CHAPITRE XlV
Séries indattriellet en rèfne végétal, en manutention et direction générale.
11 serait trop long d'examiner pièce à pièce les séries convenables en végétal ; je me borne à rappeler la règle de compacité, chapitre vi, et l'instruction de négliger et mettre en éclipse tout végétal qui ne pourrait pas fournir une série compacte, bien gra : duée en nuances rapprochées.
La culture des végétaux, y compris les forêts, prairies, serres chaudes et fraîches, pourra occuper cinquante séries dans la belle saison. L'on ne connaît en civilisation que les serres chaudes. Sur ce point comme sur tant d'autres, les esprits sont tout au simplisme, ou mode simple, qui est le type du génie civilisé. Les serres composées ou* chaudes et fraîches, combinément exploitées, seront, comme les volières, une branche d'attraction trèspuissante sur les trois sexes et principalement sur la classe riche. On devra donc donner beaucoup de soins à l'organisation de cette sorte d'industrie.
La culture des forêts et prairies emplantées et mélangées méthodiquement, sera un détail immense ; chaque morceau de pré ou de bois recevra les espèces qui lui seront convenables. On formera des séries d'apparat champêtre cultivant les autels et bordures de fleurs et dVbustes, autour des pièces affectées à chaque espèce de végétaux. Ce luxe est une branche d'attraction et d*hftrigue très-précieuse.
Les manufactures attrayantes, même en supposant une fondation sur grande échelle ne fourniront pas plus de dix à douze séries. [Voy ftzle détail, chap. xv et xvi.)
Total des aperçus :
Règne animal 30 séries »
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Pour atteindre à 435, il en reste encore une quarantaine à former ; passons en revue les travaux domestiques propres à fournir ce nombre, en déduisant la cuisine, quisera l'objet d'un compte à part.
4 . 2. 3. Les greniers , en graminées, légumes, fourrages. — 4. 5. 6. La cave, la sous-cave, pour bière, cidre, vinaigre, liqueurs, etc. ; et le caveau, très-copieux pour les curieux payants. -*-7. 8. 9. Les fruitiers : on achètera énormément de fruits pour les conserver : ce soin entretiendra au moins trois séries. — 40. Le légumier, lieu de conserve en herbe ou sous terre, ou en vases, avec préparation. — 44 . V huilerie. — 42. La grèneterie générale. — 43. La laiterie, sans la fromagerie. — 44. 45. 46. Les tabulistes et carriéristes : service des tables et chambres. — 47. Les meublistes ; conserve du mobilier depuis les glaces jusqu'aux marmites. — 48. 49. V irrigation , y compris le soin des pompes et des tuyaux. — 20. Les bonnes, soignant le séristère des marmots. — 24. Les nourrices, y compris celles de supplément et rechange. — %%. Les bonnins et bonnines, opérant sur l'âge de 2 à 3 ans , pour l'éclosion des vocations industrielles. — 23. Les mentor Ins et mentor ines, opérant sur l'âge de 3 ans à 4 4/2, pour l'éclosion des caractères, l'appréciation du titre en caractère et tempérament. — 24. La médecine en toutes fonctions , jusqu'aux infirmiers. — 25. 26. L'institution , bien plus étendue que dans l'état civilisé. J'y comprends l'enseignement en agriculture et manufactures. — 27. 28. Les petites hordes et petites bandes, séries principales en éducation. ( Voyez la IIIe section.) — 29. 30. 34. L'harmonie vocale et instrumentale, la série des chants, hymnes , celle des instruments à corde , celle à vent. — 32. La comédie, fournissant une série d'espèces bien graduées. — 33. L'opéra en toutes espèces. — 34. 35. La chorégraphie et la gymnastique. — 36. La corvée périodique. — 37. 38. Enfin, deux séries d'ambigu, en industrie animale et végétale, et peutêtre quatre.
Ces 40 séries forment le complément des 4 00 précédentes , car le minimum d'une harmonie ébauchée (430) est de 435 séries. Je supprime à regret les détails annexés à chacune de ces fonctions* j'en extrais un seul fragment.
La corvée (série 40) comprend toutes les fonctions où il y a isole» ment et absence d'attraction , comme les emplois de postillon et cour*
rxi , faction à la tour d'ordre, au télégraphe, au service de salve ou brandissement de pavillon, à la sonnerie du carillon, veillée aux deux conciergeries du phalanstère et du caravanserai, éveil au phalanstère et aux étables, garde nocturne, vigie de feu et de fanal, etc., etc.
La série des corvéistes reçoit un dividende considérable, outre le tribut de dispense des riches qui se rachètent, comme chez nous, de la garde. Ce tribut est alloué à la série entière et non aux individus, car le service individuel salarié serait déshonorant en association.
En outre, on encourage les corvéistes par diverses faveurs, comme le service en chère de deuxième classe (ils sont communément de la troisième); on veut que la corvée, qui revient à peu près de quinzaine en quinzaine, soit une journée de gaité pour le peuple.
Ces précautions paraîtront bien superflues à des civilisés, tous habitués à considérer l'oppression comme sagesse morale; ils ou*» blieronC ici à chaque page qu'il s'agit de créer l'Attraction industrielle, opérer l'accord en répartition, et la fusion des trois classes; il faut donc bien se garder de ravaler aucune fonction, ni de mécontenter aucune classe ; il faut avoir des moyens sûrs de répandre la gaîté dans les travaux répugnants et dédaignés. {Voyez petites hordes, IIIe section.)
Je reproduis ici la règle donnée (4 54) sur les travaux de règne animal : peu s'adonner au soin des grandes espèces, chevaux et bœufs , et des grands végétaux, arbres forestiers, qui coûteraient trop de temps à notre génération peu exercée. On ne devra pourtant pas les négliger comme aujourd'hui ; mais le but est de former un grand nombre de séries bien intriguées. Celles des fleurettes et des petits légumes seront presque aussi utiles que celles des chênes et des sapins, dont la culture emploierait dix fois plus de temps.
Outre cette masse de séries libres que j'ai désignées, une phalange doit avoir en pivot de mécanisme au moins quatre séries mesurées, et quatre infinitésimales; ce sera une lacune pour la phalange d'essai, qui ne pourra former qu'une série mesurée, celle des âges et des trente-deux chœurs (chap. vu.) , et tout au plus deux séries infinitésimales, ou subdivisées à l'infini en échelle sous-série. Le poulailler en fournira une. Son échelle, au lieu d'atteindre au huitième degré, pourra tout au plus s'élever au cinquième, (royrz 88 et HT, 435 à 457.)
On pourra former une 'deuxième série infinitésimale sur la gaatreuonrie, plaisir qui n'est pas proscrit par nos mœars, mais seulement par la morale.
Nous n'avons jusquW«stëmé qu'aux environs de cent le nombre des séries que pourra former la phalange d'< j'ai annoncé qa'îl re&ewie forte branche à porter en compte, celle ées cuisîmes, <fui va «élever l'ensemble 4es séries àdeuxceate; q car tes cuisines poumon* en créer tme 4KjbcaDftaioet d'autant phis \ fvécmttees^Vttesser^lafiapart «serçant farte
l'année.
Il n'est guère de comstfrie, en règne animal eu végétai, qui se poisse occuper et intriguer aux cuisines une Série paesio— éo et quelquefois plusieurs; le poulet et le cocàee, lapo«m»<te terre «et le chou -en occuperont chacun plusieurs, qu'<oa fXNtrra même dualiser (1 ), en alliant les intrigues et l!écM§e 4e pneparatioa avec celle de l'-échelle de production.
Sotzebuè' dit que tes traiteurs de Pars savent «ocenonier te 4&afe& qtiaraiite*àe&x œamèpes- il n'a trouvé -q«e cela <de ranor*' Z, quable dans Paris. Les<Bufs peuvent donc entretenir aux cuisine* *> trois séries ^taahsées, dont chacune se composerait «de dôme à ô quinze coupes. '
Mais on n'atteindra à ce grand nombre de séries qu^aalant qu'on adoptera le principe opposé à celui des moralistes, l'extrême raffinement de goûts et de passions, moyen sans lequel les variétés es saveur ne seraient point appréciées, et les séries ne pourront former leur échelle ni*n produits, ni en préparations cuEnaam. Comment pourrait-on intriguer vingt -groupes cultivant vingt va* lîêtés d'une espèce, quand les consommateurs mangeraient indiï-
$) 11 aurait eonvenu de donner un chapitre sur les espèces 4e 'Béaies; j'ai indiqué ptas haut les «tarii****, on a vu, (132) , les grrôtaa, j'ai parlé des engrenées en traitant de l'échelle des logements; il est quantité d'autres séries dont la définition fournirait un ample chapitre; anfcxon n'en flnkait pas 4e détails «Jémeuiaires, si l'-on s'anàutilè toutes «es minuties didactiques.
"Par exemple , il faudra former des séries embranchées puisant dans twrtes wl»e3 «d'un même genre; s4 -«Test <en ypèiwterie, chaque série aecaeilte et erraewe ses graines; <b;ub laverie de grèaelerie géncaale puise dans tontes pour former la collection assortie et mise en ve la série embranchée est donc in tige commune de toutes celtes 1 même genre.
ftremmeM chacune des vingt, sans distinction de qualité ni d'apprêt?
La cuisine, tant méprisée par les philosophes, produit sut l'émulation agricole même effet que la greffe sur les fruits; elle en double la valeur. Les intrigues de culture, soins des bestiaux et volailles, redoublent d intensité par alliage aux intrigues de préparation culinaire. De là naissent les séries dualitées, se stimulant Tune par l'autre : ce sont de puissants ressorts en attraction industrielle.
Dans l'état actuel, l'agriculture est affectée de deux vices opposés à ces belles propriétés 4e la cuisine sociétaire ; l'un est le travail répugnant, exercé par vénalité et nécessité ; l'autre est la limitation de la bonne chère aux oisifs. Celui qui cultive n'est intrigué, ai par attraction spéciale pour son industrie, ni par cabale sur aa méthode, ni par débats sur la préparation du produit ; car il n'en goûte pas ou n'en mange que les rebuts, et les mange très-mal apprêtés. La phalange au contraire devra cultiver en chaque produit animal ou végétal, une quantité telle que les tables de troisième degré puissent y participer : à défaut, elles ne seraient pas intriguées sur cette industrie.
Notre mécanisme agricole est donc faussé en tous sens par absence d'intrigues et cabales appliquées au produit, et par absence du raffinement sensuel limité aux oisifs, chez qui il est tout-à-fait inutile ; car il ne sert qu'à leur inspirer du mépris pour la triste candi tien <du peuple qui travaille à servir leurs fantaisies.
Ce vice radical du mécanisme civilisé deviendra plus sensible quand on aura lu en entier la théorie sociétaire. Par acheminement, il -est bon de faire remarquer que les méthodes employées par la morale sont toujours à contre-sens des vues de la nature. C'est la principale thèse à démontrer dans un traité de l'Attraction passionnée, car la morale et l'attraction sont les deux antipathiques, l'une voulant conduire aux accords sociaux par l'engorgement des passions, l'autre y conduisant par le plein développement des passions.