C. Exercice parcellaire, ) (Chap. vi
Atteindre à l'Unité d'action.
Cette unité n'existe qu'autant qu'une disposition satisfait en plein les personnages de tout sexe et de tout âge qu'elle entremet, qu'elle touche directement ou indirectement. Ladite condition est violée dans toutes les libertés civilisées, notamment dans le système électoral qui exclut du poste représentatif les 99(100 de la
Il suit de là que les civilisés n'ont aucune connaissance exacte sur les libertés d'ambition ; comment en auraient-ils sur les libertés d'amour, de famille et autres passions, dont ils n'ont jamais fait aucune étude ? Les deux philosophes Owen et Pestalozzi qui font des essais de liberté amoureuse, ignorent qu'avant de pouvoir remplir seulement la première des neuf conditions, former des séries d'amour, il faut au moins 50 à 60 ans d'harmonie, il faut une belle vieillesse, des femmes très-robustes, et autres élément» qui n'existent chez nous qu'en exception.
Quant aux séries de famille, il faudra de 400 à 420 ans avant de pouvoir les former en plein; on n'y parviendra que lors-
Traité que Je cite parfois. Je voyais alors les esprits engoués de la méthode intuitive de Pestalozzi qu'on prônait dans les journaux ; et je crus servir les lecteurs à leur goût, en disposant mes deux premiers volumes selon la méthode intuitive. U s'agissait d'enseigner la distribution des Séries contrastées; je disposai le 1er tome en Série composée ou mesurée, et le 2« en Série simple. Les lecteurs ont été effarouchés de cette innovation intuitive que je ne voulais pas continuer dans les volumes suivants, et que j'essayais croyant satisfaire leur prédilection pour la méthode intuitive.
ft% SECTION If!. — BDUCAT10N HARMONIBNNE.
que l'espèce humaine , régénérée par degrés, aura repris sa vigueur, sa longévité primitive, et qu'elle verra communément sa cinquième génération.
Je dois ces détails pour démenti aux détracteurs qui prétendent que je propose d'établir des libertés en amour dès le début de l'harmonie, quand le contraire est exprimé en: toutes lettres dans vingt passages de mon Traité de \ 822. Loin d'opiner ainsi, je sois le seul homme qui puisse expliquer pourquoices libertés seront inadmissibles au début de l'harmonie, comme en civilisation. Il existe d'abord un obstacle matériel, la syphilis qu'iïfaudra extirper radicalement du globe entier ; puis l'obstacle politique des habitudes; mais un empêchement plus fort est celui de l'orgie secrète et corporative qui naît à l'instant, partout où on laisse à l'amour quelque liberté. L'orgie amoureuse est à la Série amoureuse ce qu'est la chenille au papillon; c'est la subversion de fouies les propriétés industrielles et de tous les caractères honorables d'une Série passionnée ; et pourtant la secte Owen hasarde de s'engager dans ce cloaque de vices, par se6 tentatives de liberté coiifuse, sans connaissance des contre-poids naturels; elle n'arriverait qu'à l'orgie corporative, résultat inévitable, tant qu'on ne pourra pa&fbrmr la série des âges et fonctions en amour. . On a vu,, par l'aperçu âesammi&s du premier âge d'harmonie, que l'orgie corporative en est exclue non par voie répreaww, mais par prédominance de vertu et d'honneur ; il en sera de même de toutes les corporations amoureuses de l'harmonie. Une scieaoe inconnue, l'algèbre des sympathies essentielles et occaswnnellêG, transformera en anges de vertu ces corporations qui, sous le» noms profanes de Bacchantes et Baysdères, peuvent être suspectées de libertinage. Si j'emploie ces noms, c'est que jeuèrptmâiii pasteur en donner d'autres sans tomber dans la néologie, qui n'est permise en France qu'aux privilégiés du monde académique.
Quant aux vues de Dieu relativement à ces modifications futures, j'ai traité ce sujet (III, 80, 81 et 95) ; et j'y toucherai à TartidïCottfirwaèig» tirée des &S. ÉcrMn^e^.où^nATitrif^^tti sur les décrète tlivins qui pourront intervenir apr&& régénération sociétaire, je satisferai aux doutes *t objections, €nam'étay*Bt de laits notoires et d'autorités irrécusables. ,Du reste il faut se garder de finoire que Dieu aiïuÉééiaplw belle des paseéen^pour laTéprimer^comprimer, opprimer, au gré des législateurs, des moralistes et des pachas. Qu'arrive-t-il du
1HBUMÉ DB LA TBftOftlE EXPOSA. f|S
igajmo ceërcitSf des eh/tiîsés ? Que l'essor secret et'lttégai defth mour est sept fois plus étendu que l'essor légal, dont je distrais ■ les mariages spéculatifs ou forcée qui ne sont pas fiene d'amour, j Itet-ce un ordre sensé, naturel, que celui où la contravention est septuple de l'essor licite ? Et lorsque les moralistes choisissent ira tel régime pour voie de sagesse, comment osenfc*tt& se vanter <?étndier la nature, d'être amis de la nature ?
ils ont organisé L'amour de manière qu'il détourne lin travail et des études ; il n'excite la jeunesse qu'à l'indolence, à la frivolité, aux folles dépenses. Les premières amours des harmonisas redoubleront l'émulation à la culture et à l'étude. (Voye» chapitre latvin).
Quant aux harmonies de famille ainafoeliss ife veulent nous amener, sans connaître celles d'amour qui en sont inséparables, je leur répondrai dans la section des équilibres, en décrivant des séries de famihsme ou harmonie familiale (IV, 4U) , qui doit s'étendre à la domesticité (IV, 392) , l'une des sources de disgrâce dont se plaignent les familles civilisées. On peut vw aux articles 111, 60 et 96, combien ces familles sont loin da bonheur défini (IV, fô7).
J'ai rempli dans cet article une tâche importante, en rappelant an lecteur que sur tous les problèmes d'harmonie sociale, il n'est qu'un procédé à suivre, c'est la formation des séries selon les conditions exposées pins haut. S je m'écartais de cette méthode, mes dispositions tomberaient dans l'arbitraire et l'esprit de système; qu'on me prouve que je m'en écarte en quelque point, et Ftat sera fondé à critiquer et corriger ma théorie ; mais quel détracteur osera tester pareille réfutation?
On peut déjà faire le parallèle de ma méthode et des leurs : ils n6 savent et ne peuvent procéder que par la contrainte; il n'ont aucune idée de la voie naturelle ou attraction. Veulent-ils former des filles chastes, des vestales , ils emploient les duègnes, les moralistes, les verroux, les bourreaux dans l'antiquité, les brasiers d enfer dans l'âge moderne. Quels moyens ai-je employés? La liberté, l'honneur, le charme, l'appât de la gloire et des grandeurs, les distractions d'une vie active et intriguée.
11 en sera de même sur toutes les phases de la vie; ma théorie n'emploiera que des ressorts nobles pour conduire à la vertu et à la vérité. Les philosophes civilisés ne veulent et ne peuvent employer que la contrainte et la fourberie mercantile. Ils parlent
sans cesse de liberté, de libéralisme, et ne peuvent en faire aucun, usage, par exemple :
En relations cTamour, la moindre liberté accordée aux jeunes femmes civilisées conduit à l'orgie secrète, qui est la source de vous les vices.
En affaires d'ambition, la liberté engendre les fureurs des partis, les fourberies commerciales; elle ne trouve de remède à ses excès, que dans des oppressions scandaleuses, comme cette loi du cens électoral, admettant à la représentation un intrigant qui a pillé 300 mille francs, puis excluant un homme d'honneur qui n'a que 4 50 mille francs.
En affaires de famille, on verrait chez les neuf dixièmes des ménages, autant de scandales que dans la famille des Atrides, si les lois coèrcitives ne réduisaient les discordes à éclater en procès, en débats litigieux toujours favorables au plus fourbe.
En relations d'amitié, on ne voit que le jeu des dupes et des fripons, tant de faux amis, tant de pièges, que les pères interdisent aux enfants les sociétés amicales; et leur prêchent lëgoïsme dont ils ont appris la nécessité.
Voilà le fruit des théories philosophiques , des perfectibilités civilisées ; c'est un ordre qui ne peut reposer que sur la contrainte et la défiance, et qui engendre tous les vices dès qu'il s'écarte de la contrainte. Qu'on prononce après cela entre la théorie sociétaire et les sciences morales qui la diffament, parce qu'elle opère par Attraction et n'emploie d'autres ressorts que la liberté et la vérité, dont l'emploi conduit tout civilisé à une perte inévitable, à moins qu'il ne soit un homme puissant et opulent ; c'est le seul cas où il soit possible à un civilisé de pratiquer parfois la justice et la vérité.
xoncs VII. — CHAPITRE xxv. 245