aux trois genres de poires cassantes, fondantes et farineuses. La nature varie les qualités de sol, de lieue en lieue, de deux en deux, de trois en trois lieues; dès-lors une série qui voudra adopter trois genres, courra le risque d'échouer dans deux, être faussée par insuffisance d'attraction et d'enthousiasme.
Au contraire, une' série qui n'embrasse qu'un genre ou moitié d'un genre , et qui en perfectionne les'variétés et ténuités , excite l'enthousiasme dans les cantons voisins comme dans le sien ; elle atteint à l'engrenage interne et externe en intrigues.
Celte règle est l'opposé des méthodes civilisées où chaque province, chaque village voudrait s'assortir de toutes les espèces, et se passer de tout achat chez les voisins. On suit le principe contraire en harmonie; un canton aime mieux se borner à une espèce de poire ou de pomme de terre, en cultiver vingt variétés ou ténuités, et en fournir vingt charriots aux cantons voisins, de qui il recevra vingt charriots d'autres espèces que son terrain n'élèverait pas à la perfection nécessaire pour le mécanisme d'at-
traction passionnée. Toutefois ajoutons que, dans l'état sociétaire, on n'aura pas à redouter les fourberies commerciales qui aujourd'hui font redouter les échanges et obligent chacun à cultiver vingt espèces de légumes ou de fruits, pour se préserver de relations avec des voisins malveillants et trompeurs.
J'ai dit (64) que ceux qui essaieront de fonder sans moi une phalange d'essai, tomberont dans mille erreurs sur la distribution de leurs Séries passionnées ; ils en fausseront les neuf dixièmes, tout en croyant suivre littéralement les règles, comme dans la série A, qui, au premier coup d'œil, semble très-régulière, et qui pourtant est un assemblage de tous les vices ; Son centre manque de lien avec les deux ailes, Chaque aile est d'échelle lâche, non compacte (54), Chaque division est apathique faute de discords. J'y compterais bien d'autres vices, quoique le centre soit bon, si on l'envisage isolément.
Des séries distribuées de la sorte, ne formeraient qu'une cacophonie et non pas une harmonie passionnée ; non seulement elles avorteraient en Attraction industrielle, mais elles échoueraient tout net en mécanisme de répartition, puis on s'en prendrait à l'inventeur, on dirait que sa théorie est une belle chimère. J'ai donné pour cette distribution des règles très-précises, aux chap. V et VI ; il eût convenu d'ajouter ici des cacographies, pour habituer l'étudiant à l'application complète de la méthode ; si elle n'est pas suivie en plein, on verra tout le mécanisme industriel manquer de rivalités, d'exaltation et d'engrenage.
. Le principal vice de la série A est le défaut de discords entre groupes contigus ; les espèces 4,2,6, 7, n'ont point de rivalités avec le centre qui, de son côté, n'en a point avec elles. Tout le mécanisme de rivalité et d'émulation tombe, si l'échelle n'est pas bien compacte. Indiquons le remède à ce vice, le moyen de rétablir la compacité, qui interdit toute échelle d'espèces.
Je suppose que, dans une phalange, les goûts se manifestent de manière à former la série A, il faudra bien la tolérer, toute vicieuse qu'elle est, car on ne doit jamais entraver l'essor de l'attraction; mais l'art viendra ail secours de la nature, et pour ramener cette série à la compacité, l'assemblée directrice, ou aréopage de phalange, examinera d'abord laquelle des cinq espèces contenues dans la série convient le mieux au terrain local : je suppose que ce soit l'espèce fondante nommée Beuré ; il faudra manœuvrer
pour faire prévaloir cette culture, sans contrarier l'attractie» de personne. On déclarera donc que les quatre espèces des ailes sont inconvenantes au terroir, et ne peuvent pas illustrer le canton , figurer dans son éeusson (4). Elles seront mises en éclipse, et devront porter au drapeau la cravate de demi-deuil, crêpe violet à frange d'argent, indiquant le désavoeu du canton.
En même temps on fera des efforts pour organiser une série complète en Beurés, comme celle B, l'élever à dix, douze, <niinze groupes ; et organiser, s'il se peut, une seconde série de poires Fondantes, Bézy ou autres, afin d'engager pleinement le genre où il peut exceller.
Quant aux quatre groupes éclipsés, s'ils donnent des fruits passables, on les adjoindra comme rameaux bâtards à des séries de leur espèce, qui excelleront dans d'autres cantons.
Dans tout jugement sur les espèces à éclipser, la faveur ne peut avoir aucune influence, car c'est la contrée entière qui est juge par le fait, par son empressement ou son insouciance» à demander commerciatement te* produit, tes sortes qui ne trouvent que peu ou point d'acheteurs, sont évidemment médiocres et passibles d'éclipsé.
En suivant cette marche, tout canton se restreindra aux espèces où il pourra exceller en culture ou fabrication, et négligeant tout ce qu'il pourrait produire en qualité médiocre, il le prendra par assortiment semblable à la série B, dans les cantons qui y excelleront, et à qui il vendra pareil assortiment de sortes ou il excellera lui-même.
Toutes ces fournitures seront faites par échelle assortie, graduée et compacte. Une phalange ne vend pas mille quintaux de blé ea telle qualité , elle vend mille quintaux distingués en échelle de cinq , six , sept nuances de saveur dont elle a fait l'épreuve en
(1) En harmonie, les armoiries ou écussons ne sont pas insignifiants comme parmi nous; fis sont emblématiques des moyens d'industrie et de célébrité que possède une phalange ; ils représentent ses richesses natut elles et artificielles.
La civilisation toujours déraisonnable , ne choisit que des écussons vides de sens, u» lion passant, une croix potencée, un ehamp de gueules au pal de sable, et autres niaiseries dignes d'une société qui n'est en tout sera qu'un chaos de déraison et de fausseté.
boulangerie, et qu'elle fait distinguer selon les terrains de récolte et les méthodes de culture.
Sue les moindres denrées ou légumes, une phalange ne vendrait jamais en total une de ses qualités ; on ne livre commercialement qu'uneéchelle de variétés assorties, parce qui! faut consommer par séries de qualités , afin d'établir parmi les producteurs des série» bien intriguées; il faut lier exactement la consommation à la production, appliquer à toutes deux un mécanisme identique : cet ordre sera expliqué aux sections suivantes.
Dans l'état sociétaire, chaque canton ne produira que des denrées exquises ; mais chacun aura besoin de s'approvisionner chez vingt de ses voisins, contre l'usage des civilisés. Le commerce vicinal des harmoniens sera au moins centuple du nôtre , car sur chaque légume, rave ou chou, une phalange tirera dix approvisionnements de dix phalanges voisines, chez qui elle prendra dix chargements de choux renommés, en leur envoyant autant déchargements de la qualité de choux où elle excellera, et qu'elle livrera par échelle de saveurs graduées.
Cet énorme commerce ne s'établira que sur les bonnes qwalKéa seulement; les médiocres ne trouveront pas d'acheteur, parce que leur emploi fausserait le mécanisme d'attraction industrielle, les trois règles de rivalité, exaltation, engrenage.
Un tel mécanisme sera 1e contraire de notre monde à rebours, de notre civilisation perfectible , où tout le mouvement industriel s'opère à contre-sens des trois règles ci-dessus. Aussi voit-on chez nous les denrées de mauvaise qualité vingt foisprtus abondantes et plus faciles à placer que les bonnes auxquelles personne ne veut mettre un juste prix, et qu'on ne sait pas même distinguer des mauvaises : la morale, habituant les civilisés à manger le bon et le mauvais indifféremment. Cette brutalité de goûts est l'appui de toutes les fourberies mercantiles et agricoles, ainsi qu'on en jugera par le parallèle des deux mécanismes sociétaire et civilisé.