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Les tribus 7e et 8e fort jeunes, et les 9e et 40e encore jeunes» se classeront sans aucune répugnance en échelle d'âges, à peu d'exceptions près , car tout sera libre dans cette classification , depuis la tribu 7e jusqu'à la 46*.
C'est aux tribus 4 4,42, 43 , que commence l'âge déclinant, et Ton va présumer que les femmes, sur le retour , seront peu flattées de figurer dans ces tribus, qu'elles refuseront tout net de s'y incorporer : il n'en sera rien. Le régime sociétaire fait naître une foule d'intérêts différents des nôtres : l'un de ses effets est d'assurer considération et affection à la vieillesse , qui , dans l'ordre civilisé, est mal vue des jeunes gens.
On verra, au chapitre des ralliements passionnels, que cette bannière d'âge avancé, qui serait aujourd'hui un épou vantail pour les femmes déclinantes, deviendra pour elles une amorce. D'ailleurs, chacun pourra se classer dans la tribu dont il obtiendra l'agrément. La femme de quarante ans pourra se ranger parmi celle de trente, si elle y est admise, et cette admission sera facile à obtenir. s
La classifiation au-dessus de vingt ans étant libre, je n'indique pas les âges des tribus n° 7 et au-dessus.
L'emploi le plus précieux de cette échelle d'âges, est de faciliter l'éducation naturelle, créer chez les enfants des esprits de corps qui les entraînent passionnément aux études et aux travaux productifs. [Voyez troisième section.)
On devra observer, dans la classification par tribus, l'inégalité des deux grandes divisions : d'ailleurs la nature fournit moins de nombre dans l'âge descendant que dans l'ascendant ; aussi aije distribué les quatorze tribus de pleine harmonie, par
38, 44, 50, 56, 62, 68, 74. = 54. = 70, 64, 58, 52, 46, 40, 34. Et non par nombres égaux en correspondance,
36, 42, 48, 54, 60, 66, 72.= 54. =72, 66, 60, 54, 48, 42, 36. La deuxième échelle supposerait l'égalité numérique des deux divisions d'âge. On aura au contraire, pendant trente ans, une surcharge de nombre dans la première division, parce que les enfants sont surabondants en civilisation.
La r's=e de plein caractère , qui comprend 840 individus, est celle des êtres qui jouissent de l'exercice plein en facultés corporelles et intellectuelles. Un enfant de trois à quatre ans ne peut pas avoir, même dans l'éducation sociétaire , la dextérité , l'intelligence , les penchants prononcés qui. constituent le
plein caractère. En si bas âge, il a peu de goûts saillants ; il effleure tout, ce n'est guère que de quatre ans à quatre et demi que son naturel se manifeste nettement, et qu'on peut discerner ses passions dominantes, ses sous-dominantes, ses instincts, etc. En conséquence , la tribu des bambins ne fait pas distinction du demi-caractère. Il en est de même de la tribu des patriarches. Un vieillard du 4 6e âge n'a plus les facultés corporelles , et ne peut plus figurer dans le plein caractère, ni dans l'exercice actif.
De là vient que le demi-caractère n'est tiré que des 4 4 tribus, numéros 2 à 45. Il se compose de 405 individus dont les goûts sont peu distincts, ambigus, et fort utiles pour lier les fonctions , car un demi-caractère figure souvent en doublure de deux caractères pleins. Ce genre, qui serait dédaigné en civilisation, jouit en harmonie d'une grande considération; le neutre et l'ambigu y, sont éminemment utiles.
La classe des évolutions et manœuvres, classe dite harmonie active, se borne aux douze tribus 2 à 43.
J'ai dit qu'on tient chaque jour la bourse, ou réunion consultative pour concerter, soit en industrie, soit en repas et en plaisirs, les séances variées du lendemain et des jours suivants , ainsi que les prêts et emprunts de cohortes aux phalanges voisines. Le mécanisme de bourse , en association, est très-différent de celui de nos bourses de commerce, qui sont la suprême confusion. Une bourse harmonienne débrouillera plus d'intrigues et conclura plus de négociations en une demi-heure, que la bourse civilisée n'en terminerait en une demi-journée. Cette méthode est un des nombreux détails qu'il faut franchir dans un abrégé.
la régence chargée de diriger les affaires courantes et pourvoir au service général, n'est que le délégué de l'aréopage, qui est une autorité d'opinion ; il se compose : 4 ° des chefs de chaque série d'industrie ou de plaisir, les plaisirs étant aussi utiles en harmonie que les travaux ; 2° des trois tribus de révérends, vénérables et patriarches; 3° des actionnaires principaux ayant un vote par action, et des actionnaires d'épargne, qui ont obtenu une action par petites économies cumulées ; 4° des magnats et magnâtes de la phalange. On en verra ailleurs la liste détaillée en trois sexes.
L'aréopage n'a point de statuts à faire ni à maintenir, tout étant réglé par l'attraction, et par les esprits de corps des tribus, des chœurs, des séries. Il prononce sur les affaires importantes, mois-
4f 4 section ii. — dispositions db Iawaïange d'essai.
son, vendange, constructions, etc. Ses avis sont*ccueïïH9 passÂttenément comme boussole d'industrie, mais ils ne 'sont pa9<0bifg&toires : un groupe serait libre de différer sa récolte, malgré Patfe de l'aréopage.
11 n'a aucune influence sur l'opération principale, qui est fe répartition des dividendes en triples lots proportionnels «U capital, au travail et aii -talent. C'est l'Attraction seule qui est arbitre de justice dans cette affaire. {Foyez Ve section.)
Ni l'aréopage, ni la régence ne sont chargés de responsabilités illusoires, comme «elle de la finance civilisée qui, avec ^des fatras de chiffres, sait masquer tous les grivelages. La comptabilité,- en harmonie sociétaire, est l'ouvrage d'une série spéciale, chargée de la tenue des livres, que chacun peut inspecter.
D'ailleurs, les comptes sont très-peu compliqués-dans ce nouvel ordre. On n'y connaît pas les paiements journaliers, la coutume civilisée d'avpir toujours l'argent à la main. Chacun a Un crédit'ouverten proportion de «a fortune comraeou de ses bénéfices présomptifs en industrie tâtPàyanée. Les phalanges vicinales ne paient point jour par jour ce qu'elles se vendent réciproquement : bestiaux, votBfHes, légumes, fruits, beurre, -lattage, fourrage, vin, huile,1 bois, etc. On «en fait écriture,* et on balance à termes convenus, après virements ou compensâtes entre les cantons et régions. Quant aux comptes individuels, pour avance «de subsistance et autres fournitures, ils ne se règlent qu'au bout de.l'aitaée à Tépoqae -d'inventaire et «répartition.
Les contributions pour le fisc et les armées industrielles, dont on paiera pisé loin, ne donnent lieu à aucun travail de percepteurs ; <ébuque phalange règteavec 4e fisc en quatre bitlete payables -par i trimestre -au chei-Heu deprovinee : quant «sr-arméâs industrielles, chaque «troupe envoyée par une provins ou un district,- jmàt d'un crédit 'fixe, sa dépense^efetpayée par-elle-meai», en mandats sur «on district. Aucun fournisseur ne peut grfveier.
Le contentieux esfrédui ta qnekjws «afbrtarages. Chacun pBiit retirer *à tout instante courant èfré^er^lovs^diifrvenUm^.
11 nW>iMsoin> pourries enfants dtaûe&nftatettr ;**n:»e pattpas leur «derèr une <obble* de 4eur fbrèune, .«qui consiste en«dtM»s enregsfeées att/^ûnd livre de chaque phalange., ^tporfa&tiatérât fixe^outdlvkiende réglé chaque assée d'après inventaire. Aim un.|n»piUera^firtre^M>sérà auc«n teun^KOfes» fonds, ïdaas chaque
TOTICE III. ~ GIUPITKE X. 4*6
phalange où il a des actions, s'accumulent avec intérêts, jusqu'à l'âge de majorité (vingt ans), où il en disposera.
Il faudra distinguer trois classes de fortune et de dépense pour la table. C'est une échelle indispensable en harmonie, où toute ) égalité est poison politique. Parmi les sociétaires engagés , il s'en trouvera quelques uns possédant un petit capital, des terres, bestiaux et instruments aratoires qu'ils auront vendus, une cabane démolie qu'on leur aura payée. Us obtiendront) pour ces versements «me -action ou parcelle d'action. Ils formèrent une ckese déjà supérurate à la multitude, et pourront être admis, s'ils le désirent, 'ôttx1 tables de deuxième ordre, où l'en recevra de mémo ceux qui, par des connaissances précieuses en industrie, mériteront crédit pour l'admission en deuxième classe.
On créera une première classe, composée des ouvriers principaux, des instructeurs enrôlés à la ville, et créanciers d'une somme d'option considérable; puis des cultivateurs qui, par fourniture de terrains étendus, ou d'une maison bonne à l'emploi, se trouveront actionnaires notables : ces trois degrés seront nécessaires-même dans la petite phalange d'échelle réduite.
La régence, ou comité d'actionnaires gérants , formera une quatrième elasse, qui ne pourra bien s'identifier à la phalange qu'à l'époque où les derniers essaims y feront leur entrée.
Plusieurs familles riches pourront se décider à s'incorporer dès l'automne, ce qui serait fort utile pour donner do l'activité aux intrigues pendant l'hiver qui précédera l'entrée en plein exercice.
Pour frapper un coup décisif au printemps, il faudra de bonne heure exercer les sociétaires et surtout les enfants, aux manoeuvres chorégraphiques et autres, depuis celles de l'opéra.jusqu'à celles de l'encensoir. Il faudra que cette phalange, quoique insuffisante en nombre, sache, À l'issue de Thiver, se présenter en bette tenue matérielle et spirituelle ; qu'elle soit manœuvrière comme des danseurs et comparses d'opéra, et qu'elle présente déjà des équilibres de passions , par option sur des alternatives de .plaisir prévenant tout excès, et dénotant que cet effet sera général quand le mécanisme sera porté au complet par l'introduction ^3es derniers essaims.
En insistant sur la nécessité d'opérer sur des essaims consécutifs, j'ai prouvé que la dépense d'amorce ne portera que sur le premier, très-peu nombreux. Je passe au devis estimatif.
FRAIS DE FONDATION EN PLEINE ÉCHELLE. î
//* ne s'élèveront qu'au quart en échelle réduite.
Loyer d'un an pour terres et édiûces . . . .' 600,000 ] i- o
Construction de logements et étables 5,000,000 \ *
Bestiaux, végétaux, mobilier rural 1,200,000
Frais d'engagements et avances 1 ,200,000
Equipement, iinge, vaisselle 1 ,000,000
Manufactures, ateliers, matières premières 1 ,600,000 *• * 5
Subsistance de six mois 800,000 * t
Semailles d'attraction 800,000 + ^
Frais de bureau, régence, négociations 600,000 + x
Ouvriers coopérateurs non sociétaires 400,000
Transplantation avec massif de terre 400,000 *• 1
Conserve de fruits et légumes , 300,000 -t \
Bibliothèque publique 300,000 * 1
Musique et opéra 300,000 * 1
Palissade et grillage 200,000 + \
Dépenses imprévues 400,000
Il suffira du quart, 4 millions, en échelle réduite , et l'on ~ pourra commencer avec deux millions, car dès qu'on aura mis la < main à l'œuvre, on trouvera des actionnaires plus qu'on n'en voudra.
Toutefois il convient d'avertir que si Ton fonde en petite échelle, on y perdra :
La revente des actions dont les deux tiers réservés et valant 1 0 millions, pourraient être vendus 40 millions, dans le cas où \ l'on ferait un coup d'éclat, une fondation brillante qui étalerait ' subitement les hautes harmonies de passions.
Et le bénéfice des curieux payants, qu'il faut estimer 50 millions ] pour les deux premières années où la phalange de grande échelle serait la seule, et pour la troisième année où elle serait en supériorité de mécanisme.
En estimant les curieux payants au moyen terme de cent francs \ par jour, six cents personnes admises chaque jour fourniraient J une recette de 44 millions en deux ans, et l'on en aurait encore
beaucoup dans le cours de ia troisième année ; mais une phalange d'échelle réduite où les accords seront peu brillants, ne causera pas en Europe l'éblouissement d'où résulterait celte affluence de voyageurs opulents, amenés par la curiosité.
Une phalange d'échelle réduite n'en attirera guère que le quart, et à quart de prix.
On répond qu'il n'est pas aisé de trouver 45 millions de souscriptions; oui, parce que les esprits civilisés ne sont défiants que sur les affaires sûres et exemptes de risque. Mais s'il s'agit de quelque folie, on trouve des capitaux par 400 millions. N'at-on pas proposé récemment aux Français la folle entreprise d'amener des vaisseaux à Paris? vaine gloriole qui coûterait 300 millions, selon le devis , et peut-être le double en réalité, car, dans ces sortes de travaux, le devis est toujours bien radouci, et les obstacles ne sont pas portés en compte.
Ici il ne s'agira que de 4 millions , dont deux seulement ' pour le début; or, combien de capitalistes peuvent à eux seuls faire la fondation ! Un pair de France a placé récemment trois millions dans la faillite Paravey. Si on trouve tant d'hommes aventureux pour les affaires dangereuses, n'en trouvera-t-on pas un pour une affaire exempte de danger.
La phalange d'essai étant obligée de construire, devrait acheter et non pas louer son terrain; mais, pour ménager lo capital actionnaire, elle devra louer le terrain, et s'il se peut, les édifices, avec faculté de les acheter sous deux ans, pour un prix convenu. Dès qu'elle sera installée , elle trouvera plus qu'elle ne voudra des capitaux pour consommer l'achat.
Quoique tout terrain de bonne qualité soit convenable pour l'essai, il faudra rechercher un pays coupé, varié en expositions et meublé de monticules, comme le pays de Vaud, la Savoie, le Charollais, les belles vallées du Brisgau et des Pyrénées, celles de Bruxelles à Halle ; un pays propre à comporter des cultures variées, et pourvu d'un beau courant d'eau.
Il faut fonder près d'une grande capitale ; peu importera qu'on en soit éloigné de 40 lieues, pourvu que les curieux puissent arriver de cette ville à la phalange sans coucher en chemin. Si l'on s'éloignait trop des grandes villes, la phalange, au printemps, aurait de la peine à engager les familles riches qui devront y entrer à cette époque.
Relativement aux édifices, on devra peu spéculer sur les bâti-
U 8 SECTION II. — W8?0S1T10NS DB Ul PHALANGE D'ESSAI.
mante, faits; un» édifice distribué pow les, relations civilisées ne la sera pas pour celles d'Attraction industrielle. On. ms% beau remanier les bâtiments actuels, il* seront toujours gênants, pour les relations des Séries passionnées. Lesmonastère^civiUsés^on pérorait acheter ont tous le défaut d'être à ooçps simple (une seule file de chambres), leurs étables ne sauraient, conveniri pour la distributiqn en séries.
On peut tbrer parti d'un de ces vastes. châteaux qui. abondant aji* environs de Paris, et même de plusieurs, pour Loger lescjirieux payants et résidant plus d'un jour -r une jolie maison, éloignée du phalanstère d'un quart ou d'une demi-lieue, sera égajement très-rutile pour castel ou entrepôt rural; mais il faut éviter de s'entourer d'un village ; car, lors même qu'on engagerait ce village entier, il faudrait encore en abattre les maisons, ce qui serait très-dispendieux, etae donnerait qu'un terrain fort ingrat.
SE le phalanstère était voisin de quelque village ou:de familles non sociétaires, elles entraveraient le mécanisme par lcucstjmportunités; on les aurait contiueliement sur les bras-: il faut<tonc un terrain dégagé d'habitante, dût-on abattre et; extirper: une gortion de forêt.
Du reste, si le canton contient quelques, familles éparses* on peut, les considérer comme enrôlées- et réserver leur place* dans le phalanstère : elles seront biqni empressées de. s'incorporer à la phalange d'essai, et livrer, leurs, lambeaux de terre en^éehaage d'actions; les. femmes surtout, lorsqu'elle* auront vu le n^nage sociétaire-, seront si harassées du ménage civilisé, qu'elles y, sécheront d'ennui. Quant aux enfants, il faudra bien se. garder de les introduire» dans la phalange , car après avoir vu un. jour les chœurs, et groupes, d'enfants en mécanisme d'attraction, il tomberaient malades de chagrin quand il fauduaft les quitter.
J'ai porté' au. devis léserais de» palissade^, qomme indispansabées.; on sera», déjà, encombré 'par radwus^oni journalière des iurieux payants, il faudra donc *se> garantir des curieux impertresy et emptoyen la patissade partout où ifcn'y-aura pafcde barrière naturelle, rivière ou muraille grillée* Jet dis grillée^ parce que l'ordre sociéteumn'admet pas les.mura,raa*astiques masquant lfe vue et tnaasftrmant en- prison- la voie publique. H fauttantile mauvais gofct désacralisés peur s'habituer à .œs hideuses perspectives.
NOTICE Iir. — CHAWT1W Xt. 1*9