‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 51 sur 124 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

\ De l'enseignement harmonie».

Jusqu'ici je n'ai envisagé l'éducation sociétaire qu'en détail, chœur par chœur, fonction par fonction : il faut maintenant envisager l'ensemble des tribus au-dessous de !a puberté, lesTeasorte de leur émulation ; en faire un parallèle arec l'éducation civilisée oè nous remarquons cinq désordres :

1. Contresens démarche. — 3. Vice de fond. %, Simplisme d'action. — 4. Vice déforme. 5. Absence d'attraction matérielle.

4*£ea*re-*»# de marche : elle place, la théorie Ami la

pratique; tous les systèmes civilisés tombent dans cette erreur : ne sachant pas amorcer l 'entant au travail , ils sont obligés de le laisser en vacance jusqu'à 6 ou 7 ans , âge qu'il aurait dû employer à devenir un habile praticien ; puis à 7 ans, ils veulent l'initier a la théorie, aux études, à des connaissances dont rien n'a éveillé en lui le désir. Ce désir ne peut manquer de nai- Ue chez l'enfant haraianien qui, à 7 ans, pratique déjà une trentaine de métiers différents, et éprouve le besoin de s'étayer de l'étude des sciences exactes» Voilà l'éducation civilisée en contre-sens de marche, plaçant la théorie avant la pratique , vrai monde à reùaurt comme tout le système dont elle fait partie.

2° Simplisme (faction. L'enfant est limité à un seul travail qui est d'étudier, pâlir sur le rudement et la grammaire, matin et soir, pendant 40 à H mois de l'année, peut-il manquer de prendre les études en avemion ? c'est de quoi rebuter ceux même» qui ont l'inclination studieuse. L'enfant a besoin d aller dans la belle saison travailler aux jardins, aux bois, aux prairies; il ne doit étudier qu'aux jours «e pkie et de morte-saison , encore doit-il varier ses étuées. U n'y a point d'unité d'action là où il y a simplicité de fonction.

Une société qui «aumet «a faute d'emprisonner tes pères daus des bureaux, peut bien y ajouter la sottise de renfermer l'enfant toute l'année dans, «u .pensionnat où il est aussi ennuyé de Té»» fade que de» materas. Si nos faiseurs de systèmes connaissaient les passions, je tour demanderai* comment cet assujétisssment de» enfants à la réclusion r àtatttaltte d'empk», peut s'accorder arec les deux passions dite» Vapiltanao et Composite (chap. Y)î Nos auteur» poJtâujuestet moraux partant sans cesse de la nature et ne veulent pas laconsuher un instant : qu'ils observent les- en»» fantsamanés^en vacances, lorsqu'au numéro d'une demwJoozaiae, eUBtfêftu» d^hlousea, ils vaut se renier sur le fou», s'entremettre joyeusement aux vendanges,- aux endette* de noix, de fruits, aux-cmasse» d'oiseaux, etc.; csi'on essaie en pareil mianatttid'et* frir à ces enfants d'étudier le rudiment, et on pour» juger « la natare-de l'enfant est d'être- enfermé leoUe jour pendant Ja belle saison, avec un entourage de fanas et «la pédante;

Onnépttque: a» faut*** pas. qu'ils étudient dans, te jenaeiage, peur sa rauaM>'4iene» d» beau nom d'homme» lmiua,.a%Hndnx co«n»e*«eetefe.lacharte?Eh.! quand il» étaiâwiûjiépar astracn

tion et rivalités cabalistiques, ils en apprendront plus en cent leçons d'hiver, bornées à deux heures de séance, qu'en trois cent trente journées qu'on leur fait passer dans la réclusion nommée pensionnat.

3° Vice de fond dans l'emploi de la contrainte. L'enfant civilisé ne peut être façonné à l'étude qu'à l'aide des privations, des pensums, des fouets, des palettes de cuir. Depuis un demi-siècle seulement, la science, confuse de cet odieux système, a cherché à le farder par des procédés moins acerbes; elle s'étudie à masquer l'ennui des enfants aux écoles, à créer un simulacre d'émulation chez les élèves, et d'affection pour les maîtres ; c'est-à-dire qu'elle a entrevu ce qui devrait être , mais elle n'a trouvé aucun moyen de l'établir.

L'accord affectueux des maîtres et élèves ne peut naître que dans le cas d'instruction sollicitée comme faveur : c'est ce qui n'aura jamais lieu en civilisation où tout l'enseignement est faussé par le contre-sens de placer la théorie avant la pratique, et par l'action simple ou perpétuité d'étude.

On trouve quelques enfants, tout au plus un huitième, qui acceptent V instruction avec docilité, mais qui ne l'ont pas sollicitée. Les professeurs concluent de là que les sept huitièmes sont vicieux : c'est argumenter sur des exceptions prises pour règle ; illusion habituelle chez tous les chantres de perfectibilité. Il est dans toutes les classes un huitième d'exception qui déroge aux habitudes générales, et qu'on peut aisément ployer à de nouvelles mœurs; mais le changement n'est réel qu'autant qu'il s'applique à la grande majorité, aux sept huitièmes, et c'est ce que ne font pas nos systèmes; j'ai observé qu'ils n'amènent l'élève qu'à accepter et non pas solliciter l'enseignement. Quant aux sept huitièmes d'enfants formant la majorité, ils sont ce qu'ils ont été de tout temps, fort ennuyés de l'école et n'aspirant qu'à en être délivrés. J'ai vu et questionné des enfants sortant des écoles célèbres, comme celle de Pestalozzi et autres, je n'ai trouvé en eux qu'une médiocre dose d'instruction, une grande insouciance pour l'étude et les maîtres.

4° Vice de forme , méthode exclusive, opérant sur les élèves1 comme si leurs caractères étaient tous uniformes»

J'ai décrit (IV, 279) , une série de neuf méthodes auxquelles on pourrait en ajouter bien d'autres. Toutes sont bonnes, pourvu qu'elles sympathisent avec le caractère de l'élève , et ce ne serait

pas trop d'une série de neuf ou douze méthodes sur lesquelles un enfant aurait l'option.

J'ai fait observer (tora. IV, 284) que d'Alembert fut raillé lorsqu'il osa proposer, en étude de l'histoire, la synthèse inverse qui procède à contre-sens de l'échelle chronologique ; elle remonte du présent au passé, par opposition à la synthèse directe qui va du passé au présent. On reprocha à d'Alembert de vouloir détruire le charme de ï histoire et porter la sécheresse mathématique dans les méthodes d'enseignement : étrange sophisme ! Aucune des méthodes ne porte la sécheresse ; elles sont toutes fécondes, sauf application aux caractères faits pour les goûter. Si on ne présente pas aux enfants une série de méthodes à choix, beaucoup de caractères ne pourront pas prendre goût à l'étude. Les contrastes seraient fort goûtés : au livre adulateur' intitulé Beautés de l histoire de France, qu'on oppose en parallèle un écrit sincère sur les duperies de la politique française, môme sous Louis XIV et Bonaparte, deux règnes ai homogènes; on verra l'étude des duperies séduire dix fois plus que celles des prétendues beautés.

J'ai donné sur l'enseignement harmonien, trois chapitres (tome II, 272 à 302) ; on peut les consulter pour la marche à suivre dans la phalange d'essai, où il faudra tenter l'approximation des méthodes concurrentes, malgré l'impossibilité de les employer pleinement au début.

5° absence de ressorts en attraction matérielle. On a vu plus haut que nos méthodes manquent du ressort affectueux ou spirituel; elles manquent de même des ressorts d'attrait matériel, l'opéra et la gourmandise appliquée.

L'opéra forme l'enfanta l'unité mesurée qui devient pour lui source de bénéfice et gage de santé ; il est donc la voie des deux luxes interne et externe, qui sont premier but en attraction ; il entraîne les enfants, dès le plus bas âge, à tous les exercices gymnastiques et chorégraphiques. L'attraction les y pousse fortement, c'est là qu'ils acquièrent la dextérité nécessaire dans les travaux des Séries passionnées, où tout doit s'exécuter avec l'aplomb, la mesure et l'unité qu'on voit régner à l'opéra ; il tient donc le premier rang parmi les ressorts d'éducation pratique du bas âge.

Sous le nom d'opéra je comprends tous les exercices chorégraphiques, même ceux du fusil et de l'encensoir. Les enfants sociétaires enchériront beaucoup sur nos manœuvres en ce genre;

£22 section m. — énwjrno* HAanfomKNNE.

irons îgnmtms souvent les plus élémentaires, teHe<jue la série de pas combinés ; par exemple, chaque phalange forme ponr le sw- \ice divin, un corps de 4 44 figurants à pas gradués, \

TIFURIFÉRAI

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