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CHAPITRE XIII

Bxamen des séries à préférer en règne animal.

ta phalange d'essai agirait maladroitement, si elle tentait la formation de séries dans toutes les fonctions qui en paraîtront susceptibles. Il est un choix à faire sur les fonctions : je vais indiquer les règles de ce choix.

On manquera au début d'un grand nombre de moyens industriels comme vergers et forêts en culture méthodique, animaux harmonisés par éducation combinée, rigoles d'irrigation, etc. Cependant il faudra parvenir à former un grand nombre de séries , car la théorie indique :

Pour une phalange de pleine harmonie et d'accords transcendants, séries 405 — 9/9

Pour une harmonie ébauchée, selon les faibles moyens des années de débuts 135 — 8/9

Pour un minimum d'essai sur la plus basse échelle d'approximation 45—1/9

Spéculons donc sur rassortiment de séries dont on pourra faire choix pour élever la phalange d'essai au maximum d'harmonie ébauchée, y organiser au moins \ 35 séries de bon mécanisme, et même 4 50 à 200. Le choix devra porter :

NOTICE IV. — CHAPITRE TUII. f <H

f" "Sur le règne animal de préférence au -végétal, parce que 9e règne animal entretient les séries en exercice permanent pendant le chômage d'hiver;

î° Sur le règne végétal préférablement aux manufactures, parce -€pftl est plus attrayant, et alimente les accords directement, cAmp. ^n;

V *Sur les cuisines, -parce qu'eïïes sont -un travwîl permanent, sans chômage, travail d'initiative en attraction industrielle (Fuyez 參 section) , travail lié à la production et à la consommation , travail le plus npte à entretenir l'esprit cabalistique;

4° Enfin, sur les fabriques attrayantes plutôt que sur les lucratives, la politique des fondateurs devant être de créer un bel équilibre de passions, et non de spéculer sur des bénéfices mal liés au système sociétaire. Ces profits deviendraient duperie, s'ils ne conduisaient pas au but, qui est de déployer promptement le mécanisme d'attraction industrielle, confondre la civilisation dès la •première campagne, dès le deuxième mois de plein exercice, et obtenir, par un éclatant succès, la récompense et les bénéfices de fondation, le tribut des curieux, etc.

Ces principes établis, je passe à un aperçu des fonctions les plus convenables à une phalange d'essai, entravée par de nombreuses lacunes d'attraction, et par sa solitude ou solité.

Commençons par le règne animal hors des eaux, en espèces domestiques et productives.

Ce règne est des plus pauvres en espèces utiles ; les deux créations malfaisantes dont notre globe est meublé, nous ont donné si peu de serviteurs précieux en oiseaux et quadrupèdes, que la France en contient à peine seize espèces , 'dont quelques unes sont trop peu subdivisées en variétés pour oeouperuue série de groupes ; ce sont :

Chien, Mouton», Poulet, Canard,

Cheval, Chèvre* Faisan,, Oie,

Âne, Cochon, Pigeon, Dinde,

Bœuf, Lapin, î>aon,, Pintade.

'Ge&'espèces, dont je distrais le poulet, Découperaient pas-quitte Séries industrielles de trois, quatre, cinq groupée, soignant autant de variétés; l'âne, la dhèvre, le lapin, le paon, la pintadt, occuperont à peine un ou deux groupes sur chaque espèce, à

sur les variétés de nourriture et de tenue, et luttant sur l'excellence de divers régîmes appliqués à une seule espèce d'animaux. C'est la marche qu'on suivra.

Ces séries de régime sont artificielles, car elles ne s'établissent pas sur des diversités naturelles d'espèce, mais sur les diversités d'éducation et d'engrais; ce sont des séries Greffées, qui introduisent artificiellement l'ordre sériaire sur les points où la nature n'a pas fourni les moyens de l'établir.

(Nota.) Je range le paon parmi les oiseaux productifs de bassecour ; les gastronomes romains en faisaient grand cas : c'est bizarrerie à nous de le mépriser, comme aux Bohémiens de mépriser les écrevisses qu'ils ne daignent pas manger, quoique leurs rivières en soient remplies. L'écrevisse est pourtant le régal des Parisiens, très-supérieurs aux Bohémiens en gastronomie.

Le cygne et le chat ne sont pas réputés productifs, quoiqu'on fasse bon usage du duvet de cygne, et qu'on mange fort bien le chat, même sans famine. Il vaut le lapin : on le recherche dans les villes assiégées.

Le chameau, le buffle et le bison ne sont pas indigènes de France ni d'Angleterre; daliïwirs ies deux premiers étant fort peu attrayants, ne seraient pas objet de spéculation pour la phalange d'essai : elle ne doit pas s'encombrer de gros animaux ; leur soin emploie trop de bras et de temps, et ce serait un obstacle à la formation de nombreuses séries.

D'autres espèces comme la perdrix, plus facile à priver que les poulets, et se laissant conduire en troupeau par des chiens, sont tout-à-fait négligées. Il est probable que la caille s'apprivoiserait de même, en deuxième ou troisième génération, comme le halbran, qui ne se prive pas en première. Le soin des perdrix et cailles entretiendra des séries fortes d'attraction et trèsr- «tiles.

Les deux créations dont notre globe est meublé, sont d'une pauvreté révoltante en insectes productifs ; l'abeille seule pourra occuper une sérieàrégimes diversifiés, ou série grejfée, artificiellement créée [Voyez plus haut). Je ne compte pas la cochenille, insecte de climat chaud. J'ignore si cet insecte et le kermès qui le remplace durent assez long-temps pour entretenir une Série passionnée ou seulement un groupe temporaire.

Le ver à soie est un travail qui ne conviendra en aucun sens à L la phalang* d'essai ; il est répugnant et il aurait l'inconvénient de *

distraire toute la jeunesse à l'époque où les jardins, étables et colombiers l'attireront très-fortement, et où les intrigues de fusion des trois classes de fortune commenceront à se nouer : il faudra ] se garder de tout ce qui pourrait les ralentir. D'ailleurs, ce travail distrairait encore de celui des fours à éclosion, qui tombe à la même époque, travail qui se lie très-bien à tout le système agricole, et qui présentera l'avantage d'entretenir une série infinitésimale. Voyez-en la définition, chap. xiv.

L'éducation des grands quadrupèdes, chevaux et bœufs, conviendra peu aux intrigues de la phalange d'essai ; elle y perdrait trop de temps, n'ayant pas la dextérité ni les connaissances qu'auront les générations élevées en harmonie ; en outre elle n'aurait pas de chevaux et bœufs raffinés par l'éducation harmonienne, et dont un millier sera plus facile à diriger qu'une douzaine des nôtres. On laissera donc en grande partie ce soin à la cohorte de cent salariés adjoints : ils seront très-nécessaires dans cette industrie, car la phalange aura plus de bœufs et beaucoup plus de chevaux que nos villageois, notamment des chevaux nains pour monter la cavalerie enfantine, {Voyez IIIe section.)

Au résumé, les oiseaux et quadrupèdes en domesticité n'entretiendront que peu de séries; pour en grossir le nombre, H faudra recourir au mode que j'ai nommé série de régime, ou série grejjée, mode qui, par la différence des méthodes en nutrition et tenue, fera naître sur le soin d'un même animal, des esprits de parti, des discords et rivalités entre divers groupes. Ce sera allier une sene de métnodes à un travail qui, par lui-même, ne prêterait pas aux rivalités de série.

Malgré ces ressources, pour augmenter, en règne animal, le nombre des Séries industrielles, je ne présume pas qu'on puisse les élever au-delà de vingt, car il faut distraire celle des poulets, oiseaux qui, prêtant plus que tous autres aux sous-divisions, seront affectés à une série d'un ordre supérieur, l'ordre infinitésimal.

Je compte pour emploi d'une série animale, le soin des chiens; leur éducation entretiendra divers groupes et partis, car on leur confiera beaucoup de fonctions qui occupent aujourd'hui des hommes et des courriers. Chaque phalange expédiera d'heure en heure à ses voisines des chiens portant au cou les dépêches peu précieuses, et en rapportant au retour. Les pigeons feront, en service lointain, mêmes fonctions que les chiens en service vicinal.

\H SECTION H. — dispositions de la phalange d'essai.

•L'état sociétaire élèvera en domesticité beaucoup dépèces reléguées dans les eaux et forêts par la brutalité des civilisés ou leurs préjugés. L'association aura des parcs de lièvres apprivoisés, comme nous en avons de lapins. On «objecte «pie cet animal est rétif , et ne veut pas se priver ; oui , en première génération , emsme le halbran; mais la deuxième s'apprivoisera par deux moyens mcoanus des civilisés , ce sont :

La dénaturation domestique en (deuxième -et troisième $ènérafîou,

les dispositions unitaires et <métàoâesiuniamiqiie&

Cest par le concours de ces moyens çue d'ussociation aura des troupeaux de divers oiseaux d'eau et »de toèt, aussi aisé»ent>q*e nous avons des troupeaux d'oies, bien que i'uie sauvage «ettie plus défiant et le plus inabordable deswaaaux, le plus idéselant pour le chasseur : c'est pourtant le mène que l'oie domestique.

En quadrupèdes, elle élèvera des troupeaux jie aèfepes, quaggas, onagres, aussi bien escadreoués que nos ckevamc? «Hé aura des troupeaux de vigognes , des parcs de castors construisant leur édifice aquatique , et peut-être aussi do triches et de daims privés.

Elle aura de même, dans des étangs et.viviers spéciaux, beaucoup de races métisses en -poissons, une vsingtaiae d'espèces en poissons de mer acclimatésjwwti&ppnés «n eau douce, des viviers de merlans, maquereaux, soles et turbots, dans des pays 'où ces poissons 11e sont pas même connus. Les différences du régime privé au régime naturel établiront dans les saveurs la même variante que du sanglier au pourceau, du canard au ha&ran.

-Quant aux moyens présents, nous ne devons compter les oiseaux (poulet déduit) et les quadrupèdes, que pour entretien d'environ -vingt séries, y compris les greffées ou artifieteues-

On peut en ajouter dix autres ; savoir :

Deux pour la chasse, deux pour la pèche, Trois pour les volières,

Trois pour les poissons à l'engrais en réservoir. Q

Total. Trente séries en industrie de règne animal. ^

Le poisson ne tardera pas ù en fournir un plus grand nombre, mais seulement lorsqu'il y aura concours des diverses régions pour celle branche d'éducation, aussi étrangère aux exploitations civilisées que 4a«ufeure des forêts. Gependantie poisson* quoique

NOTICE l\. — CHAPITRE XIV. 435

landes plus sains et des plus agréables comestibles, est le noms coûteux 6e tous, car il se nourrit, de son superflu depulhilation? Mfcsmousne savons expk>iter «i le poisson, ni te î rvk dont nos arbres ne donnent que des feuilles ou quart de récolte.

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