CHAPITRE XL
Pour itrtfoduirfr dans le» travaux champêtres FintrigM, le charme, la variété, vœu des trois Passions méeaaisantes, on. distribue les ciriterefr sociétaire* en: trois ordue*entrela«ése* adaptés aux diverses: loealitési 4° L'ordre simple o* massif; 2*Tord»e ambigu ou vogue ; 3° Tordre composé ou engrenée
4° L'ordre simpie*&mas*ife»t celui qui exclut les entoelaroraents ; il règne ea* plein- dam noa paysde grande cultece' où .tout est champ d'un côté, tout est bois de l'autre, et ainsi des prés et des vignes ; quoiqu'il- y ait dans chaque massif, beaucoup de portions qui pourraient convenir à d'autres cuèttres, sortait dans les forêts, où il faut ménager des clairières pou* la< circulation de l'air, le jerr des rayons solaires et la-maturatw» du bois, de tige.
2° L'ordre amèigu oit vague et mixteesX celui des jardins confus dits anglais dont ridée est due aux Cra'nois. Cette méthode, qui rassemble comme par hasard toutes sortes de- cultures, n'est employée chez nous qu'en petit, et jamais dans l'ensemble d'un canton. L'état socjj^taire en tirera grawd parti pour l'embellissement général et le charme industriel. Les massifs: actuels de prés, de bois, de champs, perdront leur triste aspect par emploi de l'ordre ambigu:
3° L'ordre engrené ou composé* est -le* contraire du système civilisé, des clôtures et barricades* En harmonie, où l'on ne peut pas essuyer le moindre vol, la méthode engrenée est pleinement praticable, et produit- le plus brillant effet. Chaqwsérie agricole â'eflbrce de jeter des rameaux sur divers points; elle- engage des lignes avancées et des carreaux détachés dans tous les postes des séries dont le centre d'opérations se trouve éWgné* du sien; et parsuite de ce mélange (subordonné aux convenances -de terrain), ïe canton se trouve parsemé dft groupes, laseèae j'estanâmée, et le coup d\teil varié et pittoresque.
Ces trois ordres peuvent être comparés à ceux de ràreMtèeturc grecque. On n'a rien- su trouver-de neuf- après- les treis»colonnes grecques, à peine quelques légères variantes-, il en/sera de même de toutes* les méthodes agricoles qu'on pourra indiquer, elles ne seront :que modifie» tiens des trois ordres ci-dessas.
L'ordre massif est le seul pratiqué dans les cultures grossières de civilisés ; Us réunissent d'un côté toutes les céréales; d'autre part, chacun d'eux fait dans son jardin abus de la méthode engrenée, il accumule vingt espèces où il en faudrait à peine trois ou quatre.
Une phalange exploitant son canton en système combiné, commence par déterminer deux ou trois emplois convenables à chaque portion. L'on peut toujours faire avec succès des mélanges, hors le cas de vignoble très-précieux qui encore peut comporter fruits et légumes, en accessoires de la culture pivotale. Ces alliages ont pour but d'amener divers groupes, leur ménager des rencontres qui les intéressent aux travaux engrenés avec le leur, et laisser le moins que possible un groupe isolé dans ses fonctions.
A cet effet, chaque branche de culture cherche à pousser des divisions parmi les autres : le parterre et le potager qui chez nous sont confinés autour de l'habitation, jettent des rameaux dans tout le canton. Leur centre est bien au voisinage du phalanstère, mais ils poussent dans la campagne de fortes lignes, des masses détachées qui diminuent par degrés, s'engagent dans les champs et prairies dont le sol peut leur convenir el de même les vergers, quoique moins rapprochés du phalanstère, ont à sa proximité quelques postes de ralliement, quelques lignes ou blocs d'arbustes et espaliers, engagés dans le potager et le parterre.
Cet engrenage agréable sous le rapport du coup-d'œil, tient encore plus à l'utile, à l'amalgame des passions et des intrigues. On doit s'attacher surtout à ménager des mariages de groupes, des rencontres de ceux d'hommes avec ceux de femmes, par suite de l'engrenage des cultures ; l'idée de mariage des groupes est plaisante et prête à l'équivoque, mais ce sont des rencontres industrieuses, fort décentes, et aussi utiles que nos réunions de salon et de café sont stériles; par exemple :
Si la Série des cerisistes est en nombreuse réunion à son grand verger, à un quart de lieue du phalanstère, il convient que, dans la séance de 4 à 6 heures du soir, elle voie se réunir avec elle et à son voisinage ;
4° Une cohorte de la phalange voisine et des deux sexes, venue pour aider aux cerisistes ;
2° Un groupe de dames fleuristes du canton, venant cultiver une ligne de cent toises de Mauves et Dahlias qui forment perspec-
tive pour la route voisine, et bordure en équerre pour un champ de légumes contigu au verger;
3° Un groupe de la série des légumistes, venu pour cultiver les légumes de ce champ;
1° Un groupe de la série des mille fleurs, venu pour la culture d'un aulel de secte (4) placé entre le champ de légumes et le verger de cerisiers ;
5° Un groupe de jouvencelles fraisistes, arrivant à la fin de la séance, et sortant de cultiver une clairière garnie de fraisiers dans la forêt voisine.
A cinq heures trois quarts, des fourgons suspendus partis du phalanstère amènent le goûter pour tous ces groupes : il est servi dans le caste 1 des cerisistes, de cinq heures trois quarts à six un quart , ensuite les groupes se dispersent après avoir formé des liens amicaux et négocié des réunions industrielles ou autres pour les jours suivants.
Plus d'un civilisé va dire qu'il ne voudrait envoyer ni sa femme, ni sa fille à ces réunions; c'est juger (69) des effets de l'état sociétaire, parles effets de civilisation; les pères seront les plu» empressés de voir leurs femmes et filles dans les Séries industrielles , parce qu'ils sauront que rien de ce qui s'y passe ne peut rester inconnu. Or, les femmes sont bien circonspectes en lieu où elles sont certaines que toutes leurs actions seront connues de père, de mari, de rivales; c'est ce qui n'a pas lieu dans une maison civilisée, où le père, s'il veut surveiller femmes et filles, est trompé par tout ce qui l'entoure.
Les mariages étant très-faciles en harmonie, même sans dot, les filles sont toujours placées de 4 6 à 20 ans. Jusque-là on peut leur laisser pleine liberté , parce qu'elles se surveillent entre elles, ainsi qu'on le verra aux chapitres spéciaux ; or, il n'est
defiei
Sur ces autels champêtres , on place au sommet d'un monticule (feurs ou arbustes, les statues, les bustes des patrons de In secte» des individus qui ont excellé dans ses travaux et l'ont enrichie de quelques méthodes utiles. Ce sont les demi-dieux mythologiques de la secte ou série industrielle. Un corybante ouvre la séance en brûlant, l'encens au-devant du demi-dieu. L industrie étant aux yeux des Harmoniens la plus haute fonction , Ton a soin d'y allier tous les mobiles* d'enthousiasme, comme les honneurs mythologiques rendus aux hommes ou femmes qui ont servi l'humanité en perfectionnant l'industrie.
Att SECTION II. — DISPOSITIONS DE LA PHALANGE D'ESSAI.
pas de garde plus sûre auprès d'âne femme que l'œil de ses rivales.
Je renvoie au Traité III, 478 à 504, pour les détails relatifs à l'alliage des trois ordres agricoles ; III, 486. On y trouvera des remarqua utiles à ua fondateur, sur les mariages de groupes, les affiliation» des sexes dans «ne Série industrielle,, et les moyens d'en tirer parti pour atteindre au but ultérieur, à l'accord de répartition, sans lequel tout le mécanisme sociétaire s'écroulerait le lendemain du jour où éclaterait la discorda en partage des dividendes.
L'amalgame judicieux des trois ordres de cultures est le moyen d'allier Le bon et le beau. Ces ordres ne sent pas même connus cfes agronomes civilisés, qui &'en peuvent employer que les trois caricatures, savoir i
En ordre massif, les amas de forêts ou de champs : leurs guéréts sottement prônés par les poètes, offrent l'aspect le plus monotone ; tandis que les forêts sont un chaos de masses informes, et peu productive*. faute de culture qui, en civilisation, ne s'étend pas aux forêts. Nous sommes encore sauvages sur ce point. C'est un caractère d'engrenage en période sauvage , comme le code militaire est engrenage en période barbare.
En ordre ambigu* il ne peut s'appliquer parmi nous qu'à des lieux de plaisance, comme tes jardins royaux, les Tivoli et guinguettes > encore n'einbrasse-t-il qu'un petit espace où il règne sans amalgame avec les deux autres ordres, et qui pis est sans production, sans alliage du bon et du beau : il n'est dès-lors qu'une caricature de sa destination.
fin ordre engrené, on ne voit dans nos cultures que l'engrenage inverse , ou dissémination tendant à l'appauvrissement et l'ealsidissemenL Trois cents familles villageoises cultivent trois cents carreaux de choux sur divers points dont à peine trente sont convenables à cette culture ; et dans leurs trois cents jardins, on trouvera tout au plus dix chétives sortes de ce légume, tandis qu'use phalange ea se bornant à trente ckêuUères disséminées en terrains favorables, y cultivera afreesnecteoert variété* cfe choux. Nous sommes donc, sur l'emploi des ordres agricoles comme sur toute a«tre branche du système industriel, à l'opposé dos vues de la nature.
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