CHAPITRE XII
Il eil trèa^mpertant de prévenir l'arbitraire en constructions : chaque fondateur voudra distribuer à sa fantaisie. Il fart eue méthode adaptée en tout point au jeu des Séries passionnées : nos architecte* qaé ne les connaissent pas , ne pourraient pas déterminer ftt pian convenable ; cependant si le matériel est faussé m dépositions, 11 en sera de même du passionnel.
Les civilisés ayant communément l'instinct du faux, ne manque* raient pas à préférer la phas vicieuse distribution. Cela est arrivé à Mew-Harmony, où le fondateur Chren a précisément choisi la forme de bâtiment qu'il fallait éviter, le carré ou monotonie parfaite. C'est jouer de malheur comme un milicien qui attrape la bille* noir : Fun des inconvénients du carré est, que les réunions bruyantes, incommodes, les ouvriers au marteau, les apprentis de eferinette , seraient entendus de plus de moitié du carré sur quoique peint qu'on les plaçât. Je citerais vingt autres cas ou la fan^earié* causerait du désordre dans les relations. Il suffirait de voir te pian de cet édifiée (Coopérative magazine : la» avary 4836), pour juger que celui qui t'a imaginé n'a aucune connaissance en mécanisme sociétaire. Du reste, son carré peut être bon pour des réunions monastiques, telles qu'il en fonde, la nmotoaie étant leur essence.
La principale cause qui empêchera d'employer avec fruit les bâtiments civilisés , c'est qu'il est presque impossible d'y prati- <N*r des snw«**ns ou masses de salies et pièces disposées pour tes relations de» Séries passionnées : les étables existante» ont la mkm* défaut. Cependant an pourra faire emploi de certains bâti* mente actuels pour la phalange d'échelle réduite, on ne le pour* rott pas en pleine éc^lie, dejrtje«aia donner le pian.
Les dvJfot digne* replantent les corps de bâtiment*, le UaM figure les cours et les videa*
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faire passer les routes dans l'intérieur de la phalange d'essai qu'if faudra au contraire palissader contre les importuns.
P.. = est la place de parade au centre du phalanstère.
A.. = est la cour d'honneur formant promenade d'hiver, plantée de végétaux résineux et ombrages permanents.
a, aa ; o, oo; cours placées entre les corps-de-ldgis.
Gros points ****, colonnades et péristyles, d'un tracé informe,, trop espacé hors les douze colonnes de la rotonde.
x, y, z ; xx, yy, zz ; cours des bâtiments ruraux.
il il les 4 porches fermés et chauffés, non saillants.
E, ee, trois portails en avant-corps pour divers services.
:::: Ces doubles points entre deux corps de bâtiments, sont des couloirs placés sur colonnes au premier étage.
Les bâtiments dont la grande cour A est entourée et avoisinée sont affectés aux fonctions paisibles ; on peut y placer l'église, la bourse, l'aréopage, l'opéra, la tour, d'ordre, le carillon, le télégraphe, les pigeons de poste.
On devra placer dans l'un des ailerons toutes les fonctions: bruyantes et incommodes aux voisins.
La moitié saillante du carré A, la portion d'arrière, est spécialement affectée à loger la classe riche qui s'y trouve éloignée du fracas et rapprochée du parterre principal, ainsi que de la promenade d'hiver, agrément dont les capitales civilisées sont dépourvues, quoiqu'elles aient . presque toutes, plus de mauvaise que de belle saison.
Les deux cours», aa, qui tiennent aux ailes, sont affectées l'une aux cuisines, l'autre aux écuries et équipages de luxe. Toutes deux doivent être ombragées autant que possible. Je ne désigne pas les arcades de passage .
Les deux bâtiments S, ss, pourront être employés, l'un pou? l'église, si on veut l'isoler, l'autre pour la salle d'opéra qu'il est prudent d'isoler. Ils auront communication souterraine avec le phalanstère.
Les deux cours O, oo, placées au centre de chaque aileroir, seront affectées l'une au car avanserai, l'autre aux ateliers bruyants» charpente, forge, marteau, écoles criardes.
On évitera par ces dispositions, un inconvénient de nos villes civilisées où l'on trouve à chaque rue quelque fléau des oreilles, ouvrier au marteau , marchand de fer, apprenti de clarinette, brisant le tympan à cinquante familles du voisinage , tandis que
le marchand de plâtre ou de charbon les enveloppe d'une poussière blanche ou noire qui empêche d'ouvrir les croisées, obscurcit les boutiques et le voisinage pour la liberté du commerce.
L'aileron affecté au caravanserai contient les salles de relations des étrangers ; on les y place afin qu'ils n'encombrent pas le centre du phalanstère et qu'ils se répandent dans les bâtiments ruraux, vers les groupes des champs et des jardins, sans obstruer l'intérieur du palais.
Tous les enfants riches ou pauvres logent à l'entresol, pour jouit du service des gardes de nuit, et parce qu'ils doivent dans beaucoup de relations, surtout dans celles du soir, être isolés de l'âge adulte. On en verra la nécessité à la section III qui traite de l'éducation.
Les patriarches logent la plupart au rez-de-chaussée.
En donnant au phalanstère des développements trop étenduson ralentirait les relations; il conviendra donc de redoubler les corps-de-logis, comme on le voit dans le plan : quelques uns (x) de 80 toises sur 40, pourront être subdivisés en 2 ou ï corps détachés et de formes variées.
On ménagera entre ces doubles corps deux sortes de communications, 1° des souterrains, 2° des traverses au premier étage par couloirs placés sur colonnes, aux points où les corps de bâti, ments seront rapprochés comme en a et aa.
Pour épargner les murs et le terrain, il conviendra que l'édifice gagne en hauteur, qu'il ait au moins trois étages, plus l'étage de frise. En y ajoutant le rez et l'entresol , on aura six échelons de logement, y compris le camp cellulaire, placé à la frise. C'est un local pour les passages d'armées industrielles.
Il faudra éviter de construire des bâtiments à simple file de chambres, comme nos monastères, palais, hôpitaux, etc. Pour activer les relations, tous les corps-de-logis devront être, à double file de chambres, assez profondes pour contenir des alcôves et cabinets qui épargneront beaucoup de constructions. .
La rue-galerie est la pièce la plus importante ; ceux qui ont vu la galerie du Louvre au Musée de Paris peuvent la considérer comme modèle d'une rue-galerie d'harmonie , qui sera de même parquetée et placée au premier étage, et dont les croisées pourront, comme celles des églises, être de forme haute, large et ceintrée, pour éviter trois rangs de petites croisées. Toutefois on
rabattrait beaucoup de ce luxe dans une phalange d'essai, môme en grande échelle.
Le rez-de-chaussée aura quelques passages en rue-galerie, mais elle ne pourra pas y être continue comme au premier, où elle ne sera point interrompue par les passes de voitures et les porches.
Lesdites galeries, tempérées en toutes saisons par des tuyaux de chaleur ou de ventilation, servent de salle à manger dans le cas de passage d'armée industrielle. (On n'en verra pas dans la phalange d'essai.)
Ces communications abritées sont d'autant plus nécessaires dans l'état sociétaire, que les déplacements y sont très-fréquents, les séances des groupes ne devant durer qu'une heure et demie ou deux heures au plus.
Les, abris et passages couverts sont un agrément dont les rois mêmes sont dépourvus en civilisation ; en entrant dans leurs palais, on est exposé à la pluie, au froid; en entrant dans la phalange, la moindre voiture passe des porches couverts aux porches fermés, et chauffés ainsi que les vestibules et escaliers.
Je no dirai rien du camp cellulaire ou amas de chambrettes placées à l'étage de frise. On n'en finirait pas de ces minutieuses descriptions.
Les séristères ou lieux de réunion d'une Série passionnée, ne ressemblent en rien à nos salles publiques où les relations s'opèrent confusément, sans graduation. Un bal, un repas ne forment chez nous qu'une seule assemblée sans subdivision : l'état sociétaire n'admet pas ce désordre; une série a toujours 3, 4, S divisions qui occupent autant de salles contiguè's : chaque séristère doit avoir des pièces et cabinets adhérents à ses salles, pour les groupes et comités de chaque division ; par exemple dans le séristère de banquet ou de salles à manger, il faut 9 salles fort inégales, savoir :
i pour les patriarches,
2 pour les enfants,
3 pour la classe pauvre,
2 pour la classe moyenne, 1 pour la classe riche;
non compris les salles du caravanserai, plus les cabinets et petit» salons nécessaires, soit pour la chère de commande, soit pour les compagnies qui veulent s'isoler des tables de classe, quoiqueseTvies du même buffet.
Les appartements sont loués et avancés par la régence à chacun des sociétaires. Les lignes d'appartements doivent être distribuées en séries wgrenéts, c'est-à-dire que s'ils «ont de vingt prix différents, depuis 50, 400, 480, jusqu'à 4000; il feut éviter la progression consécutive continue , eeUe qui placerait m «antre roms tes appartements de haut prix, «t irait en déclinant jwqu'à l 'extrémité des ailes; fi fetrt an contraire engrener les séries d'appartements dans l'ordre suivant :
DfffrjHBuneN m écauxe cohwses.
Aaai 2 corps d'ailerons par 60. 100. 150. 200. 250.
Aux -2 corps d'ailes par 250. 300. 350. 400. 450. 500.
— de centre par 550. 600. 650. 700. 750. 800. 650.
Exemple : pour engrener ces doubles échelles, il faudra que .les logements dans une aile, soient échelonnés comme il suit, en «Hersât de prix :
âftft. 400. 300. 4ÔÛ. 350. 500. 400. 550. 450. 600. 500. 650.
La progression simple, constamment croissante ou décroissante, aurait des inconvénients très-graves : elle blesserait l'amour-propre, et paralyserait divers leviers d'harmonie j elle rassemblerait au oentee toute la classe riche, et aux ailerons tout le fretin ; il arriverait que les ailerons seraient déconsidérés et réputés classe inférieure. On doit distinguer les classes, mais non pas les isoler.
Au moyen de la progression engrenée , tel individu logeant dans le centre A, qui est le quartier d'apparat, peut se trouver inférieur en fortune à tel qui occupe un logement en ailes; car tes principaux appartements d'aile payés 650 , sont plus pré- -cieux que les derniers de centre payés 550. On manquerait un accord de la plus haute importance, la fusion des trois cla&es, xiche 9 moyenne et pauvre , s'il existait dans le phalanstère un quartier de petites gens, un local en butte aux railleries,, comme JE en est dans chaque ville. On évitera cet écueil par la progression engrenée.
Une phalange régulière , telles qu'elles seront an Jxtat de 40 ans., aura 3 ou 4 châteaux placés sur les points irâquenlés de son territoire; on y portera le déjeuné nu le goûté,,
dans le cas où des cohortes du voisinage se seront réunies sur ce point pour quelque travail : elles perdraient du temps en revenant prendre un repas au phalanstère,' qui ne peut pas se trouver dans ia direction de leur chemin de retour.
Chaque série aura aussi son castel sur un point situé à portée de ses cultures ; chaque groupe aura son belvédère ou petit pavillon d'entrepôt; mais on n'aura pas tout ce luxe dans la phalange d'essai, quelques hangars et abris modestes suffiront. Il faudra seulement s'attacher à bien disposer le phalanstère et les moyens de séduction comme les communications abritées.
Elles seront une amorce très-puissante sur les gens riches qui , dès la première journée, prendront en aversion les maisons, palais et villes civilisées , les rues Iwueuses et les équipages , où il est ennuyeux de monter et descendre vingt fois dans une matinée. On trouvera bien plus agréable, en temps pluvieux ou froid, d'aller sur parquet ou carreaux, à toutes les réunions intérieures, cheminer en couloirs chauffés ou rafraîchis selon le temps; ce sera pour les curieux payants une première séduction qui les excitera à parcourir tous les ateliers, les étables, y admirer la dextérité des groupes, leur bonne tenue, la distribution parcellaire et graduée ; au bout de 3 à 4 jours, ils auront pris parti à plusieurs de ces détails parcellaires; et on aura même dans une phalange d'échelle réduite , des postulants de classe riche , plus qu'on n'en voudra.
Il reste à parler du matériel des constructions : il faudra sur ce point aller à l'économie, bâtir en brique et moellon, car lors même qu'on fonderait en pleine échelle, il serait impossible dans cette première épreuve, de déterminer exactement les dimensions convenables à chaque séristère et chaque étable. On ne pourra estimer au juste cette proportion que lorsqu'on saura à quelles espèces de travaux chaque phalange devra s'adonner de préférence, quand les rivalités et convenances de chaque pays auront été fixées par une expérience de quelques années.
Chaque phalange, au bout de 3 à 4 ans , aura beaucoup de nouvelles relations et nouvelles Séries passionnées qu'elle ne pourrait pas organiser dans le début; en conséquence, les édifices d'origine seront déjà fort inconvenants au bout de 40 ans, et plus encore au bout de 20 et 30 ans; alors on reconstruira tous les phalanstères du globe très-somptueusement, parce qu'on saura par expérience que dans l'état sociétaire le luxe , en architecture
comme en tout, est semaille d'attraction et par suite voie d'enrichissement.
Je supprime de ce plan beaucoup de détails; j'en ai donné suffisamment pour guider dans une fondation en échelle réduite, dont les actionnaires, tout en rétrécissant le plan donné, devront s'en rapprocher autant que possible dans les distributions.